L’Arabie saoudite n’est pas bien sur pas en faillite.
Elle subit toutefois le test le plus dur depuis des décennies.
Un enchaînement négatif est plausible : Ormuz bloqué, Houthis sur le Bab el-Mandeb, pipeline Est-Ouest touché, pétrole difficilement monétisable, pression sur Aramco, le budget, le PIF et les banques.
Tout s’enchaine.
Une partie est vraie. L’idée d’un État au bord du défaut l’est beaucoup moins.Les faits, pas le scénario extrême
Depuis février 2026, la guerre États-Unis/Israël–Iran a réduit le trafic commercial d’Ormuz à une fraction de la normale. Riyad a basculé vers le pipeline Est-Ouest (Abqaiq–Yanbu), conçu pour contourner le Golfe. Yanbu est devenu le principal débouché.
Ce plan B est désormais sous pression.
Les Houthis ont pris Mocha, avancé sur la côte et atteint l’île de Périm, au cœur du Bab el-Mandeb. Ils ne ferment pas le détroit comme une vanne, mais ils peuvent menacer ou interdire bien plus efficacement le trafic saoudien.
Les 10-11 septembre, satellites et données thermiques ont montré fumée et chaleur le long du corridor du pipeline. Des stations de pompage ont pu être visées. Rien n’établit officiellement une destruction « complète » ni une ligne hors service. Le pipeline avait déjà été attaqué plus tôt dans l’année et remis en route.
Une voie nord (SUMED + Suez) reste possible, plus lente et plus chère vers l’Asie.
L’offre saoudienne d’août est tombée autour de 6 millions de barils/jour, c’est un plus bas depuis plus de trente ans. C’est un choc réel.
Le pétrole pèse encore environ 54-55 % des recettes budgétaires. C’est le talon d’Achille du Royaume . Mais les marges de manoeuvre sont colossales:
-réserves de change autour de 460-490 milliards de dollars,
-PIF de plus de 1 200 milliards de dollars d’actifs,
-dette publique brute faible d’environ 32-35 % du PIB.
Le FMI a encore souligné ces « buffers » en juillet.
La Saudi Awwal Bank a, comme le secteur, une forte exposition à l’État ; son CET1 reste autour de 14,6 % et sa note repose sur le soutien public. Si l’État tient, les banques tiennent.
Le fond Vision 2030 a livré des gains réels (emploi, femmes au travail, part du non-pétrole vers 56 %) et a déjà dû être recadrée : moins de giga-projets, plus de discipline.