La demande étrangère nette pour les Treasuries s’est fortement contractée depuis le début du second mandat de Donald Trump.
Les données TIC (Treasury International Capital) du Trésor américain, publiées le 16 septembre 2026 pour le mois de juillet, montrent un recul brutal des achats nets sur 12 mois.
Les achats nets de bons du Trésor (T-bills, court terme) sont passés de 250,5 milliards de dollars sur les 12 mois clos en juillet 2025 à seulement 49,4 milliards sur les 12 mois clos en juillet 2026, soit une chute d’environ 80 %.
Les achats nets de titres à long terme (notes et bonds) ont reculé de 46 %, de 456 milliards à 246,6 milliards.
Au total, cela représente un renversement d’environ 410 milliards de dollars de demande étrangère nette en un an.
Ces flux interviennent alors que les États-Unis doivent refinancer et émettre des volumes records de dette.
La dette publique totale dépasse 40 000 milliards de dollars.
Les avoirs étrangers restent élevés mais reculent .
Les TIC distinguent les flux (achats/ventes nets) des stocks (avoirs détenus). Fin juillet 2026, les non-résidents détenaient 9 248 milliards de dollars de Treasuries, contre 9 109,5 milliards un an plus tôt. Le pic récent a été atteint en février 2026 à 9 487 milliards, suivi d’un repli.
Les institutions officielles (banques centrales et fonds souverains) détenaient 3 773 milliards fin juillet 2026, contre 3 886,5 milliards en juillet 2025. Leur part dans le stock total étranger reste autour de 40 %, mais elles n’absorbent plus la croissance de l’encours comme auparavant.
Les investisseurs privés étrangers ont pris le relais sur le long terme, même si leurs achats nets ont eux aussi ralenti récemment.
Les principaux détenteurs : divergence nette
- Japon : premier détenteur, à 1 104 milliards en juillet 2026 contre 1 155 milliards un an plus tôt. Les avoirs ont reculé depuis le début 2026.
- Royaume-Uni : forte hausse, à 998 milliards contre 896 milliards. Les flux privés (hedge funds et gestionnaires via Londres et les îles Caïmans) expliquent une grande partie de cette progression.
- Chine continentale : 618 milliards, plus bas niveau depuis 2008, contre 696 milliards en juillet 2025. Le recul s’inscrit dans une tendance de long terme de diversification des réserves. ft.com
D’autres pays comme la Belgique, le Luxembourg ou le Canada montrent des variations liées aux flux de leurs fonction de conservation.
Le second mandat de Trump a commencé le 20 janvier 2025. Les premiers mois de 2025 ont encore vu des flux relativement solides, notamment privés.
À partir du printemps 2025, les tensions commerciales (tarifs), les préoccupations fiscales américaines et les rendements plus élevés ont pesé. Les institutions officielles ont été plus souvent vendeuses nettes de titres longs, tandis que les privés restaient acheteurs mais de façon moins soutenue.
Les rendements à 10 ans ont approché ou dépassé 5 % à plusieurs reprises en 2026.
Les banques centrales étrangères ont aussi augmenté leurs achats d’or, réduisant la part relative du dollar dans les réserves.
Les États-Unis doivent continuer à placer des volumes importants de nouvelle dette mais une demande étrangère plus faible que les investisseurs domestiques (banques, fonds de pension, ménages) et la Fed doivent absorber une part plus grande.