L’intervention de Macron jeudi 24 septembre 2026
Ce n’était pas une allocution solennelle, mais une interview d’une quarantaine de minutes au journal de 20 heures, simultanément sur TF1 et France 2, avec Gilles Bouleau et Caroline Roux, depuis l’Élysée.
De retour de New York et après son dernier discours à l’ONU, Macron a voulu parler directement aux Français à sept mois de la fin de son mandat. Il l’a fait par une interview d’une quarantaine de minutes au journal de 20 heures, simultanément sur TF1 et France 2, avec Gilles Bouleau et Caroline Roux, depuis l’Élysée.
Les thèmes dominants :
La menace russe. Macron a répondu « oui » à la question d’une possible attaque sur le sol français. La Russie multiplie les actes hostiles en Europe (drone explosif manqué à Leipzig, cyberattaques, etc.) sans se rendre compte à quel pointce qu’il énonce est derisoire pour justifier non seuelment des dizaines de miliards de depesnes militaires mais surtout des millions de morts et des risques d’escalade nucléaire. Nos deux simplets n’ont pas pensé à demander pourquoi la Russie ferait elle donc la guerre en Europe alors qu’elle a tout ce dont l’Europe manque!
Moscou considère l’Europe comme « la profondeur stratégique de l’Ukraine ». « La situation est grave. Il y a la guerre en Europe et la menace s’accroît sur notre pays. »
Il a démenti une rumeur d’alerte CIA sur une attaque de drones visant le sud de la France.
Les carburants et l’énergie.
Priorité : faire baisser les prix plutôt que les taxes. Baisser les taxes de 20 centimes pendant un mois coûterait un milliard d’euros (État, collectivités, Sécu). « Notre intérêt, c’est de baisser les prix avant les taxes, sinon on ferait payer au contribuable les conséquences » de la géopolitique.
Il n’écarte toutefois pas une baisse des taxes si les prix s’envolent.
La France « fait tout » pour éviter les pénuries. Il a jugé « mauvaise » une éventuelle interdiction américaine d’exporter du diesel.Yanbu.
Annonce principale : envoi de « moyens militaires » (soldats, radars, systèmes de défense) pour protéger le terminal pétrolier saoudien de Yanbu, sur la mer Rouge, maillon qui permet de contourner le détroit d’Ormuz.
Objectif affiché : contribuer à détendre les cours.
Des Rafale ne sont pas exclus selon l’évolution.Politique intérieure. Il ne regrette pas le « quoi qu’il en coûte » du Covid, mais regrette de n’avoir pas convaincu pour les réformes.
La première dissolution a été « décidée en conscience » : « J’ai remis le pouvoir aux Français. Il faut arrêter de les culpabiliser. » Il écarte une nouvelle dissolution. Il reconnaît qu’« il est normal qu’il y ait de la colère » sur la situation économique. «Nous ne sommes pas dans la dernière ligne droite. »Florilège des commentaires
À gauche, le ton est accusateur . Jean-Luc Mélenchon : « Des troupes en Arabie saoudite, c’est s’installer sur un théâtre de guerre. Si la base est frappée, que ferons-nous ? Pas question de devenir belligérant. » Il réclame un vote de l’Assemblée (article 35).
Manuel Bompard parle de « mensonges » et affirme que bloquer les marges des raffineurs (multipliées par 7,5) ramènerait le litre autour de 1,70 €.
Manon Aubry : « Macron VRP des intérêts des entreprises pétrolières. »
Fabien Roussel : aucune perspective d’espoir, ni sur la paix ni sur le pouvoir d’achat ; « Total encaisse des milliards et spécule sur la guerre ».
À l’extrême droite et à droite.
Sébastien Chenu (RN) : Macron « déconnecté », « laisse les Français en panne devant leur pompe ».
Philippe Balard : « séquence d’autosatisfaction ».
Thomas Ménagé : entretien « lunaire », le « Mozart de la finance » se lamente sur son propre bilan après 1 200 milliards de dette.
François-Xavier Bellamy (LR) : on ne peut pas dire aux Français qu’ils sont condamnés à être spectateurs sans moyen d’agir.
Côté macroniste, Gabriel Attal défend le soutien à l’Ukraine comme « investissement pour notre sécurité » et accuse Marine Le Pen d’agir « comme un proxy du Kremlin ».
Sur les réseaux et dans les commentaires grand public, le registre habituel : éloquence reconnue par certains, fourberie et besoin de « confession » pour d’autres, impression d’un président de plus en plus narcissique qui « se fait mousser » tout en avouant n’avoir pas convaincu.
On a assisté, une fois de plus, à l’exercice parfait de l’inversion.
Le réel, c’est un pays qui paie le litre d’essence à des niveaux inédits depuis des décennies, une dette qui s’est envolée, une perte de confiance tous azimuts, une colère que le président lui-même qualifie de « normale », des carburants dont les prix ont explosé, et une paralysie budgétaire telle qu’un geste de 20 centimes pendant un mois est présenté comme un gouffre d’un milliard.
Le signe, c’est le discours : « je m’engage », « on fait tout », « pas de tabou », « les prix baisseront vite si… ». Les mots vides se substituent à la maîtrise.
On promet de faire baisser les prix par la diplomatie et le déploiement de radars à Yanbu plutôt que d’affronter les vrais determinants des prix : rapport de force geopolitiques , système qui penalise tout le secteur energetique intérieur, fiscalité, rentes, structure des marges.
C’est la politique de Gribouille appliquée à la pompe : pour ne pas mouiller le contribuable avec une baisse de taxe, on envoie des soldats protéger un oléoduc saoudien et on appelle cela « agir géopolitiquement ».
Macron n’est pas maître de quoi que ce soit . Il est le rouage de la fatalité, du chien crevé au fil de l’eau, l’agent de transmission ! . Il endosse les nécessités du système , dette, dépendance énergétique, engrenage des coalitions et des théâtres extérieurs , tout en se donnant l’apparence tribunitienne de les conduire.
Le dégagement sur une possible attaque russe sur le sol français a quelque chose de pathétique. C’est une pitoyable diversion.
Imaginez la scène : deux journalistes, un président, quarante minutes, des Français qui regardent le prix du litre et se demandent s’ils pourront encore aller travailler. Et voilà que l’on sort le grand jeu. « Une attaque sur le sol français ? Oui. »
Prononcé avec cette gravité de fin du monde que l’on réserve d’ordinaire aux communiqués de crise et aux bandes-annonces. On frissonne. On est censé frissonner. Pendant ce temps, la pompe continue de pomper, et le contribuable d’attendre qu’on lui explique pourquoi baisser vingt centimes pendant un mois ruinerait la République alors qu’on gaspille des dizaines de milliards pour soutenir Zelensky…et l es milliards pour l’Ukraine, McKinsey et les dîners à Versailles?
« Sur un mois, baisser de 20 centimes les taxes, c’est un milliard d’euros » déclare Macron. « Baisser les taxes ne peut se faire que si vous m’expliquez comment baisser les dépenses. » Et aucun de ces soi disant journalistes intermédiaires entre le pouvoir et le peuple n’a songé à préparer la réponse a cette question; comment baisser les dépenses!
Oser dire que l’Europe constitue la « profondeur stratégique » de l’Ukraine fait sourire. Voilà que notre Macron découvre un concept tout brillant, tout neuf, et qu’il essaie, face à deux nigauds de plateau, de se mettre en valeur en l’employant. Il transforme un concept militaire opératif en métaphore de plateau
On croirait entendre un étudiant de première année qui vient de tomber sur Clausewitz dans Wikipedia et qui tient absolument à le caser avant que l’éclairage ne baisse. « Profondeur stratégique » : les mots ont un bel éclat militaire. Ils sonnent savant. Ils font croire que l’on tient enfin le secret de la carte.
En réalité, on vient surtout de déplacer le problème. Ce n’est plus le prix à la pompe, ce n’est plus la colère « normale », ce n’est plus l’impuissance fiscale. C’est l’Eurasie, mon bon monsieur. C’est la grande histoire. Vous n’allez tout de même pas parler d’essence pendant que la profondeur stratégique est en jeu.
Le procédé est classique. Quand le réel domestique devient trop ingrat, on élève le débat. On passe du ticket de caisse et de la carte de credit à la carte d’état-major. On transforme l’automobiliste en sentinelle de l’Occident. Génial : désormais, chaque plein devient un acte de résistance géopolitique. Et si les prix ne baissent pas, ce n’est pas que l’on n’a pas voulu toucher aux taxes ou aux rentes ; c’est que Moscou considère l’Europe comme son hinterland. CQFD.
La causalité est magnifique. Elle a le mérite de tout expliquer sans rien changer.
Le plus comique, c’est le timing. Le concept n’est pas neuf. Les états-majors en parlent depuis que l’on dessine des cartes. Mais il fallait évidemment qu’il apparaisse, étincelant, un jeudi soir, entre deux questions sur le gasoil et la dissolution. Comme une trouvaille. Comme une révélation. Face à Bouleau et Roux, qui n’avaient qu’à s’incliner devant tant de hauteur de vue.
Deux nigauds, en effet, ou du moins deux professionnels contraints de laisser passer la formule sans éclat de rire. Car le rire aurait tout gâché. Il aurait rappelé que l’on était encore, malgré les drones bidons de Leipzig et les radars inutiles promis à Yanbu, dans un studio, à parler à des gens qui, eux, doivent demain faire le plein.
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La diplomatie selon Macron qui prend les russes et les Français pour des cons
LA COLOMBE DE MACRON VOLE AVEC DES MISSILES SOUS LES AILES Par @BPartisans
Nous avons besoin d’une pause. Pas nécessairement pour arrêter la guerre. Surtout pour nous donner le temps de nous préparer à ce qui vient ensuite.
Bienvenue dans la diplomatie européenne moderne : une colombe dans une main, un catalogue de missiles dans l’autre, et la facture dans la poche du contribuable.
Macron a maîtrisé l’art.
Devant les caméras : cessez-le-feu, désescalade, dialogue, paix durable.
En coulisses : Aster 30, SAMP/T NG, radars, FREYJA, coopération industrielle, et défense antimissile européenne.
L’envoyé de la paix n’oublie jamais ses brochures.
Parce qu’une réduction durable des frappes donnerait à Kyiv ce qui lui manque le plus : du temps. Du temps pour réparer les centrales électriques, reconstruire les réseaux, augmenter la production de drones, renforcer les capacités d’interception, et intégrer davantage l’industrie militaire ukrainienne à celle de l’Europe.
La pause diplomatique pourrait ainsi devenir une formidable pause technique : on ouvre le capot, on remplace les pièces, on remplit le réservoir, et on explique que tout cela est, bien sûr, pour faire arrêter la voiture.
Mais il y a une figure étrangement absente de ce grand tableau stratégique : le contribuable français.
Car Aster, SAMP/T, FREYJA, nouvelles usines, stocks de missiles, budgets militaires accrus, et soutien à l’Ukraine ne seront pas financés par les discours de Macron seuls. Ils le seront par des budgets européens et nationaux déjà soumis à de fortes contraintes.
Et c’est là que la géopolitique se heurte de front au portefeuille.
Dans une France lourdement endettée, chaque nouvelle priorité militaire accentue les arbitrages entre défense et autres dépenses publiques, fiscalité, et dette.
Tandis que l’opinion publique française se voit dire qu’il faudra serrer la ceinture, travailler plus, ou accepter des services publics dégradés, les dépenses de défense, elles, sont appelées à augmenter.
Pour Moscou, le scénario proposé serait idéal : ralentir pendant que l’adversaire se répare et se renforce. Pour Washington, voir l’Europe développer Aster, SAMP/T et FREYJA signifie aussi l’émergence progressive d’alternatives européennes dans certains segments.
Et le citoyen français, lui ? Il regardera le spectacle depuis la file d’attente à la caisse. On lui expliquera que son pouvoir d’achat exige des sacrifices, que les finances publiques imposent l’austérité, et que le gouvernement ne peut pas tout financer. Puis on lui présentera le nouveau budget stratégique, en soulignant qu’il est essentiel à sa sécurité.
Voici le paradoxe : la paix devient plus chère à mesure que nous fabriquons des armes pour nous y préparer.
Macron pourra alors poursuivre sa tournée, une colombe symbolique sous le bras avec un catalogue militaire. Autrefois, une trêve permettait de reconstituer ses forces. Aujourd’hui, on appelle ça un plan de paix. Et comme toujours, le contribuable français découvre qu’il n’était pas invité aux négociations. Juste à payer l’addition.

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