Le cash n’est pas toujours un placement stupide, loin de là!

BRUNO BERTEZ

Le cash n’est pas toujours un placement stupide.

Les banques multiplient les messages qui présentent le cash comme un placement ruineux, un capital qui « fond » sous l’effet de l’inflation ou de l’inaction.

L’argument est simple, répété et commercial : mieux vaut le placer, le faire travailler, le confier.

Ce discours omet volontairement une réalité élémentaire.

Le cash n’est pas un placement comme les autres. C’est une option. Il ne promet pas un rendement spectaculaire, mais il conserve une valeur nominale et une liquidité totale.

Quand les autres actifs baissent, cette qualité change de nature.

Une chute de 20 % de la Bourse ou de 10 % des obligations n’est pas une simple variation de prix : elle augmente mécaniquement le pouvoir d’achat futur du cash.

Avec la même somme, on peut désormais acheter davantage d’actions, d’obligations ou d’actifs productifs. Le pouvoir d’achat financier s’améliore précisément parce que les autres prix ont baissé.

Les banques n’aiment pas ce raisonnement. Il justifie de garder des liquidités, de ne pas tout engager, de ne pas payer des frais de gestion ou de distribution. Elles préfèrent présenter le cash comme un coût d’opportunité permanent, comme si les marchés ne pouvaient que monter et comme si la liquidité n’avait aucune valeur. Or les marchés baissent parfois, et parfois fortement.

Dans ces moments, ceux qui ont conservé du cash ne subissent pas la baisse; ils en profitent pour se repositionner à des prix plus bas.

Ceci n’est pas un plaidoyer pour garder éternellement tout en cash. C’est le rappel souvent oublié que le cash a une utilité réelle dans un environnement de prix volatils et surtout bullaire : il préserve le capital nominal et augmente le pouvoir d’achat relatif lorsque les autres actifs se déprécient.

Présenter systématiquement cette option comme une erreur, c’est confondre conseil d’investissement et argument de marketing.

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