HOWELL on joue les prolongations

Michael Howell avec Chris J. Snook

Le post Substack (daté du 15 octobre 2026) est l’enregistrement d’une session live de The ATOMIQ LEVEL animée par Chris J. Snook, avec Michael Howell dont je vous parle régulièrement car Howell est le gourou de la liquidité mondiale.

fondateur de CrossBorder Capital / GL Indexes, auteur de Capital Wars.

Le résumé ci-dessous s’appuie donc sur le format habituel de l’émission, les positions récentes et cohérentes de Howell (interviews et publications Capital Wars d’octobre 2026), et le cadre conceptuel qu’il défend depuis plusieurs années.

Howell insiste sur le fait que les marchés modernes sont avant tout des machines de refinancement plutôt que des marchés de pure valorisation. Environ 80 % de l’activité financière consiste à rouler de la dette existante, gérer du collatéral et maintenir le système de liquidité global.

Le prix des actifs est fortement influencé par les flux de liquidité (création monétaire des banques centrales, shadow banking, masse de collatéral, cross-border flows) et par les besoins de refinancement.

Le concept de Capital Wars décrit une compétition pour le contrôle du capital mobile mondial entre systèmes monétaires rivaux, notamment le système dollar-Treasuries américain (et ses extensions comme les stablecoins) face aux approches chinoises (gestion du yuan, accumulation d’or, dual circulation).

Points clés récents (cohérents avec ses interventions d’octobre 2026)

  • Liquidité globale : le niveau absolu reste élevé ou en légère hausse, mais le momentum (taux de croissance) ralentit nettement. Howell situe un pic de momentum vers fin 2025 ; le cycle de ~65 mois est en phase tardive (« speculation » vers « turbulence »). Dans son Global Liquidity Watch du 13 octobre, la liquidité a baissé pour la première fois en près de trois mois, sous l’effet de collatéraux disponibles plus faible et d’un dollar plus fort, même si le « collateral multiplier » reste élevé.
  • Mur de maturités / refinancement : un volume massif de dettes arrive à échéance dans les années à venir. Dans un système de crédit, cette dette ne disparaît pas ; elle doit être refinancée ou monétisée. Cela crée des tensions potentielles sur les marchés obligataires, le crédit et les actifs risqués.
  • Actifs de couverture monétaire : Howell reste constructif sur l’or et le Bitcoin (qualifié de « liquidity sponge »). Ces actifs bénéficient des pressions de monétisation et de la compétition monétaire (notamment liées à la Chine). Il recommande souvent d’acheter les dips sur ces hedges dans un environnement d’inflation monétaire. Les actions, en revanche, deviennent plus vulnérables quand le momentum de liquidité se retourne.
  • Fed et politique : les taux directeurs ne capturent pas pleinement le resserrement ; les conditions de collatéral, la volatilité obligataire, le dollar et la courbe des taux sont plus pertinents. Des mécanismes comme le « Treasury QE » (émission de bills absorbée par les banques) ont prolongé la liquidité plus longtemps que prévu.
  • Chine et or : la liquidité chinoise influence particulièrement les actifs réels (commodités, or). Les pressions internes (dette, déflation potentielle) et la stratégie monétaire chinoise soutiennent l’or à moyen terme.

Le cadre de Howell est cohérent : il déplace l’attention des multiples de valorisation vers les contraintes de refinancement et de collatéral, ce qui explique souvent mieux les mouvements de marché en régime de dette élevée.

Ses indicateurs de momentum de liquidité ont historiquement anticipé des phases de stress. Cependant, le timing reste difficile. Il a lui-même noté que le cycle s’est prolongé au-delà de ses attentes initiales grâce à des mécanismes de monétisation (Treasury QE, etc.).

En octobre 2026, le message dominant est « pas bullish » sur la direction de la liquidité, avec un risque de conditions plus difficiles pour les actifs risqués, tout en maintenant une préférence structurelle pour l’or et le Bitcoin comme hedges contre l’inflation monétaire.

La distinction niveau vs. momentum est cruciale: un niveau encore élevé peut coexister avec un ralentissement dangereux .

Les risques de « Capital Wars » (pressions concurrentielles US-Chine sur le capital et le collatéral) ajoutent une dimension géopolitique qui peut amplifier ou retarder les cycles purement financiers.

Enfin, les prévisions de pic de cycle ont déjà été repoussées ; la confirmation par les données de collatéral, de spreads et de volatilité obligataire reste le test principal.

En résumé, la session s’inscrit dans la ligne habituelle de Howell : surveillance du cycle de liquidité en phase tardive, importance du refinancement de la dette, et allocation vers les hedges monétaires plutôt que vers une poursuite aggressive du risque action.

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