Trump sans limites

Trump refuse de rejeter l’idée de déclarer l’état d’urgence national et d’invoquer la loi sur l’insurrection après les élections de mi-mandat de novembre, selon Reuters.

Interrogé à ce sujet, Trump a déclaré qu’il « pourrait l’utiliser » et que « nous verrons ».

Par ailleurs, cette intervention insolite … Trump a t il été menacé par Netanyahu ?

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Traduction du message de Donald Trump (posté sur Truth Social) :

« Au grand peuple d’Israël :Bibi Netanyahu a été un grand Premier ministre guerrier, et un partenaire encore plus grand pour la paix dans la lutte contre la République islamique d’Iran, avec son chant vieux de 51 ans : “Mort à Israël, mort à l’Amérique ! Nous détruirons le Petit Satan et le Grand Satan.” Quel pays peut survivre lorsque de telles choses sont autorisées à être dites, parce qu’elles finissent toujours par se réaliser ? Ce n’aurait été qu’une question de temps avant que l’Iran ne mette en œuvre cette phrase sinistre, mais ils ont été systématiquement détruits, militairement et financièrement, et à moins qu’ils ne changent leurs voies rapidement, nous finirons bientôt le travail. Si Israël a le mauvais dirigeant, ce qui serait n’importe qui d’autre que Bibi, l’Amérique devra faire ce travail nous-mêmes, et je ne suis pas enclin à le faire. Bibi Netanyahu a été fort, courageux et brillant face à une opposition considérable, y compris celle venant même d’Israël elle-même. Malgré tout cela, il a enduré et, en fait, il a prospéré ! J’ai observé Bibi dans les moments les plus difficiles. Des hommes ou des femmes normaux dans de telles situations auraient fléchi sous la pression — mais Bibi n’a pas fléchi, il est devenu plus fort, et conserve cette même force aujourd’hui. C’est le type de partenaire que les États-Unis d’Amérique exigent d’Israël, un pays pour lequel ils ont tant fait. Que cette lettre serve de représentation de mon soutien complet et total à Bibi Netanyahu dans sa prochaine course à la réélection comme Premier ministre d’Israël. BIBI NETANYAHU NE VOUS LAISSERA JAMAIS TOMBER ! Merci de votre attention à cette affaire.DONALD J. TRUMP
PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE »


L’ingérence personnalisée de Trump dans les élections israéliennes

Le 18 octobre 2026, neuf jours avant les élections législatives israéliennes du 27 octobre, Donald Trump a publié une lettre ouverte adressée au « grand peuple d’Israël » dans laquelle il accorde son « soutien complet et total » à Benjamin Netanyahu.

Ce texte n’est pas une simple déclaration de soutien alliée habituelle : c’est une intervention directe et conditionnelle dans le processus démocratique d’un pays partenaire, formulée en termes de loyauté personnelle et de menace stratégique.

Le cœur du message est double.

D’un côté, Trump vante Netanyahu comme « grand Premier ministre guerrier » et « partenaire encore plus grand pour la paix » dans la confrontation avec l’Iran.

Il rappelle le slogan révolutionnaire iranien vieux de plus de cinq décennies (« Mort à Israël, mort à l’Amérique ») et affirme que de telles paroles finissent toujours par se concrétiser.

De l’autre, il affirme que l’Iran a déjà été « systématiquement détruit, militairement et financièrement », tout en avertissant que « nous finirons bientôt le travail » si Téhéran ne change pas rapidement de trajectoire.

Le passage le plus révélateur est cependant celui où il conditionne l’engagement américain : si Israël choisit « le mauvais dirigeant » — explicitement défini comme « n’importe qui d’autre que Bibi » —, les États-Unis devront assumer seuls cette tâche, et Trump déclare ne pas être « enclin » à le faire.

Cette formulation soulève plusieurs problèmes.

Un président américain en exercice n’hésite pas à désigner ouvertement quel dirigeant israélien est acceptable pour Washington.

L’alliance israélo-américaine est ainsi présentée non comme un intérêt stratégique institutionnel durable, mais comme un partenariat dépendant d’un individu précis.

Cela place les électeurs israéliens devant un chantage implicite : le maintien du soutien américain dépend de la réélection de Netanyahu. Dans un contexte où Netanyahu fait face à une opposition interne significative et où les sondages montraient une course serrée, cette lettre constitue une tentative d’influencer le résultat électoral depuis l’extérieur.

La logique de « finir le travail ». La guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis fin février 2026 a déjà produit des destructions importantes .

Trump reconnaît cet état de fait tout en maintenant ouverte la possibilité d’une escalade supplémentaire. Le problème est que « finir le travail » reste vague : s’agit-il de neutraliser définitivement les capacités nucléaires et balistiques restantes, de provoquer un changement de régime plus profond, ou de quelque chose d’autre ?

Dans un conflit qui a déjà perturbé les marchés énergétiques et déstabilisé la région, une nouvelle phase militaire non clairement délimitée multiplie les risques d’engrenage, de représailles iraniennes ou de ses proxies, et de coûts humains et économiques supplémentaires.

La réticence affichée à agir sans Netanyahu renforce l’impression que la décision d’escalade est autant politique et personnelle que stratégique.

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