| Regis de Castelnau et Pascal Clérotte |
| oct. 21 |
Émeutes et pillages : la facture salée de quarante ans de néolibéralisme
Le week-end dernier, la France a connu sa plus grande mobilisation de rue organisée depuis les grèves de 1995 : plus de 600 000 manifestants, des cortèges pacifiques, des syndicats et des revendications largement légitimes.
Pourtant, ce dont on se souviendra, ce sont les vitrines brisées et les pillages. C’est précisément là que se situe le problème.
Derrière ce « mauvais théâtre politique », comme on l’a appelé, un fait troublant apparaît : la violence n’était pas un accident, mais une manœuvre.
Les pillages, loin d’être l’œuvre de casseurs politisés, relevaient surtout de la délinquance de rue ordinaire, les militants d’ultragauche représentant moins de 20 % selon les sources des renseignements.
Ces mêmes services de renseignement intérieur, pressés par le gouvernement de faire porter le chapeau à La France Insoumise (LFI, le parti de Jean-Luc Mélenchon), ont refusé de jouer le jeu, allant jusqu’à en parler à la presse.
Mme Laure Beccuau, procureure de Paris, a confirmé qu’elle ne disposait d’aucun élément impliquant LFI ou un autre parti politique de gauche.
On a là un appareil d’État qui ne suit plus le gouvernement. C’est un signe parmi d’autres, avec l’arrêt de la cour d’appel qui a rétabli l’éligibilité de Marine Le Pen, que la justice, longtemps complaisante lorsqu’il s’agissait de « sale boulot politique », reprend une part d’impartialité.
Elle est rejointe désormais par le renseignement intérieur et les forces de l’ordre.
Le contexte électoral explique la manipulation.
Face à une fragmentation en trois du paysage politique et à un président empêché de se représenter, le « bloc central » panique.
Sa stratégie se résume à deux coups pour se maintenir au second tour : casser Mélenchon, coupable d’avoir absorbé le vote de la petite-bourgeoisie urbaine autrefois détenu par les socialistes et les écologistes, et brandir le spectre du chaos pour effrayer un électorat recomposé.
Entre en scène un candidat sorti du chapeau : David Lisnard, maire de Cannes, lancé à la Macron en 2017, avec un parti qui prétend avoir rassemblé 50 000 adhérents en quelques mois, et des sondages sur mesure. Mais les temps ont changé. Le « coup » de 2017 exigeait beaucoup d’argent et que la presse, la haute fonction publique et la justice tirent tous dans le même sens. Ces conditions n’existent plus.
Au fond se trouve une réalité démographique impitoyable : six à sept millions d’électeurs Macron perdus en dix ans par attrition naturelle, sans renouvellement par un vote jeune qui va principalement à Mélenchon (40 % des 18-24 ans).
Résultat : Le Pen approchant les 40 % au premier tour et dépassant les 60 % au second, quel que soit son adversaire.
D’où les tentatives désespérées d’organiser, dès maintenant, une cohabitation à l’envers, certains appelant déjà à ce que la prochaine présidence soit vidée de sa substance politique lors des législatives suivantes.
Ce qui reste est une perspective d’une ironie frappante : l’élection de Marine Le Pen, la première femme à diriger la République française, serait «la facture» présentée pour quarante ans d’exclusion des classes populaires de la sphère publique.
Une facture que, semble-t-il, rien ne peut empêcher d’arriver à échéance.
Bonjour
Sur la justice le fait que des juges aient retenue le crime raciste ( anti-blanc et anti-Français) dans l’affaire de Crépol ou le petit Thomas avait trouvé la mort me semble prouvée en effet que cette institution ou une partie d’entre elle à tout le moins est entrain de comprendre que le vent tourne.
Au même moment, Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, a déclaré dans un podcast que réviser la Constitution par référendum en utilisant l’article 11 « n’existe pas », que la seule voie possible est l’article 89, et que « n’est pas De Gaulle qui veut ». Il visait la proposition du Rassemblement national de soumettre au peuple une révision de la Constitution sur l’organisation des pouvoirs publics. Or, De Gaulle avait précisément utilisé l’article 11 en 1962 et en 1969 pour organiser des référendums. Dans son dernier entretien télévisé, il rappelait que le président peut proposer au peuple tout projet de loi relatif à l’organisation des pouvoirs publics, parce qu’une Constitution n’est rien d’autre que la décision du peuple qui fixe cette organisation.
https://www.francesoir.fr/opinions-editos/l-impensable-deja-atterri-manifestations-du-17-octobre-discours-de-macron-alerte-du
Par contre certaine personne vont tout faire pour foutre le boxon et je ne parle pas des casseurs mais de haut responsable et de hauts fonctionnaires.
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