Un éditorial terrible. Non ! La France n’est pas en crise financière!

Non la France ne se trouve pas plongée dans une crise financière même si elle est victime de defiance sur les marchés et soumise à des hausses de taux longs exorbitantes.

Ce n’est pas (encore) une crise aiguë du type 2011-2012, avec un gel du marché primaire ou une impossibilité totale de se financer. C’est en revanche un stress important, plus ou moins instrumentalisé, avec un risque réel de cercle vicieux.

Ma définition de la crise est défendable : elle est la même pour tout ce qui se passe en ce moment dans le monde occidental , sous le regime du roi dollar;

Tant qu’il n’est pas prouvé que les autorités ont perdu le contrôle des taux longs nous ne sommes pas en crise, tant que le paradigme risk-on risk off reste valide, tant que la bascule fonctionne, le système tient!

Tant que le marché reste ordonné et que la France peut continuer à émettre de la dette (même à des taux plus élevés), on n’est pas dans une crise de financement pure. La vraie crise arriverait si, après une éventuelle intervention de la BCE, les conditions de marché restaient désordonnées, ou si le financement devenait impossible sans monétisation massive.

Pour l’instant, les autorités monétaires disposent encore d’outils, mais avec des contraintes fortes ; les autorités politiques françaises, elles, ont clairement du mal à maîtriser la trajectoire budgétaire.

Situation actuelle (fin octobre 2026)

  • Le taux de l’OAT à 10 ans se situe au dessus de 5 % (plus haut depuis 2002).
  • L’écart de taux (spread) avec le Bund allemand atteint environ 170-178 points de base, son niveau le plus élevé depuis novembre 2011. reuters.com
  • La dette publique approche 119 % du PIB (prévisions officielles : ~119,3 % fin 2026 et 121,7 % en 2027). Le déficit était d’environ 5,1 % en 2025 et est attendu autour de 5,4 % en 2026.
  • La France est sous procédure pour déficit excessif. Le gouvernement vise un ajustement d’environ 54 milliards d’euros pour ramener le déficit vers 5 % en 2027, mais ce plan n’est pas encore adopté dans un Parlement fragmenté, sur fond de manifestations et de grèves.

Christine Lagarde a évidemment indiqué que « la solution principale et prioritaire se trouve en France », via la politique budgétaire, et non par une intervention automatique de la BCE. Pouvait elle dire autre chose?

L’instrument de protection de la transmission (TPI) n’est pas un chèque en blanc : il est conçu pour des tensions jugées « non justifiées » et « désordonnées » qui entravent la transmission de la politique monétaire. Ses critères incluent des politiques budgétaires et macroéconomiques saines et durables, ainsi qu’une conformité au cadre fiscal européen.

Les mouvements actuels s’expliquent largement par les fondamentaux (déficit structurel, dette élevée, incertitude politique avant la présidentielle) plutôt que par une pure spéculation. La barre pour intervenir est donc , disons , plus élevée.

Beaucoup d’analystes estiment que la BCE n’interviendra pas rapidement pour « sauver » la France sans ajustement préalable ; elle pourrait même protéger d’autres pays en cas de contagion tout en maintenant la pression sur la France.

Il est évident que tout cela est du baratin: à partir d’un certain point de divergence sur les taux longs c’est l’euro qui est menacé et les marches, si c’était le cas, joueraient la désintégration, la redomestication! Nous en sommes loin!

« On », vous savez le fameux « on  » impersonnel tombé du ciel, tord le bras des Français pour qu’ils boivent la potion et qu’ils acceptent de rendre au capital et aux créanciers les sommes que ceux ci leur ont versé sous forme de prestations sociales considérées au niveau européen et international comme abusives.

La « connivence pour dramatiser » est évidente ; Il existe des acteurs qui amplifient le sujet: médias, hauts fonctionnaires, opposants politiques, certains investisseurs. Le problème de fond n’est pas inventé mais il dure depuis tellement longtemps que l’on peut dire que c’est la BCE qui l’a créé en acceptant de faciliter le financement des déficits des Périphériques de puis le quoi qu’il en coute de Draghi.

Les déficits élevés sont récurrents depuis des années, les dépenses publiques sont parmi les plus élevées d’Europe (autour de 57 % du PIB), et la capacité à réformer (retraites, chômage, fonction publique, etc.) a toujours été politiquement limitée. C’est le prix de l’inaction prolongée.

Les autorités ont-elles encore la situation en main ?Côté BCE, oui dans le sens où les outils existent et que le marché n’est pas encore figé. Et si il le faut on en sortira des nouveaux, ils sont deja dans les cartons.

Côté politique française, c’est plus discutable. Un gouvernement minoritaire peine à faire passer un budget crédible face aux oppositions et à la rue.

L’approche de la présidentielle de 2027 amplifie l’incertitude. Les marchés ne sont pas « irrationnels » : ils intègrent une trajectoire de dette qui continue de monter même avec les objectifs annoncés, une charge d’intérêts qui augmente, et un risque politique élevé.

Les déficits de la France et des Peripheriques sont le prix qu’il a fallu payer pour maintenir ensemble les éléments d’un ensemble brinquebalant disparate, non convergent et soumis à des forces de dislocation et d’eclatement.

Voila la verité. Mais chut elle n’est pas bonne à dire!

Au plan domestique, la question des déficits et de la dette accumulée s’analyse comme tourniquet : on a acheté la paix sociale à crédit et on demande au peuple, à ceux qui ont bénéficié de ces redistributions de les rendre.

C’est une réalité comptable : la dette publique est l’actif privé de quelqu’un (banques, assureurs, fonds de pension, ménages via l’épargne, investisseurs étrangers). Les transferts, pensions, salaires publics et baisses d’impôts passés ont été financés par l’ endettement qui a permis de constituer ces actifs privés.

Ce n’est pas un complot secret des « détenteurs de capital » contre le peuple; c’est la logique même du système Français et de l’Italien aussi d’ailleurs. On donne aux uns sans oser prendre aux autres, donc cela signifie que l’on reporte l’addition dans le futur! Et comme ceux qui financent le futur sont les propriétaires d’actifs financiers, c’est un tourniquet!

Les « largesses » ont été des choix politiques répétés. Disons qu’il y a bien longtemps qu’en France on achète les élections par la dérive des dépenses publiques.

Les deficits , les dettes, l’inflation, le déficit extérieur tout cela n’est que symptôme, symptôme du mal d’un pays qui est incapable de consensus. Symptôme d’une volonté de la bourgeoisie devenue illégitime, de durer malgré tout … à crédit!

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