Il ne faut pas avoir peur de lire des choses désagréables, il n’y a rien de magique et de négatif à réfléchir .
Déjà Tocqueville avait compris et écrit sur le caractère dialectique, paradoxal de l’assistance sociale et rien n’a cnangé depuis, sauf en pire!
Lisez Mémoire sur le paupérisme (1835), Essai sur la pauvreté et l’assistance, publié dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg.
« Mais je suis profondément convaincu que tout système régulier, permanent, administratif, dont le but sera de pourvoir aux besoins du pauvre, fera naître plus de misères qu’il n’en peut guérir, dépravera la population qu’il veut secourir et consoler, réduira avec le temps les riches à n’être que les fermiers des pauvres, tarira les sources de l’épargne, arrêtera l’accumulation des capitaux, comprimera l’essor du commerce, engourdira l’activité et l’industrie humaines et finira par amener une révolution violente dans l’État, lorsque le nombre de ceux qui reçoivent l’aumône sera devenu presque aussi grand que le nombre de ceux qui la donnent, et que l’indigent ne pouvant plus tirer des riches appauvris de quoi pourvoir à ses besoins trouvera plus facile de les dépouiller tout à coup de leurs biens que de demander leurs secours. »
C’est le cœur de son argument : l’aide publique permanente crée plus de misère qu’elle n’en soulage et risque de déstabiliser la société.
Il ‘n’y a rien de progressiste dans la sociale-democratie puisque c’est le moyen trouvé par le grand capitalisme pour faire taire les travailleurs et prolonger ainsi leur ordre social de domination. Le problème n’est pas la répartition des richesses mais leur mode de production. – BRUNO BERTEZ
John Cochrane.
j’ai été invité au Festival international de l’économie de Turin pour parler d’inflation et de dette. Le thème principal de la conférence est « Sauver l’État-providence ». J’y ai donc glissé quelques remarques, d’un humour typiquement grincheux.
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Cette conférence est consacrée à la question : comment sauver l’État-providence ? C’est une mauvaise question. La vraie question est : comment sauver nos pays de l’État-providence ?
La dette française fait la une. L’État français dépense 57 % du PIB. 57 % ! Cela signifie que le taux d’imposition moyen en France est de 57 %. Et pour chaque contribuable qui paie moins, aujourd’hui ou demain, quelqu’un d’autre devra payer davantage. Dans une grande partie de l’Europe, ce taux est à peine inférieur, environ la moitié. Les États-Unis ne sont pas loin derrière.
Le problème économique criant de l’Europe est la stagnation. Des taux marginaux d’imposition bien supérieurs à la moitié constituent un frein indéniable au travail, à l’épargne, à l’innovation, à la création et au développement d’entreprises, à l’investissement dans l’éducation, etc. Ajoutez à cela une protectionnisme excessif des entreprises, une surréglementation et des aides financières incitant à l’inactivité, et vous obtenez tous les ingrédients de la stagnation.
Que faire ? Augmenter encore les impôts ? Réduire les aides aux plus démunis ? L’économie propose une solution : miser sur les incitations. Aux États-Unis, pour chaque dollar gagné entre 0 et 60 000 dollars, les individus perdent environ 1 dollar d’aides sociales, avec des seuils importants tout au long de leur parcours. De nombreux régimes de retraite et d’invalidité rendent le travail quasiment impossible. Il n’est pas nécessaire de contraindre les gens à travailler, il suffit de leur permettre de conserver une partie de leurs revenus. Et de les faire fructifier, ce qui requiert généralement une certaine flexibilité.
Au-delà de la dette et de la croissance, nos sociétés manquent à leur devoir biologique fondamental : se reproduire. Lorsqu’une femme a en moyenne un enfant, la population diminue de moitié tous les 30 ans. Un État-providence par répartition ne peut y survivre. Et il est fort probable que nos économies hautement spécialisées ne puissent pas non plus résister à un tel déclin démographique.
Autrefois, on avait des enfants notamment pour subvenir à ses besoins en cas de vieillesse, de maladie ou de coup du sort. Dans un État-providence, ce sont les enfants des autres qui prennent soin de vous lorsque vous vieillissez, êtes malade ou avez des difficultés.
Margaret Thatcher disait que le socialisme s’achève quand on n’a plus d’argent des autres. Nous y voilà. L’État-providence s’achève quand il n’y a plus d’enfants des autres. Nous y voilà.
Pour le meilleur et pour le pire, l’État-providence réglementé substitue une relation personnelle et individuelle avec l’État central à la protection autrefois assurée par la famille, les marchés, l’épargne, la communauté, l’Église, les œuvres caritatives et les collectivités locales. Or, les incitations ont leur importance. Les enfants sont désormais considérés comme un simple bien de consommation de luxe onéreux. L’État-providence contribue, au moins en partie, à la chute vertigineuse de la fécondité qui le fragilise.
Ne sauvez pas l’État-providence. Il nuit à notre prospérité. Abolissez-le, ou du moins réformez-le en profondeur. Concentrez les efforts de l’État sur les plus démunis et les plus vulnérables. Laissez le citoyen lambda profiter des avantages, des récompenses et des protections offerts par le marché concurrentiel.