Mes idées fondamentales sur la Fed:
Elle ne fait, depuis 2000, que réamenager les « chaises transat » sur le Titanic, elle est dans un engrenage.
La banque centrale n’est pas centrale, la politique monétaire c’est de la rethorique spectacle, une messe dite par le grand prêtre d’une religion qui ne fait que gloser sur les mystères d’Eleusis
Le Marché, la finance, les capacités bilantielles des banques et finalement les animal spirits sont plus importants que le patron de la Fed
C’est la situation du système qui impose, et le patron de la Fed ne fait que surfer plus ou moins habilement dessus
La Fed ne peut sortir de l’inflationnisme sauf à accepter la crise de destruction contre laquelle elle est arqueboutée depuis des decennies.
L’inflationnisme est le système ideologique qui croit que tous les problèmes peuvent etre réglés par la gestion de l’imaginaire monétaire. Cette idéologie est produite par le capitalisme devenu financiarisé.
Voici une liste des articles les plus récents et pertinents sur brunobertez.com concernant la Fed et Kevin Warsh
- Les banques mondiales ont décroché, ce n’est pas un hasard (12 octobre 2026) – Pertes non réalisées massives sur les portefeuilles obligataires des banques (mark-to-fantasy), doute que Warsh ait pleinement intégré la destruction de valeur des bilans avec la hausse des taux. brunobertez.com
- Editorial: The Decline of a Central Benchmark — The Neutral Rate of Interest (R)* (22 septembre 2026) – Warsh (et Lagarde) relativisent fortement le R* comme guide pratique ; passage à une approche plus data-dependent. brunobertez.com
- Le 10 ans américain touche 5,14 %, mais la Fed a encore le contrôle… Tina agonise ! (24 septembre 2026) – Chronologie de la tenure de Warsh (nomination, premières réunions, hausse de septembre à 3,75-4,00 %), montée des taux longs, fin de l’ère TINA, limites du contrôle de la Fed sur les longs. brunobertez.com
- Editorial. Kevin Warsh « hawkish » ! Autant dire que c’est un imposteur… (début septembre 2026, versions FR/EN) – Rhétorique hawkish traitée comme une pose ; débat non engagé, fonction de facilitation du financement des déficits.
- RJ Brooks nous dit ce que nous devons penser de la Fed et de Warsh (3 août 2026) – Analyse de la non-hausse de juillet, réduction volontaire de la forward guidance, marchés qui sur-réagissent à la « perte de crédibilité ».
- Analyse d’Howell sur la politique de Warsh (31 juillet 2026) – Transfert du resserrement vers la courbe et la volatilité obligataire, maintien de liquidités abondantes sur le repo, limites de l’approche.
- Conférence de presse de Kevin Warsh après le FOMC du 29 juillet 2026, un message d’autant plus clair qu’il est vide (29 juillet 2026) – Maintien des taux (5e pause), ton «hawkish» rhétorique, «hommage du vice à la vertu».
- Kevin Warsh a raté le coche : l’inflation ne prendra fin que lorsque le « régime de réserves abondantes » sera définitivement abandonné – David Stockman (30 juillet 2026) – Maintien explicite des réserves suffisantes = poursuite de la politique Bernanke ; Hotel California.
- L’inflation est surestimée, Warsh n’est pas faucon, le dollar va baisser (3 juillet 2026) – Contre le narratif de durcissement ; inflation sous-jacente stable, pas de raison structurelle de hausser.
- The Fed and the Illusion of Real Time / La Fed et l’illusion du temps réel (2 juillet 2026) – Critique du projet de monitoring temps réel/IA de Warsh : risque de court-termisme et de fausse précision.
- Editorial : pourquoi je pense que la Fed n’est pas réformable sauf si on accepte une forte crise de destruction… (11 juillet 2026) – Groupes de travail dominés par l’institution ; réforme réelle = effondrement des valorisations fictives.
- Les défis de Warsh et politique monétaire – Cochrane (24 juin 2026) – Contexte stagflationniste, réduction du bilan risquée, modèles à revoir.
- FOMC : Kevin parle mais ne fait rien (18 juin 2026) – Premier FOMC : taux inchangés, communiqué raccourci, ton plus hawkish, gain de temps.
- The markets are making a radical mistake… / Editorial. Les marchés commettent une erreur radicale si ils croient que Warsh inaugure « un changement de régime ». On ne peut faire que des resserrements CANADA DRY (21 juin 2026) – Pas de vrai regime change possible ; contraintes structurelles dominent.
- Howell : Warsh réticent à monter les taux va peut-être laisser ce soin aux marchés (22 juin 2026) + textes connexes de la période (semaine sous le signe de Warsh, etc.).
D’autres textes plus anciens (nomination janvier-février 2026, analyses Timiraos, Roach, Roubini, Stockman sur le bilan, etc.) existent, mais la ligne se stabilise clairement à partir de juin.
Ligne directrice synthèse en attendant la fin du FOMC
La thèse constante de Bruno Bertez est que la situation commande, pas l’homme. Warsh arrive avec un discours de « regime change », moins de forward guidance, recentrage sur la stabilité des prix et critique de la Fed « trop bavarde » sous Powell.
En pratique, cela produit surtout des resserrements « Canada Dry » : rhétorique hawkish, communiqués plus courts, ambiguïté stratégique, mais maintien des taux (ou hausses limitées), et surtout préservation du régime de réserves abondantes (Hotel California).
Les contraintes structurelles (déficits massifs, stock de dettes, besoin systémique de liquidités excédentaires pour faire « rouler la bicyclette » de la finance, fragilités des bilans, mark-to-fantasy) rendent impossible un vrai durcissement ou une réduction durable du bilan sans déclencher une crise de destruction des valorisations fictives.
Les marchés se trompent s’ils anticipent un changement de régime authentique : ils accueillent le discours positivement tout en rejetant l’hypothèse d’un resserrement réel des conditions financières.
L’inflation est souvent relativisée (surestimée, chocs d’offre), et les taux longs montent davantage par fondamentaux (offre de papier, term premium, fin de l’ère des taux anormalement bas) que par action discrétionnaire de la Fed.
En résumé : parler fort, agir peu, gagner du temps, et rester dans le cadre existant.
La prochaine décision FOMC (communication probablement lapidaire, pause ou signal limité) s’inscrit logiquement dans cette continuité, avec les risques de correction des actifs et de normalisation des taux longs déjà en cours.
Voici des extraits et citations pertinents tirés des articles de brunobertez.com sur la Fed et Warsh.
Ils illustrent directement la ligne directrice : la situation commande (contraintes structurelles), Warsh parle plus qu’il n’agit, pas de vrai « regime change », seulement des resserrements « Canada Dry », maintien du régime de réserves abondantes (« Hotel California »), et scepticisme sur un durcissement authentique.
Sur les contraintes structurelles et le rôle de l’homme
« Kevin Warsh sera-t-il “indépendant” ? Une question idiote : c’est la situation qui commande, pas l’homme ! […] Le pouvoir des Présidents de la Fed est limité ; et ils sont à la fois contraints par l’histoire enracinée dans le bilan actif et passif du système, et les situations structurelles dont ils héritent. […] Cette absence de diagnostic historique fait de lui d’emblée un imposteur. »
(Editorial, 24 mai 2026)
brunobertez.com
« La politique monétaire n’est pas le produit de la volonté d’un homme. Elle est contrainte, imposée, dictée par l’état matériel de l’économie : le niveau de la dette, l’ampleur des déficits, la fragilité du système financier, l’existence de bulles spéculatives et la nécessité absolue de préserver la stabilité financière.
[…] Le besoin de liquidités en excédent pour faire rouler la bicyclette de la finance est systémique ce n’est pas un choix ! Le niveau de la mer doit rester haut sinon le monde entier va découvrir que les États-Unis se baignent nus ! »
(Editorial « Canada Dry », 21 juin 2026)
brunobertez.com
Sur le discours vs les actes (« Canada Dry », gain de temps)
« Conformément à mes analyses, Kevin a laissé les taux inchangés. Et il a changé la rhétorique et le ton comme prévu également.
Principaux points : Warsh cherche à gagner du temps. […] Warsh veut restaurer la crédibilité anti-inflation de la Fed et il le fait par la rhétorique, pas par des actes comme je le pensais. »
(FOMC : Kevin parle mais ne fait rien, 18 juin 2026)
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« On ne peut faire que des resserrements CANADA DRY. […] Les marchés ont écouté le discours du président Warsh, tout en rejetant catégoriquement la possibilité que la Fed resserre réellement les conditions financières. […] Warsh se situe dans l’univers du souhaitable, pas dans l’univers du possible. […] Relisant cette réponse de Warsh […] j’ose écrire que Warsh est un bouffon ! »
(Editorial « Canada Dry », 21 juin 2026)
brunobertez.com
Sur le maintien du régime de réserves abondantes
« KEVIN WARSH EST UN IMPOSTEUR ! Kevin Warsh a réaffirmé la politique du Comité consistant à “maintenir des réserves suffisantes dans le système bancaire”. Tout est dit, la politique initiée par Bernanke à savoir “nous ne laisserons jamais les conditions financières se resserrer”, cette politique sera poursuivie […]. Marche ou crève. Les vaisseaux ont bien été brûlés ; nous restons dans Hotel California. […] Au contraire, le véritable scandale réside dans la déclaration publiée après la réunion, qui a réaffirmé la politique du Comité consistant à “maintenir des réserves suffisantes dans le système bancaire”. »
(Article Stockman, 30 juillet 2026)
brunobertez.com
Sur le message « vide » et le ton hawkish rhétorique
« C’est l’hommage du vice à la vertu que je vous avais laissé entrevoir […] considérant que Warsh dans les conditions de sa nomination ne pouvait décemment pas monter les taux mais qu’il jouerait les vertueux. […] La Fed a maintenu le statu quo sur les taux comme je l’avais prévu depuis longtemps […] et le message de Kevin Warsh est d’autant plus clair qu’il est vide, son contenu informationnel est zéro. […] “sternly doing nothing” (ne rien faire, mais le faire fermement) ou “il parle beaucoup pour dire peu”. »
(Conférence de presse post-FOMC 29 juillet 2026)
brunobertez.com
Autres formulations clés
- Les marchés se trompent radicalement s’ils croient à un « changement de régime ».
- « Le monde est matérialiste, pas volontariste. »
- Warsh « pose comme résolu un débat qui n’a même pas été engagé ».
- Réduction volontaire de la forward guidance et de la communication, mais sans rupture réelle avec le cadre de liquidités abondantes.
- Les hausses (ou non-hausses) de taux sont souvent secondaires face à la question du bilan et des réserves.
Ces citations sont représentatives de la constance de l’analyse de Bertez depuis la nomination de Warsh jusqu’aux réunions de juin-juillet 2026. Elles convergent vers un scepticisme structurel : rhétorique de rupture, pratique de continuité contrainte.