A propos de l’IA: Une crise c’est une certitude qui s’effondre

Une crise ai je écrit c’est une certitude qui s’effondre, un invariant qui commence varier. L’invariant des subprime était l’idée que les prix des logements ne pouvaient que monter;

Ici la certitude du système , son invariant c’est l’idée qu’économiquement l’intelligence artificielle va être le nouvel Eldodorao !

« Un analyste financier a calculé que les grandes entreprises technologiques cotées, les laboratoires de pointe privés (dont Anthropic et OpenAI) et les néoclouds cotés ont déclaré une dette et des engagements non résiliables en puissance de calcul et en capacité de 2 100 milliards de dollars. Cela se compare aux 1 300 milliards de dollars de crédits hypothécaires subprime en circulation en mars 2007, qui ont contribué à déclencher la crise financière mondiale l’année suivante. »

https://www.ft.com/content/9fd6faa4-0e06-4b2b-975a-3e6d3a7f3d7f?syn-25a6b1a6=1

Mise en perspective et risques pour le secteur

Ce chiffre de 2 100 milliards de dollars (2,1 tn) est une estimation de l’exposition économique totale : environ 470 milliards de dette déclarée + la valeur actualisée d’environ 1,66 tn d’engagements non résiliables en capacité de calcul (contrats take-or-pay). Il provient d’analyses détaillées (notamment Groundbreaker, relayées par Naked Capitalism) qui agrègent les hyperscalers publics, les labs frontier privés et les néoclouds.

D’autres estimations circulent et sont parfois plus élevées (1,65 tn d’engagements hors bilan pour cinq acteurs selon certains recoupements de déclarations à la SEC, jusqu’à 3,1 tn d’« off-book » pour un ensemble plus large selon des rapports citant le Wall Street Journal).

Les ordres de grandeur restent massifs.

La comparaison avec les subprimes de 2007 est inquiétante tout simplment parce que considrée dans son ensemble ces engagements sont subprime!

  • Les contrats take-or-pay fonctionnent comme les prêts subprime à taux « teaser » : on signe aujourd’hui, les paiements ne commencent qu’à la livraison (souvent 24-36 mois plus tard, le temps de construire les data centers). Pendant cette période « teaser », le vendeur (hyperscaler ou néocloud) enregistre un backlog énorme, le lab annonce de la capacité, le marché valorise la croissance… et personne ne paie encore le plein tarif. Quand la capacité est livrée ( prévu surtout en 2027-2028), les factures arrivent quoi qu’il arrive, indépendamment de la demande réelle ou du taux d’utilisation.
  • Les labs frontier (OpenAI, Anthropic notamment) affichent des revenus en forte croissance mais encore très loin de couvrir ces engagements (des centaines de milliards pour Anthropic seul dans certains filings/prospectus, des ordres de grandeur similaires ou supérieurs pour OpenAI). L’hypothèse implicite est que les revenus explosent assez vite pour absorber ces coûts, ou que de nouvelles levées de fonds/de dette couvriront le trou. C’est exactement le pari « les prix de l’immobilier vont monter et on refinancera » de 2006-2007.
  • Une part importante de ce financement est opaque (private credit, SPV, garanties, leasing hors bilan). Les hyperscalers ont des bilans solides, mais le risque se concentre sur les contreparties plus fragiles (labs privés encore non rentables à grande échelle, néoclouds très endettés comme CoreWeave) et sur la chaîne de contrats.
  • Si la demande d’inférence ou l’adoption payante ne suit pas le rythme des capacités livrées, ou si les prix du « compute » baissent fortement, les marges s’effondrent et les défauts/renégociations se multiplient.
  • Les data centers et GPU sont des actifs qui se déprécient rapidement (nouveaux chips, efficience énergétique, etc.). La valeur de collatéral n’est pas celle d’un bien immobilier. L’interconnexion (hyperscalers qui garantissent ou financent les néoclouds, qui eux-mêmes s’appuient sur les labs) crée un risque systémique sectoriel, même si ce n’est pas forcément un risque pour tout le système financier comme en 2008.

Le secteur AI a pris des engagements d’une taille comparable (en valeur nominale) à celle du marché subprime qui a déclenché la crise de 2008. La différence clé est que beaucoup de ces engagements ne sont pas encore « actifs » et reposent sur un scénario de croissance des revenus extrêmement optimiste.

Si ce scénario se réalise, les bilans tiennent.

Sinon, on risque des pertes importantes, des renégociations de contrats, des stress de refinancement chez les acteurs les plus endettés et une forte volatilité sur les valorisations.

C’est un risque réel et concentré dans le temps (mur de démarrage 2027-2028), pas un simple bruit de fond.

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