Compte rendu de la séance de Bourse américaine du jeudi 5 novembre 2026… « deuxième alerte rouge »

Compte rendu de la séance de Bourse américaine du jeudi 5 novembre 2026

La séance a été marquée par un retournement brutal et violent.

Après le rallye historique de mercredi (lié aux résultats des élections de mi-mandat, où les démocrates ont remporté les deux chambres du Congrès), Wall Street a totalement effacé ces gains et basculé dans une forte baisse.

Clôtures des principaux indices

  • Dow Jones Industrial Average : 51 523,06 points, en baisse de 3,44 % (environ −1 833 points). Il a rendu la totalité de son gain de +3 % de mercredi (clôture mercredi : 53 356,12).
  • S&P 500 : 7 353,85 points, en baisse de 4,35 %.
  • Nasdaq Composite : 24 315 points, en baisse de 5,52 %. L’indice est entré en territoire de correction car baisse de plus de 10 % depuis son sommet d’octobre.
  • Russell 2000 : environ −4,45 %.
  • VIX (indice de volatilité) : 26,77, en hausse de +61 % environ (niveau de peur nettement accru).

La largeur de marché était extrêmement négative : environ 2 768 baisses contre 441 hausses (ratio d’environ 6,3 pour 1).

Presque tous les secteurs ont terminé dans le rouge ;

le secteur Technologie a chuté d’environ 6,2 %, tandis que les Consommation de base (Consumer Staples) ont résisté (+0,7 %).

Facteurs invoqués

Le moteur principal a été un sell-off massif sur les valeurs semi-conducteurs, IA et data centers. Les investisseurs ont rapidement « digéré » les implications d’un Congrès démocrate : craintes de régulations plus strictes, ralentissement possible du déploiement massif des data centers (moratoires locaux, coûts énergétiques et de financement plus élevés, opposition politique croissante).

L’indice PHLX Semiconductor (SOX) a plongé d’environ 10 à 12 %. Nvidia, AMD, Micron, Qualcomm, Broadcom et les « neoclouds » (CoreWeave, Nebius, etc.) ont été sévèrement touchés. Tesla et SpaceX ont également fortement baissé. Les résultats et perspectives décevants de certains acteurs (Qualcomm notamment) ont amplifié le mouvement.

D’autres éléments de contexte : rebond partiel du pétrole, baisse des rendements obligataires (10 ans vers 4,84 %), or en légère hausse.

La séance a été l’une des pires depuis le choc tarifaire d’avril 2025.

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Le revers brutal du trade IA post-midterms

Le 5 novembre 2026 restera comme une journée de bascule sur Wall Street. Le Nasdaq a clôturé en baisse de 5,5 % et est entré en correction, le S&P 500 a perdu plus de 4 %, et le Dow a rendu plus de 1 800 points.

Ce mouvement marque la prise en compte par le marché d’un risque politique nouveau sur le cycle d’investissement le plus puissant de la décennie — le déploiement des data centers et des infrastructures d’intelligence artificielle.

Mercredi, les investisseurs avaient célébré la clarté politique issue des élections de mi-mandat (victoire démocrate dans les deux chambres).

Jeudi, ils ont commencé à en mesurer les conséquences sectorielles. Les semi-conducteurs et les acteurs liés à l’infrastructure IA ont été les plus durement frappés. Comme l’a résumé Jay Hatfield, CEO d’Infrastructure Capital Advisors : « This is a true panic. This is 100% about the chip stocks and the potential slowdown in the AI trade. »

Le risque perçu est double.

D’abord, un renforcement de la régulation fédérale et des obstacles locaux (moratoires sur les data centers dans plusieurs États, opposition aux impacts énergétiques et environnementaux).

Ensuite, une réévaluation des coûts de financement et de la vitesse d’exécution du « capex » massif prévu par les hyperscalers.

UBS avait déjà alerté sur le risque que près de 30 % de la capacité additionnelle attendue en 2028 puisse être retardée ou compromise.

Les avis des « gourous » et stratèges restent néanmoins contrastés, ce qui est typique des phases de digestion politique :

  • Ed Yardeni (Yardeni Research) maintient une vision constructive. Il a déclaré que « a slowing down in the AI build-out is actually a bullish story » pour les grands groupes technologiques établis (Microsoft, Amazon, Apple…), car cela pourrait réduire les excès de dépenses, améliorer les cash-flows et limiter la pression sur les rendements obligataires. Il reste positionné sur un S&P 500 à 7 900 fin 2026.
  • Tom Lee (Fundstrat) y voit une sur-réaction. Il estime que les valeurs technologiques pourraient rebondir de l’ordre de 20 % si les hedge funds reviennent sur le secteur d’ici la fin d’année.
  • Dan Ives , habituellement très bullish sur la tech, parle d’un « gut check » et n’exclut pas unrisque de baisse supplémentaire de 10-12 % sur les semi-conducteurs à court terme.
  • Peter Boockvar s’interroge ouvertement sur le maintien des prévisions de capex massif (autour de 1,2 trillions de dollars pour l’année prochaine).
  • Mohamed El-Erian pose la question centrale : si le Congrès freine réellement l’équipement tech, le reste de l’économie et du marché peut-il continuer à croître sans le « bouclier » des bénéfices et des investissements technologiques ?

Cette séance illustre un changement de sentiment qui était jusque là latent . La speculation IA, qui avait bénéficié d’une quasi-absence de contrainte politique sous l’administration Trump, doit désormais intégrer un risque de friction réglementaire et de ralentissement relatif.

Cela ne signifie pas nécessairement la fin du cycle (la demande structurelle pour la puissance de calcul reste intacte), mais une phase de sélection plus sévère : les acteurs capables de démontrer un retour sur investissement tangible tangible et une résilience aux contraintes physiques (énergie, eau, permis) devraient mieux résister que les pure-plays d’infrastructure les plus spéculatifs.

À court terme, la volatilité devrait rester élevée

Les prochains catalyseurs seront les chiffres de l’emploi de vendredi, puis les commentaires des dirigeants tech sur leurs plans de capex, et toute déclaration politique claire sur les data centers.

RAPPEL DE MON TEXTE ALERTE ROUGE DU 18 OCTOBRE

EDITORIAL. ALERTE ROUGE, MAIS… – brunobertez.com
(publié le 18 octobre 2026)

Je decris les signes précurseurs d’une crevaison du « tout en bulles », en se concentrant particulièrement sur la correction brutale des valeurs liées à l’IA et aux semi-conducteurs :

  • L’indice SOX (semi-conducteurs américains) avait déjà reculé de 11,4 % sur la semaine, sa plus forte baisse hebdomadaire depuis la fin de la phase d’expansion numérique.
  • Corrections sévères sur les équipementiers : Applied Materials (−19,3 %), Lam Research (−17,2 %), KLA (−15,3 %), ainsi que Coherent, Marvell, etc.
  • Nvidia −6,1 % (≈ −12 % sur 8 séances), Broadcom, Micron, Intel et AMD également sous forte pression.
  • Impact mondial : KOSPI sud-coréen en chute libre, Samsung et SK Hynix très touchés, SoftBank, marchés chinois et taiwanais également.

J’insiste sur un point plus inquiétant que la simple correction des actions : la révulsion sur le crédit lié au secteur .

  • CDS de CoreWeave à des niveaux records, élargissement des spreads high-yield, tension sur SoftBank (qu’il considère depuis longtemps comme un candidat systémique), baisse de l’indice des prêts à effet de levier (LSTA).

Ma thèse de fond :

La vraie crise surviendra lorsque la communauté financière spéculative prendra conscience que les autorités ont perdu le contrôle et que leur arsenal est vide.

Je distingue :

  • Les alertes précoces (ce que l’on observe) → vigilance, réduction progressive des risques.
  • Les signaux de rupture (pas encore là) → bascule qualitative vers une crise systémique.

Selon moi, nous ne sommes pas encore dans une polycrise, mais face à une seule et même crise : l’excès de papier, de promesses et de richesse fictive, avec la course à l’IA comme épicentre apparent de la plus grande bulle de l’histoire. Il conclut : « Nous n’avons jamais été aussi près de la fin ! »

Ce texte du 18 octobre annonçait précisément le type de mouvement que l’on a vu s’amplifier le 5 novembre 2026 (sell-off massif des semi-conducteurs et de l’IA post-midterms).

Je maintiens cette analyse.

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