Un message aux jeunes par Charles Gave.

Ma première réflexion est la suivante, et je me trompe sans doute.

Toutes les gamelles que j’ai prises dans ma vie, c’était à cause de l’énergie. Cette fois-ci, je ne pense pas que ce sera le prix du pétrole qui nous fera plonger. Il pourrait même baisser.

Ce sera plutôt une hausse considérable du coût du capital, en termes réels.

La demande d’investissements est monstrueuse, et l’offre d’épargne tout à fait insuffisante. Le coût du capital va monter, mais surtout, la disponibilité du capital va s’effondrer.

Nous entrons à toute allure dans une période où le capital sera cher, et surtout introuvable. Les pays qui ont un excédent d’épargne vont la garder pour eux.

Cette hausse va détruire tous les faux actifs créés depuis vingt-cinq ans, et qui ne servent à rien. Nous allons connaître une crise asiatique inversée, en Europe et aux États-Unis : une espèce de crise de 1929, qui portera sur les contrats, et non sur les actifs productifs.

Le coup partira, je pense, de la France. Mais en général, je me trompe à chaque fois sur la première victime.

J’ai voulu écrire cette petite note pour que vous vous attachiez tous à regarder ce que j’appelle les signaux faibles : un hedge fund qui saute à Londres, une banque qui ferme ses portes en Uruguay, une boulangerie qui était là depuis toujours à Passy, La Flûte enchantée, et qui ferme.

Il s’agit peut-être d’un drame de la vieillesse. Mais tout me dit que de graves événements vont arriver, et que, comme le disait Goethe, les grandes catastrophes ont une ombre qui avance devant elles.

Charles Gave

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