Le fonctionnement de l’économie est un grand mystère; feignons d’organiser ces mystères qui nous dépassent!

Le fonctionnement de l’économie américaine est un grand mystère. Ou mieux une succession de mystères.  Nous parlons de l’américaine, mais tout ce que nous écrivons est valable pour l’européenne qui suit la même voie avec un peu de retard. Ceci devrait inciter à la réflexion. Et pourquoi pas, à la remise en question des outils intellectuels qui sont utilisés pour la comprendre. L’économie n’étant pas une science, le seul moyen de savoir si on pense juste est de prévoir juste. Si on prévoit faux, alors on a pensé faux!

Rien ne se passe comme prévu et ce depuis 2011, date à laquelle on envisageait de pouvoir sortir des politiques exceptionnelles. En 2009 , on croyait à une reprise en « V » et au risque d’inflation! On en rit maintenant, tant cela était ridicule. Soit dit en passant Kevin Warsh l’actuel favori de Trump pour remplacer Yellen, s’est régulièrement trompé sur tout quand il était gouverneur. A la limite du ridicule; il ne peut être chairman, ce serait une idiotie de plus.  Fermons cette parenthèse. Nous rappelons qu’au lieu de sortir de ces politiques, on a du en doubler les doses. En 2013 les autorités ont cru que l’on était sur la bonne voie et elles ont murmuré dans l’oreille des marchés que l’on pouvait envisager le Taper, c’est à dire le début de la normalisation. Hélas, le « conundrum » est apparu, les marchés obligataires ont failli sombrer et face à la menace de dislocation il a fallu abandonner sinon  l’idée du moins le calendrier. En Aout 2014, rechute, les indicateurs se dégradent et les tendances se brisent. La suite vous la connaissez, risque d’éclatement de la bulle chinoise en 2015, descente aux enfers des matières premières et surtout du pétrole, ce qui débouche sur une intervention globale concertée en 2016, en février pour bétonner tout cela en panique.

l’histoire économique récente est l’histoire d’une succession d’erreurs de gestion et  d’erreurs de prévisions. Le coeur de cette histoire, c’est la volonté des autorités faire monter l’inflation à 2% pour alléger le poids des dettes. Elles nous ont dit que leur politique visait à cela. Hélas, malgré un sursaut d’un mois, provoqué par la remontée des cours du pétrole, l’inflation n’a jamais réussi à s’établir au dessus des 2% faitidiques. La semaine dernière Yellen a jeté l’éponge, elle a reconnu qu’elle ne comprenait rien, que l’inflation était un mystère, un de plus et qu’il fallait abandonner le guide que constituait la courbe de Phillips qui relie le marché du travail à la hausse des prix.

Le revenu disponible a décroché, si on ne distribue pas de revenu, il n’y a pas de reprise normale ni de la croissance ni de l’inflation.

Le plein emploi ne fait plus monter les salaires et les prix.

Stagnation des salaires, =stagnation de l’inflation, pas de revenus, pas d’inflation!

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Nous avons éclairci  ce mystère à de nombreuses reprises; on ne  peut fabriquer d’inflation sans enclencher l’échelle de perroquet entre les salaires et les prix, mais les élites et les kleptos ne veulent surtout pas que les salaires puissent monter car cela mettrait en danger une profitabilité déjà insuffisante.

La lutte pour l’inflation: un échec de longue durée.

Un à un tous les éléments qui composent la théorie économique des autorités s’effondrent. Personne n’en parle mais un pan entier s’était effondré quand,  malgré les taux d’intérêt nuls, malgré l’argent gratuit, on avait constaté que les dépenses d’équipement des entreprises  stagnaient! faute de revenus gagnés, les consommateurs ne consomment pas.

Ci dessous l’évolution des ventes au détail: elles s’inflêchissent vers le bas.

Eh oui le keynésianisme n’est plus ce qu’il était ma brave dame. Le trashing, l’avilissement  de la monnaie et des taux ne déclenchent plus l’investissement, ils font exploser … la spéculation.

Depuis la fin 2016, on est parti sur une autre idée: les Trumponomics vont résoudre tous les problèmes, la croissance va s’accélérer avec les dépenses budgétaires, avec le retour des déficits fiscaux. Le dollar va remonter; les taux longs vont monter etc etc. Et puis là encore rien ne se passe, la croissance rechute au 3e trimestre, celui en cours, le dollar est baissier , les taux longs n’arrivent pas à décoller, la pente des taux reste misérable, pointant plus vers le risque de rechute que d’accélération.

Dernier refuge des illusions, la réforme fiscale de Trump. Le document de 15 pages qui a été publié est une farce, tant il est inconsistant. Il ne comporte aucune baisse sérieuse des impôts des classes moyennes pour la bonne raison que les classes moyennes ne paient que très peu d’impôts sur le revenu et que beaucoup d’américains ne paient aucun impôt sur le revenu. La seule chose qui serait efficace sous tous les aspects ce serait une suppression de la « Labor Tax », la taxe sur les salaires, mais il n’en est pas question. . La baisse des impôts des entreprises est un trompe l’oeil car concrètement dans la pratique les entreprises échappent aux taux théoriques qui sont mis en avant pour faire ressortir une baisse. Les taux effectifs sont beaucoup plus bas.  Dans le meilleur tout cela jouera sur moins de 1% du GDP et aura , toujours dans le meilleur des cas, une incidence de +0,4% sur la croissance au prix d’un sévère accroissement des déficits sur 10 ans!

Les graphiques ci dessous illustrent tout cela.

Les indicateurs économiques dits « hard », c’est à dire ceux qui sont vraiment enregistrés et ne dépendent pas de l’opinion des gens, ces indicateurs sont très médiocres. Les surprises vont dans le mauvais sens, le sens négatif, plein sud!

 

La divergence entre les enquêtes d’opinion, fondées sur l’espoir et les indicateurs réels, concrets ne cesse de se creuser.

L’évolution des cours de Bourse est de plus en plus déconnectée du réel, à la limite du délirant.  Le délire est mesuré par l’écart entre la courbe verte ci dessous et la courbe rouge.

Les autorités sont paumées, il n’y a pas d’autre mot; paumées. Elles se contredisent, elles bégaient, elles divergent entre elles, elles ne parviennent même plus à sauver la face.

Heureusement pour elles, les médias sont nuls, ils n’y comprennent rien et prennent sous la dictée . Les gouvernements élus par le peuple ne comprennent ni l’économie ni la chose monétaire et ils sont à la solde des kleptos lesquels sont les vrais patrons des banques centrales. Et il ne faut pas qu’il soit dit que « cela ne marche pas »

Quant aux représentants des peuples, … il n’y en a plus.

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