La répression financière en pratique; c’est bien sur un choix purement politique

La répression financière actuelle, douce, lente, progressive,  n’est rien à côté de celle qui va intervenir sur tous les actifs financiers lors de la remontée des taux d’intérêt . Celle là sera sanglante  sur les actions, les fonds d’état, les placements collectifs.

La répression financière a pour objectif d’organiser le transfert des richesses des ménages et de leurs institutions de prévoyance vers l’état, les banques, les grandes entreprises, les ultra-riches  et tout le système financier. Au nom de l’intérêt général bien sur.  On prend dans la poche des uns (Dupont)  pour transférer dans la poche des autres (Arnault, Lagardère, Niel, Bouygues …) .

La répression financière a de multiples formes:

-la publication d’indices de hausse de prix corrigés qui ne traduisent pas le véritable renchérissement et la vraie dépréciation de la monnaie

-taux d’intérêt négatifs , inférieurs à la hausse du coût de la vie

-les impôts et taxes qui amputent des revenus quasi nuls et des plus values toujours fictives

-taux nuls qui permettent aux endettés de ne rien payer  pour jouir de l’argent des autres et de reporter leurs échéances gratuitement

-la vente au public d’actifs financiers bien au dessus de leur valeur et ainsi d’enregistrer sur son dos une plus value colossale.

-la volatilité, le chaos , la peur qui secoue ce que les banques appellent le cocotier; les plus faibles lâchent, bradent leurs actifs parce qu’ils ont peur

-les frais spoliateurs à l’entrée des véhicules de  placement collectifs et encore plus à la sortie.

Il y a encore beaucoup d’autre possibilités, mais avec celles là vous êtes deja bien laminés/rincés.

Il y a connivence, complicité institutionnelle entre le fisc, le gouvernement, les banques  , la banque centrale, les grosses entreprises, les ultra riches qui  ne travaillent qu’avec des dettes,  pour organiser ce que j’appelle le pillage du fonds d’épargne du pays au profit d’une classe sociale . La concurrence que le crédit fait à l’épargne est en soi déjà une répression financière.

Personne n’en parle, même pas les syndicats pour deux raisons :

-ils sont idiots et ne comprennent pas que la défense  du pouvoir d’achat de l’épargne  des salariés est aussi importante que celle du pouvoir d’achat des salaires en ce monde ou les retraites vont fondre comme neige au soleil.

-ils sont misérabilistes, pour eux quelqu’un qui épargne est un riche!

Le surendettement des gouvernements, la situation de réelle insolvabilité du système bancaire, le refus des ultra riches de remettre de l’argent pour reconstituer le capital bancaire ou financer leurs investissements, tout cela se conjugue pour faire de vous la vache à lait, le mouton. Au lieu de prélever sur les ultra riches et de les appauvrir on préfère vous tondre. La répression financière est un vol sur lequel personne n’a voté.

Vous avez été conseillé par votre guichetier; il vous a dit que rien ne rapportait quoi que ce soit et que la seule solution c’était de souscrire à des véhicules de placement collectifs plus risqués qui eux rapportaient en apparence encore un petit quelque chose.

C’est l’effet d’entonnoir qui a fait se déverser l’épargne sur les véhicules plus risqués et surtout totalement surévalués. Normal qu’ils soient surévalués puisque tout le monde et son chien s’y est mis. On a créé une demande artificielle pour gonfler les  prix de tout ce que vous avez acheté. Puis une fois que toutes vos économies ont bien été piégées, on va remonter les taux d’intérêt. Bien entendu tout ce que vous avez acheté trop cher va baisser et dans certains cas s’effondrer! Rassurez vous les  grandes banques, les grandes entreprises ne sont pas folles, elles , elles auront vendu avant vous, elles vous auront vendu ce que vous, vous avez acheté. Coup double elles gagnent et à la hausse et à la bai(s)se. C’est ce que j’ai souvent décrit comme le coup de l’accordéeon.

Le croc à Phynances du Père UBU va bientôt passer, on le sait , les gros, les très gros, le « smart money » est en train de vendre. Les gogos achètent. Le dispositif de ratissage est toujours place: on va faire exprès de prendre du retard dans la rémunération minuscule de l’épargne pour l’inciter à aller se faire piéger. Deja Macron vous a dit , à vous qui n’avez pas vocation à prendre des risques, deja Macron a dit qu’il voulait canaliser l’épargne vers des placements dits productifs. Il veut que vous fassiez le relais des ultra riches! Du coup il s’est cru autorisé, justifié à tuer l’immobilier ou à l’amputer.

Que rapportera l’épargne en 2018 ? Pas grand-chose dans la plupart des cas. Et rien si vous savez compter.

De fait, les épargnants ne doivent pas s’attendre à des miracles entre des rendements toujours sous pression et une inflation attendue à 1,1% par l’exécutif. Les taux réels seront même négatifs pour de nombreux supports.

Livrets réglementés

Comme souhaité par le gouvernement, le taux du Livret A et du LDDS devrait rester à 0,75% tout au long de l’année 2018, c’est-à-dire en dessous de la prévision d’inflation.

Concrètement, un capital placé sur le livret A génèrera bien 0,75% d’intérêt. Mais du fait de l’évolution attendue des prix, ce capital risque de perdre 0,35% de pouvoir d’achat sur l’année. Avec ca votre retraite est bien préaprée, elle rétrécit.

Livrets bancaires

Les livrets bancaires ordinaires rapportent 0,30% en moyenne (taux de base). Certes, il ne faut pas exclure une hausse en 2018. Mais il paraît improbable que les taux remontent suffisamment pour dégager des rendements réels positifs. D’autant que les intérêts sont ici fiscalisés et seront en 2018 soumis à la flat tax de 30%.

En tenant compte de la fiscalité et de l’inflation, il faudrait qu’un livret offre 1,58% brut pour simplement préserver le pouvoir d’achat du capital placé. A priori, peu de livrets seront dans ce cas.

PEL

Longtemps utilisé pour son taux attractif, le PEL sera raboté en 2018. Seuls les anciens plans (au taux supérieur à 1,5%) dégageront encore des rendements réels positifs. En revanche, les plus récents (taux brut de 1%, soit 0,83% net) ne permettront même pas de protéger le capital de l’inflation.

Pire, les plans ouverts en 2018 seront soumis à la flat tax. Avec un taux net de 0,7%, leur rendement réel sera de -0,4%.

Assurance-vie en euros

Selon les projections du cabinet Facts & Figures, les fonds en euros devraient afficher un rendement moyen de 1,4% en 2018 avant de remonter par la suite.

Avec des prélèvements sociaux à 17,2%, la performance nette du marché est donc attendue autour de 1,16%. Soit peu ou prou l’inflation. En résumé, l’assurance-vie en euros aura un rendement réel quasiment nul l’an prochain.

Enfin, il ne faut pas oublier que ce chiffre est une estimation moyenne. Beaucoup de fonds seront en dessous de ce niveau et ne permettront pas d’éviter une érosion du capital en 2018.

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Une réflexion sur “La répression financière en pratique; c’est bien sur un choix purement politique

  1. Excellent article, comme a votre habitude, mais cette fois en plus, il parle de notre quotidien, de nos possibilités de placements en tant qu’épargnant. Bon, pas très réjouissant l’avenir de nos petites économies au travers de tout ces supports bancaires…

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