Altice/SFR aux abois, rumeurs, démentis. Quand le risque refait surface.

Altice est confronté depuis le 3 novembre dernier au cercle vicieux du doute sur sa solidité financière, qui a divisé par deux son cours de bourse en onze séances . Rien de tout cela n’étonne nos lecteurs et ceux de Lupus.

Toutes les affaires champignons sont destinées à mordre la poussière lors des resserrements monétaires, quand les conditions financières se resserrent.Et les amis politiques ne sont jamais là quand on a besoin d’eux.

Il va en être de même pour une autre affaire champignon batie sur du sable, financièrement parlant s’entend, : je veux nommer Tesla.

L’affaire Tesla est un rêve, sa consommation de cash est colossale, les perspectives industrielles sont aléatoires, sa comptabilité est hédonique, mais le cours de Bourse est élevé et le rating financier très très vulnérable.

Tesla est un Enron en attente d’arriver.

Pensez-y . Nous sommes dans ce que Soros appelle la reflexivité, ce qui se passe sur le marché rejaillit sur le réel et ensuite revient valider le marché en un cercle vicieux.  Des accidents vont arriver et en eux même ils valideront les risques sur le High Yield, feront monter les spreads, empêcheront les refinancements et les financements et ainsi se précipiteront les défaillances.

Le point faible du système ce ne sont pas les taux, mais le risque, le prix du risque! Tout a été pricé pour la perfection avons nous encore écrit hier, mais le monde réel ne sera jamais parfait!

 

Drahi a construit un groupe champignon de bric et de broc  en endettant son holding et ses divisions (et certainement lui même également), mais en mettant en face des emprunts des espoirs d’importants flux de trésorerie.

Les renégociations menées cette année sur la dette, très suivies, montrent bien que le marché était avide de ce papier. Tant qu’aucun grain de sable ne vient gripper la machine, cette stratégie ne pose pas vraiment de problème. Or grain de sable, il y a eu. La stratégie adoptée par le holding dans les télécoms en France et dans une moindre mesure au Portugal est un échec et va réduire la génération de liquidités. Cela a coûté sa place à Michel Combes, un dirigeant expérimenté dont le départ a ajouté à la confusion.

« L’investisseurs sceptique a contaminé l’investisseur prudent, qui juge désormais la situation à risque et qui retire ses billes ».

La maison est en feu

Et les rumeurs fusent désormais. A tel point qu’Altice, qu’on a connu plus discret dans ses échanges avec le marché, a dû publier  cette nuit ‘un communiqué. Altice ne prépare pas de levée de fonds… et n’envisage rien de tel, y explique le management, en ajoutant que la maison-mère Next n’a aucun prêt sur marge exposé à Altice et n’a pas cédé un nombre important de titres depuis l’entrée en bourse.

Par ailleurs, Altice précise que les ventes de titres par le directeur financier en septembre 2017 ont été réalisées par un intermédiaire financier selon un échéancier prédéfini et que les cessions réalisées par le secrétaire général en septembre et en novembre sont intervenues suite à des événements de la vie imprévus.

Altice consacre un paragraphe à son plan de désendettement, qui passe notamment par la vente d’actifs non-stratégiques en Europe, qui devraient être réalisées dès le premier semestre 2018. Le groupe souligne aussi qu’il n’existe pas de « covenants » spécifiques ou de mécanismes liés au cours de l’action sur sa dette.

Enfin, il rappelle que la maturité moyenne de sa dette est de 6,3 ans et qu’il n’existe pas de maturité majeure pour SFR avant 2022, pour Altice International avant 2023 et pour Suddenlink avant 2020.

Cela suffira-t-il à éteindre l’incendie ? Pas sûr, car tous les professionnels savent bien que les choses sont plus complexes que ne le dit Drahi et que pour faire du cash il faut vendre et quand on est obligé de vendre, il faut trouver des contreparties. Et elle ne font pas de cadeaux!

Dans un monde financier qui connait parfaitement la situation déplorable du secteur des telecoms miné par la guerre des prix,  et à l’affût de la moindre information négative,  les marchés ne sont pas prêts a faire confiance à l’aveugle.. Ils veulent du concret et vite.

Il y à urgence à casser la spirale infernale, qui s’alimente chaque jour de nouvelles données. L’espoir et les promesses ne suffiront pas. Avec la prochaine hausse des taux, les charognards vont se mettre à l’affut des canards boiteux et les attaques sont s’auto valider par les spreads et les assurances .

La fin de l’argent bon marché, la rumeur d’utilisation d’actions Altice comme collatéral de certains prêts, la fermeture du robinet du financement, la fin de certains soutiens bancaires politisés,  tout cela qui sonne le glas de la stratégie de Drahi; c’est la fin d’un rêve.

Peut il se replier et sauver quelque chose de plus restreint? C’est en fait la question.

 

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