Pour comprendre. Les bulles: l’analyse mystificatrice d’une banque TBTF.

Vous trouverez ci dessous le résumé de ce que le Chief Economist de l’UBS a à dire sur les bulles.

Cela mérite que nous nous y attardions car ce résumé est bon, il est significatif et symptomatique de la pensée de l’establishment. En fait, nous ne  savons pas si c’est ce  que Paul Donovan pense, peut être pense -t-il tout autrement, mais il ne l’écrit pas, il ne le publie pas, ce ne serait pas politiquement correct n’est ce pas?

-1) D’abord on voit que les bulles tombent du ciel , ce serait la Quatrième Révolution industrielle qui ferait que les marchés financiers seraient enclins aux bulles! Ah bon et par quel miracle l’industrie serait-elle responsable des bulles qui elles, sont financières et monétaires? Paul oublierait il les enseignements de l’ami Milton qui affirme que l’inflation est toujours un phénomène monétaire et en particulier l’inflation du prix des actifs financiers? Comment trouver des acheteurs en chaine pour créer une bulle si la quantité de pouvoir d’achat est limitée? Les bulles sont un phénomène monétaire, pas un phénomène industriel.

L’affirmation de Paul Donovan permet d’éviter de s’interroger sur la véritable origine des bulles qui est :

-d’abord dans le système monétaire avec la création illimitée de monnaie par le biais du crédit par le secteur bancaire et par les  marchés par le leverage;

-ensuite par la politique de banques centrales qui manipulent  souvent dans le sens  de la baisse les taux d’intérêt  et forcent  à la course au  rendement et à la surévaluation  coute que coute et

-enfin à l’insuffisance de la profitabilité endogène de l’économie qui oriente les capitaux vers la spéculation/le Ponzi.

Le tout accompagné de la promesse que cela durera, c’est à dire que le risque n’existe pas , il est extériorisé.

-2) Les bulles sont produites par l’incertitude de la valeur fondamentale. Elles ont un rapport avec l’innovation dans les assets ou dans les instruments. On ne les voit qu’après coup affirme notre auteur. Mais une question se pose pourquoi l’incertitude qui est pénalisante pour les investissements et le calcul économique, incercitude qui devrait produire un élargissement des primes de risque,  pourquoi se traduit elle par son contraire: l’euphorie spéculative?

On notera que les affirmations du chef economiste de l’UBS permettent de conserver le mythe de la valeur fondamentale et d’exonérer les changements de paradigmes monétaires et financiers. La valeur fondamentale il faut en maintenir le mythe puisque c’est le gagne pain des analystes et des économistes; elle ne sert à rien mais si on la supprimait il n’ y aurait plus besoin d’économistes et d’analystes, les gestions passives suffiraient … beaucoup de chomage en  vue!

-3) les bulles sont un mécanisme de transfert affirme ou reconnaît Paul. Bravo enfin quelque chose sensé: il s’agit de faire passer l’argent des uns vers la poche des autres.

Mais qui sont les autres qui bénéficient de ce que nous, nous appelons les coups d’accordéon? Réponse les gagnants sont ceux qui ont vocation structurelle à prendre des risques et les perdants ce sont ceux qui ont vocation structurelle à ne pas en prendre: le public et son épargne collective.

Les bulles sont un moyen de transférer l’argent de la poche des moins avertis vers les coffres des plus sophistiqués. Les plus sophistiqués sont : les gouvernements, le système des grandes banques TBTF, la classe kleptocratique, les grandes entreprises internationalisées. Pourquoi?  Parce qu’ils sont équipés, parce qu’ils ont l’éternité devant eux et surtout parce qu’ils partagent avec les banquiers centraux les secrets du système, ils sont initiés structurels, c’est le Crony capitalisme.

Les bulles sont un mode de gestion complémentaire du leverage et de la monnaie discrétionnaire mis en place pour compenser l’insuffisance du taux de profitabilité des riches, des banques, et bonifier les ressources des gouvernements.  Ils  en veulent toujours plus même si leur stock de capital est devenu trop élevé pour être rentabilisé; ils en veulent toujours plus pour payer les dépenses sociales qui assurent leur maintien au pouvoir.

-4) les bulles ne sont pas si graves que cela car on peut mitiger leurs conséquences négatives affirme le penseur de l’UBS.

Il suffit de les cantonner, c’est à dire de limiter les pertes à une classe sociale. C’est ce que Greenspan appelait la « dissémination du risque », traduisez le mot « risque » par pertes. Il faut que les acteurs importants systémiques, les TBTF soient épargnés; donc il faut les informer, les prévenir, il faut être transparent, bien sur en langage codé. Ce sont les guidances, les diners en ville, les tourniquets professionnels, les coucheries du Crony capitalisme.

Interrogé sur les pertes qu’allait subir le public quand les taux allaient monter la réponse de Bernanke a été un modèle de cynisme: il faut bien que tout le papier émis soit détenu… sous entendu et c’est normal qu’in fine il se retrouve dans les mains du public. Ben voyons!

Paul Donovan, UBS:

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