Editorial: les élites ont cessé de rechercher le consensus, elles passent en force. Une analysede la situation , y compris militaire.

Ils ont osé, faut il que les enjeux-cachés-soient gros pour que ces trois chefs d’état aient pris le risque d’aller contre le bon sens , contre la vérité et contre la logique en lançant des frappes contre la Syrie!

Les bombes ont été lâchées au dessus de Damas, une des plus vieilles cités du monde, ce qui permet aux jihadistes de renaître et de recommencer à gagner du terrain et de brûler les églises, d’encager les femmes et, personne n’ose en parler d’établir des boucliers humains avec les enfants. Les jihadistes sont en train d’attaquer les faubourgs ou se trouvent regroupées les communautés chrétiennes.

Selon les dernières informations, bien entendues non confirmées car lorsque l’on est en guerre, la première victime, c’est la Vérité, selon les dernières informations, sur la centaine de missiles  de croisière lancés par les trois agresseurs, 71 ont été abattus.

Les pertes dans l’armée Syrienne dit-on sont négligeables et le plus évident est que ces frappes ne peuvent que gonfler la haine contre les USA, la France et les Britanniques chez les populations civiles. Les autorités syriennes mettent en avant le fait que la population resserre les rangs derrière son chef.

On ne peut manquer de faire le rapprochement de ces frappes absurdes et dépourvues de toute portée stratégique avec la tournée que vient de faire le dictateur saoudien , MBS auprès des trois pays agresseurs. Les chefs d’état de ces pays ne consultent pas leur peuple, pas les représentants de leur peuple, mais ils se concertent avec un dictateur qui noie le Yemen sous un déluge de bombes et de missiles! Cette tournée honteuse est une sorte de dévoilement.

Les critiques ne viennent pas que des peuples et des médias alternatifs, l’ex Secrétaire à la Défense américain, Panetta a déclaré sur MSNBC que les USA n’avaient pas de stratégie en Syrie. Pourquoi la France en aurait elle une , elle qui n’est qu’à la remorque ?

Ils ont osé frapper en précipitation, en catastrophe même pour devancer l’arrivée de la mission de l’OPCW chargée d’enquêter objectivement sur la supposée attaque chimique. Rien que le fait que les trois agresseurs aient voulu devancer l’arrivée de la mission est une preuve, un révélateur de la manipulation. Quand on est sur de ce que l’on affirme et que l’on sait en même temps qu’une grande partie de la communauté nationale et internationale en doute, il est évident que l’on attend les preuves irréfutables de ce que l’on avance. Le porte parole de l’Organisation pour la Prohibition des armes Chimiques -OPCW-a  confirmé ce matin, ce matin donc, que l’équipe était en chemin et qu’elle allait commencer sa mission dès le samedi 14!

A noter que dans un communiqué du Departement d’Etat, les USA prétendent avoir détruit les infrastructures des installations qui produiraient des armes chimiques à Damas! Ben voyons!

Au plan stratégique, tout cela ne signifie rien et comme nous l’analysons depuis plusieurs semaines nous sommes à la fois dans le mensonge-quant aux motivations- et dans le simulacre -quant à la portée des actions-. Ce ne sont que des gesticulations.

Ce sont des actions qui, certes vont re-destabiliser la région, compliquer la lutte contre ISIS, prolonger les combats, rendre le monde encore plus chaotique, et bien sur encore plus clivé.

Ce sont des actions dont le vrai sens la vraie signification est là, dans le mot clivé, l’objectif est le clivage, la division du monde entre différents camps. Ces actions sont ce que l’on peut appeler des mises en ordre du monde , elles classent, elles établissent des partitions entre ceux qui sont « pour » et ceux qui sont « contre ». Elles forcent à s’aligner ou à choisir de ne pas s’aligner et c’est la véritable fonction de ces provocations et de ces simulacres: obliger à choisir un camp. La division du monde est bien entendu la conséquence obligée du choix en faveur d’un monde hierarchisé, unilatéral. 

Les Allemands l’ont révélé très clairement et cela se lit tout à fait aisément dans les déclarations. Participer est une marque d’allégeance, un gage de soumission à l’unilatéralisme des anglo saxons . Et il est tout à fait significatif que Macron ait donné ce gage, lui que nous soupçonnions, depuis le début, d’être de ce côté là;  du coté de la ploutocratie financière et monétaire, du côté de ceux qui ne produisent pas mais jouent sur les écarts, les différences. Nous sommes au coeur du clivage du monde: d’un côté le monde de la productions, le capitalisme rhénan, de l’autre le monde de la circulation du pognon, le capitalisme financier.

Il est significatif que ni les Allemands ni les Italiens n’aient accepté de participer à ces entreprises guerrières, tout en étant partenaires dans l’OTAN, ils se sont désolidarisés et c’est à notre avis un très gros échec pour le camp belliciste. Il suffit de de lire les commentaires de la presse allemande ces derniers temps pour comprendre que le fossé s’élargit et que Macron cherche sa légitimité non du côté de l’Europe ou du côté de son peuple mais ailleurs, chez les étrangers, le parti de l’étranger comme dirait le Général.

Au lieu que l’on reconstitue l’unité et la solidarité dans l’ex camp atlantique, on donne à voir les lignes de rupture, les lignes de partage et c’est à notre avis extrêmement important. Il faut se souvenir que Macron et Merkel s’étaient rapproché pour nous faire croire à des initiatives de  défense commune, ces comédies nous paraissent dérisoires!  Comment avoir une défense commune si on a des options de politique étrangère divergentes; mais il est vrai que cela indisposait les atlantistes et super atlantistes  que sont les anglo saxons.  Ce qui vient de se passer montre qu’un rapprochement franco allemand au plan militaire et défense ne peut être que de la poudre aux yeux.

Nous avons insisté ci dessus sur la véritable fonction de ces simulacres, à savoir leur fonction de division et de clivage? Cela est vrai au plan extérieur  mais également vrai au plan intérieur. 

Les chefs de gouvernements savent bien que leurs actions de guerre et leurs positions  de politique étrangères  ne sont pas soutenues par les peuples, les peuples  en ont marre des guerres, des migrations, de dépenses idiotes et des mensonges qui les accompagnent. Mais les gouvernements ont cessé de rechercher les consensus et les unités nationales nous sommes dans un régime de cynisme généralisé, les gouvernements passent en force et on l’ encore vu ces derniers jours lors  des interventions de Macron sur les médias:  ils ne sont pas contents , oui et après? 

Le cynisme a remplacé la recherche des consensus et le viol des consentements populaires est devenu une pratique institutionnelle. Il se fait maintenant à la faveur des institutions politiques scélérates qui permettent de construire des majorités bidons, des majorités minoritaires. Les institutions politiques permettent de gouverner sans le peuple  grâce au rejet des  extrêmes, même si ces extrêmes sont majoritaires.

Toute l’habileté des ingénieurs sociaux et politiques consiste à rejeter les extrêmes hors du champ politique efficace et en même temps à les monter les uns contre les autres, bref on construit des extrêmes et on fait en sorte qu’ils ne puissent s’entendre. Il faut dire qu’ils sont aidés par les simplets qui servent de dirigeants aux (mal)formations politiques extrèmes, je pense à Mélenchon et Marine.

Cette construction permet de gouverner avec les gens sans conviction, les indécis, sans squelette, le  marais, le centre , ce que j’appelle le trou du cul de la politique.

Je vous conseille de relire et de réflechir sur mon dernier éditorial dont le résumé est éloquent , il permet de comprendre la liaison étroite, l’articulation de l’intérieur et de l’extérieur et ce au sein d’un même projet des élites: perpétuer leur ordre inique, leur désordre.

Une interprétation de la situation actuelle et des combats..

Résumé: il est soutenu dans ce texte très audacieux mais fondé sur un examen serré des données que les puissances occidentales font un amalgame entre leur ennemi de l’intérieur, les populistes et leur ennemi de l’extérieur les Russes.

Un peu comme cela s’est opéré lors de la guerre froide ou il s’agissait de lutter contre la menace communiste à l’intérieur et la menace soviétique à l’extérieur.

La crise et l’affaiblissement des pays occidentaux  par la dislocation sociale en cours, les conduit à prendre très au sérieux cette similitude historique.

Les occidentaux croient qu’il y a un créneau pour neutraliser les Russes et leur refus de l’unilatéralisme, leur refus de l’ordre impérial actuel. Ils pensent qu’il faut le faire car le populisme progresse et il progressera encore plus lors du prochain retournement conjoncturel avec la remontée du chômage.

Je soutiens , je sais c’est audacieux , qu’en affrontant  les Russes les élites occidentales ne cherchent rien d’autre qu’à pérenniser leur ordre social. 

En fait ils combattent leur propre peuple et en tous cas la partie de leur peuple qui refuse l’ordre inique et scandaleux actuel.

 

 

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12 réflexions sur “Editorial: les élites ont cessé de rechercher le consensus, elles passent en force. Une analysede la situation , y compris militaire.

  1. Excellent article, merci ! Qui rejoint entièrement ce que je pense des faux simulacres / vraies manipulations en cours (eurasia = Russie ?). Je pense que je vais de ce pas relire 1984 de George Orwell afin de connaître la suite des évènements. A commencer par le chapitre dans lequel de fausses organisations d’opposition attirent les réfractaires afin de mieux les neutraliser.

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  2. J’ai une opinion peut-être un peu divergente:la Syrie est le lieu actuel où se mene la guerre sans merci du deepstate qui cherche à eliminer Trump en l’accusant de collusionavec Poutine.
    Des lors, quand il a annoncé vouloir se retirer de Syrie les neocons ont preparé ce piege dont il lui est tres difficile de s’echapper:
    -soit il ne fait rien et la collusion est averée
    -soit il attaque, les russes ripostent et les neocons ont la guerre qu’ils attendent depuis longtemps

    Je soupçonne un accord discret Trump/Poutine pour une operation spectaculaire mais sans degats afin de sortir du piege

    Bien sur un president français « jeune » est tombé dans le panneau, l’axe germano/italien a flairé le coup tordu

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    1. Je soupçonne un accord discret Trump/Poutine pour une operation spectaculaire mais sans degats afin de sortir du piege.

      Tout a fait d’accord avec vous. Pour illustrer cette hypothese il suffit de regarder house of cards, quand le president americain (ou sa femme) negocie en sous main avec le president russe. Je ne m’etonne plus que la serie a ete arretee, elle etait bien trop « explicite et pedagogique » pour une serie grand public.

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  3. Très bon article, sur le fond comme sur la forme.
    Mais je suis pour ma part assez optimiste. La Russie ne peut plus tomber, simplement parce que l’occident (au sens d’ensemble de pays gouvernés par les USA) a voulu trop en faire. A mon sens, il a commis une erreur colossale en fomentant un coup d’Etat en Ukraine, et depuis tout va mal pour l’occident, car cela a accéléré une véritable association Chine Russie. Si bien que la Russie n’est plus en situation de chuter au plan économique (grâce à l’aide chinoise, même si ça lui coûte la technologie des S400) d’autant qu’elle s’y prépare depuis 4 ans. Et comme militairement elle est déjà plus forte que l’OTAN, la suite est facile à imaginer: la chute de la maison occident, la seule inconnue, est-ce que ce sera rapide ou lent. Pour moi, ce n’est qu’un combat d’arrière garde (et par certains côtés ça me coûte de le dire comme de ne pas être russe)

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