Billet. Un jour, le système s’auto détruira.

Notre époque , et j’entends cette époque de crise financière latente, notre époque a le chic pour couper les cheveux en quatre, pour se perdre dans des débats dont la réponse est pourtant évidente.

Toutes les questions que les marchés, les économistes et les démiurges/prophètes  eux même se posent se résument en celle ci: est ce que cette fois c’est différent? Ou bien encore formulé autrement, est ce que les enseignements du passé valent encore quelque chose? Ou bien encore est ce que les recettes que l’on utilisait avant sont encore bonnes?

Si cette fois ce n’est plus comme avant alors l’expérience ne sert à rien, il faut explorer, inventer et attendre de voir si on a vu juste. Il faut se soumettre à la dictature du présent.

Exemple: les valorisations des actions. Elles sont 2,7 fois ce qu’elles étaient dans l’histoire et impliquent que dans le long terme-disons 12 ans- la performance réalisée par les investisseurs sera nulle ou négative.

Exemple les marges bénéficiaires des entreprises- marges sur chiffres d’affaires- ; elles vont de records en record pulvérisant les ratios antérieurs, est ce que ces marges sont extrapolables? Peuvent elles continuer à monter, rester à ce niveau?

Exemple le pouvoir d’achat des salariés/consommateurs , est ce qu’il peut continuer d’être insuffisant pour faire tourner la machine et être remplacé à perpétuité par l’accroissement des dettes ?

Exemple  les taux d’intérêt, les taux d’intérêts réels sont nuls, la rémunération de l’épargne est nulle hors le  jeu du Ponzi , peut-on se passer totalement de l’épargne grâce au crédit et à la monétisation?

Exemple la paupérisation, peut on continuer à faire monter le taux d’exploitation  des salariés , à les mettre en concurrence avec les moins disants mondiaux et ainsi les laminer?

Vous avez compris ou je veux en venir:

au fond ce sont toutes les mêmes questions et en dernière  analyse elles se posent ainsi; est ce que le système peut continuer à aller de l’avant, à se reproduire selon l’ordre social, politique et géopolitique actuel.

Personnellement je ne crois pas aux miracles, je crois à la Loi de la Valeur, je crois à la Nécessité, je crois à la Rareté et donc je crois à , un jour, une ultime Réconciliation. La réconciliation étant celle des signes avec le réel, étant celle des promesses et des ressources pour les tenir.

Les illusions pour tenir ont besoin d’être sans cesse validées et le mode de validation qui est utilisé est identifié, c’est l’inflationnisme.

L’inflationnisme c’est la production continue de nouveaux signes monétaires dans le but de résoudre toutes les contradictions, de tout solvabiliser, de transformer tous les problèmes de stocks en problèmes de flux. L’inflationnisme fait des-ancrer les signes, il fait en sorte qu’ils cessent d’être des reflets du réel et peu à peu il disjoint tout, il crée un monde imaginaire, un monde de valeurs imaginaires.

Ce monde est instable, spéculatif, fragile, il n’a pas de consistance, il appelle toujours plus.

Il s’autodétruit par le caractère systématique de la production d’inégalités. Il détruit le capitalisme productif en faisant en sorte qu’il est plus avantageux d’acheter du papier et des billets de loteries que des machines. L’inflationnisme est une contradiction interne du système car il l’auto détruit, il le ronge, il le sape.

L’inflationnisme  est une tromperie ou plutôt il repose  sur une tromperie,  sur l’acceptation par les agents économique de la monnaie, des signes monétaires qui, en logique ultime ne peuvent rencontrer la réalité, ne peuvent trouver leur valeur, leur contrepartie. Et la tromperie ne peut durer que le temps que les agents économiques mettent à comprendre, à prendre conscience.

Un système ne dure que d’être non su, non compris, enfoui dans l’ignorance.

Celui qui fera fortune , une fortune immense, sera celui qui mettra au point un outil pour mesurer la progression de la prise de conscience en cours du système par lui même. Celui là sera capable de jouer contre le système.

Il y a toujours prise de conscience j’en suis plus persuadé que jamais.

Ce que j’ai vu depuis depuis 2008 me renforce dans ma conviction: qui aurait cru que 9 ans  ou 10 ans après , la politique des démiurges serait démystifiée, qu’elle apparaitrait aussi nettement pour ce qu’elle est , cynique malhonnête, scandaleuse? Pour l’instant la prise de conscience de la réalité nue de cette politique est encore limités, mais cette prise  de conscience gagne, ainsi on achète en bourse pour en profiter, pour jouer le fait que les démiurges sont coincés, dans l’impasse.

Il y a toujours apprentissage, cet apprentissage fut il non-su, inconscient, non-formulé.

On s’adaptera à l’inflationnisme et ce sera la fin de la Grande Experience , de la Great Experiment.

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5 réflexions sur “Billet. Un jour, le système s’auto détruira.

  1. Encore un article de Bruno Bertez dont la lecture devrait être obligatoire !

    Je l’aime cet article, je le trouve vraiment porteur d’espoir !

    Non les voyous bank$ters qui nous gouvernent ne gagneront pas au bout du compte…
    Il y aura bien une justice en ce bas monde : Uber, Tesla, Snapchat, Netflix et même (et surtout) Amazon, … ne seront pas en situation de voir leur valorisation continuer d’augmenter au fur et à mesure que leurs pertes s’accroissent.

    Il me reste à prier pour que la Grande Réconciliation se produise pendant que Bernanke (le coupable numéro 1), Draghi, Yellen, … et même, rêvons un peu, Greenspan, soient encore en vie.
    Je veux les voir se cacher de la légitime colère des peuples…
    Je veux les entendre gémir de colère : « ce n’est pas moi… Je n’ai fait qu’obéir aux ordres… Personne ne pouvait prévoir ! ». Je souhaite les entendre se défendre avec la même ferveur que l’on aurait entendu Goebbels dire « Je n’ai fait qu’obéir à la volonté du peuple allemand et à son leader, Hitler ».
    Et in fine, je souhaite qu’ils soient livrés à la vindicte populaire, sans considération pour leur grand age. Cela ne servira plus à rien, sauf à soulager, et ce sera déjà beaucoup.

    J’en profite pour préciser que la question « est-ce que cette fois, c’est différent ? » est pernicieuse.
    Poser cette question, c’est déjà orienter un peu la réponse.
    Lorsqu’on pose cette question, on entend souvent dire :  » Est-ce que les lois économiques fondamentales ne s’appliqueront plus ? ».
    Poser la question « est-ce que cette fois, c’est différent » revient à supplier pour que notre interlocuteur, complotiste comme nous, nous explique doctement que cette fois, ce n’est pas différent bien évidemment, ET que puisque tout le monde se pose cette question, cela signifie que la Grande Correction est désormais toute proche. Sauf qu’elle n’arrive pas. Les magiciens monétaires semblent avoir définitivement gagné.

    Cette fois, c’est déjà différent.

    L’expérience monétaire actuelle est absolument sans précédent, et rendue possible par la digitalisation de la monnaie, qui rend tous ces abus possibles.
    Mais la fin sera la même que celle de tous ces empires qui ont voulu créer de la monnaie en rognant sur la quantité d’or de leurs pièces.
    Sauf que nous ne savons absolument pas quand cela se produira. Parce que cette fois, c’est différent.

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    1. Ils (les banquiers centraux) n’ont fait qu’obéir à la volonté du peuple, en effet. Ce peuple qui veut du gratuit, du spectacle, et la retraite toujours plus vite mais en vivant plus longtemps. La valeur de sa maison qui continue d’augmenter pour pouvoir l’hypothéquer pour se payer des vacances. Ce peuple qui est content de tout payer par carte sans même se demander si le cash n’aurait pas certains avantages?
      J’ai vu des manifestations contre le mariage pour tous ; pas contre la politique de la BCE….

      Je pense que l’auteur de ce Blog vous dirait que vous commettez l’erreur d’attaquer la personnalité des gestionnaires d’un système qui les dépasse.

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  2. Le jour ou le systeme s’autodetruira pourait etre fort eloigne, car le fusible banques a ete enleve par la formule TBTF. Qui elle a tue la conscience. Le systeme n’a pas de conscience, seulement les gens peuvent en avoir, mais au fur et a mesure que ceux la (fonctionnaires et associes, ploutos et kleptos) se transforment en tiques ils perdent le peu de conscience qu’ils avaient encore. Le parasite n’a pas la conscience de la vie de l’animal dont il susce le sang
    Nous pouvons compter par contre sur d’autres elements :
    – l’incompetence ( l’inteligence artificielle produit necesairement de l’inteligence superficielle )
    – la generation easy, qui sera faible et incapable de reproduire la rarite et la Valeur
    – la lascitude et les limites de l’organisation et manipulation democratique
    – les incapacites de remplacement de la population avec des elements capables de reproduire le systeme, on importe des gens non europeens d’une mentalite tout autre vav du travail
    C’est la reproduction de la chute de l’empire romain de l’Occident, grand luxe et culture exquise dans les palais, misere, barbarie et luttes a mort dans les faubourgs.
    Et puis, il y a les forces opposees qui s’organise doucement mais surement dans l’Orient, la Russie et la Chine ( et plus si affinites )

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  3. Comme vous le notez si bien Monsieur Bertez, c’est l’inflation/l’inflationisme qui mettra un frein brusque à l’expansion du crédit/des dettes exponentielles et infinies des banques centrales et des gouvernements, qui ont soutenu et surtout « solvabilisé » tous les excès des marchés financiers/ de la finance (leverage, buy-backs, produits dérivés, investissements dans le « casino » financier au détriment de l’économie productive réelle.

    Tant que l’inflation n’était pas officiellement visible, que la « money velocity « était inexistante ou lente, à cause des pressions déflationnistes dues à la stagnation de l’économie, la répression financière sur tous les revenus fixes et en général au manque de pouvoir d’achat des salaires réels permettant de vivre sans s’endetter toujours plus et rester prisonnier de la spirale de la dette et que tous ces phénomènes ont empêché l’économie et l’emploie de croitre plus vite et de poser la question des couts réels des dette / crédits qui ont permis cette reflation rapide et bullaire.

    Maintenant, le risque de dérapage des cout lies aux crédits/dettes devient une probabilité réelle du fait de la remontée des taux et, il va falloir « gérer « les excès et ne pas permettre une remise en question rapide du consensus « ni trop chaud /ni trop froid « et de ce fait les stratégies d’investissement « long only »
    Si la liquidité devenait vite insuffisante, cela provoquait un « deleveraging « brutal qui engendrerait une mise en risk off et un effet contagion et conduirait à une crise de la dette car tout est lié.

    Il y aura un point ou les banques centrales ne pourront plus utiliser leurs outils magiques :
    La baisse des taux, les taux 0 et même négatifs, le QE/ rachats en continue des bonds pour « capper » la hausse des taux
    Car si la déflation, le manque d’inflation visible l’avait permis, avec l’inflation ces outils sont inutilisables et aussi bien les banques centrales que les gouvernements avec leur « fiscal easing » n’arriveront plus à enrayer ni maitriser si facilement la panique et la perte de confiance dans les « currencies », les obligations surtout celles des états et in fine ce sera la plus grave des crises : celle de la perte de confiance dans la monnaie et les valeurs papiers et la refonte du système monétaire actuel.

    Comment répondront les « élites » ?
    En prenant des mesures drastiques telles que :
    En instaurant des interdictions de shorter/ vendre les obligations d’état, les currencies, les actions etc.
    En faisant des bails in, en coupants dans toutes les prestations sociales, retraites, assurance chômage etc. et en augmentant les impôts de toutes sortes.

    Et donc ce serait la faillite des gouvernements et du social.

    Si les élites actuelles arrivent a se maintenir aux commandes il y aura encore moins de fonds et d’état social et plus de privatisation et de concentration de pouvoir dans l’économie.

    L’après 2008 a permis de favoriser les débiteurs au détriment des créditeurs, et avoir fait le choix de privilégier les banques et les multinationales (pour augmenter les balances commerciales des pays ?)En laissant moins de chances au petites et moyennes entreprises nationales, et en autorisant le transfert des richesses publiques vers le privé par le biais de ventes des sociétés publiques aux prives/privatisations, cédées en dessous de leur prix par les états endettés a la recherche permanente de fonds pour fonctionner.

    Dans ce cas, comment réagira le peuple ?
    Comme jusqu’à présent, sans réaction, sans élan de solidarité, sans ressort, sans volonté de changement ?
    En acceptant une diminution dramatique du pouvoir d’achat une augmentation exponentielle de la pauvreté parce que c’est ! le seul moyen de sauver.. Le système.

    Tout est possible et on pourrait etre surpris en bien .

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