Billet. La course contre la montre contre les peuples.

Le présent texte a pour origine mon analyse de qui se passe en France avec l’échec des mobilisations sociales et ce qui se passe en Italie avec la neutralisation de la souveraineté populaire. On tire les mêmes conclusions avec l’examen de la situation post reférendum en Grande Bretagne ou celle créée par la venue de Trump aux affaires. Les forces sociales insurgées sont soit majoritaires, soit proches de la majorités dans les grands pays, sauf en Allemagne. Ceci oblige les élites à réviser leurs stratégies, à prendre le risque de se dévoiler, le temps presse.
L’Allemagne par sa prospérité dominatrice a encore du grain à moudre, les fissures sociales sont pour l’instant moins profondes qu’ailleurs; les Allemands en croquent encore.
Nous avons expliqué en son temps que les  élites avaient totalement changé de stratégie; elles ont cessé de rechercher les consensus et elles se sont résolues à passer en force.
En force ceci signifie par la force des lois et dispositions existantes, en s’en servant, s’il le faut de façon non conforme à l’esprit  des dispositions, non conforme aux pratiques et aux traditions.
C’est tout un monde qui s’ouvre ainsi  devant nous; un monde cynique, de violence rentrée, un monde d’amertume. L’unité n’est plus du tout recherchée, l’adhésion des citoyens on s’en fiche, ce qui recherché c’est une simple apparence de légitimité. Tout ceci se fait avec la complicité des plus hautes instances démocratiques, que ce soit les institutions constitutionnelles ou celles de l’opinion publique, sondages, médias.
Si vous en doutez, reportez vous aux propos de Macron que rien n’arrêtera, il ira jusqu’au bout, car lui sait ce qui est bon pour nous. La détermination des élites est maintenant totale, elles ont été validées. Contents pas contents, les Français renaclent, il s ‘en fiche. La division entre la droite conservatrice et les vestiges de la gauche progressiste fait qu’il n’a rien à craindre. Et puis on peut toujours compter sur un Mélenchon pour mouliner et donner des coups d’épée dans l’eau.
On ne joue plus sur le positif, mais sur le « par défaut » ou même sur le négatif c’est à dire les divisions. Hollande avait été le dernier président à tenter le simulacre du consensus et de l’unité. Il avait tenté un compromis. Macron a compris, il ne le tente pas, il passe en violence douce en une sorte de « soft » un peu méprisant.
Et ce faisant il gagne car devant, face à lui, c’est l’anesthésie , la division, l »apathie, la veulerie bref une sorte de renoncement quasi suicidaire. Il est évident que les gens ont compris que Macron divisait le peuple, montait les uns contre les autres pour obtenir la régression demandée, exigée par les ordo-libéraux, les Allemands et le Grand Capital Mondialisé; les gens ont tout compris intuitivement mais ils sont dans un gigantesque « a quoi bon », le nez plongé dans leur smart phone et autres instruments d’aliénation.
La stratégie des élites vise à tenter d’accomplir l’irrémédiable, l’irréversible, le définitif rapidement, tant que les apparences démocratiques peuvent faire encore faire illusion.
Les votes et les élections ne donnent aucune légitimité réelle, bien sur car ce sont des attrape nigauds mais au moins ils permettent d’arguer d’une légitimité formelle, celle qui rend possible l’usage de la coercition, grâce aux abstentions, aux voix des sous développés politiquement, aux voix des minorités que l’on racole sans vergogne pour bâtir une majorité marécageuse.
On fait des élections d’image, sans contenu pour faire passer en réalité des pleins pouvoirs personnels, c’est cela le présidentialisme et la présidentialisation: la possibilité d’escamoter tous les débats, d’enfumer, de créer des ambiances,  en un mot de neutraliser les forces sociales et les corps intermédiaires ou plutôt ce qui en reste.
Il faut aller vite et créer l’irréversible , voila la prise de conscience qui a été faite ces  dernières années. Et le clivage des corps sociaux domestiques , les coupures, l’effondrement du bipartisme et l’émiettement ne traduisent pas  autre chose que  le changement stratégique que je décris. Emiettement à l’intérieur, solidarité internationales des élites, le tout avec la disposition de la grosse Bertha monétaire, c’est à dire le contrôle de la monnaie, de sa création, de son prix, de ses circuits d’injection et de sa distribution.
La prise de controle des marchés a été dialectique; d’espaces de liberté, de lieux de confrontations despréférences des individus et de leurs institutions, les marchés sont devenus des outils, des lieux de transmissions des volontés, des impulsions et des fausses valeurs de la nouvelle alliance, celles des émetteurs de dettes et celle des souscripteurs/détenteurs.
On le voit ici avec l’Italie, la menace suprême brandie devant les Italiens et les partis politiques insoumis, insurgés, c’est celle ci; la valeur de nos dettes souveraines va s’effondrer, vous allez être ruinés, vous et vos banques et en plus vous ne pourrez plus en émettre. Il faut analyser le role des banques centrales et des marchés dans cette nouvelle stratégie de reproduction du système et son avatar tactique, le controle/la terreur  social(e).
A la faveur du terrorisme et des guerres financées et armées par ces mêmes élites, à la faveur des progrès technologiques et des sciences de comportement, tout un arsenal de contrôle social est en train d’être déployé, produit et mis en place. cet arsenal ne laissera, quand il sera entièrement installé , il ne laissera plus aucune place à la révolte, à la rébellion et même à une authentique diversité. On entretiendra la fausse diversité consommatoire, la Mêmitude,  oui, bien sur, mais s’en sera fini  de la diversité de conception de la vie, de la politique, de la morale et de la culture non, plus jamais.
Comprenez bien l’articulation historique et logique:
-Cris de reproduction du système, crise d’une forme de capitalisme financiarisé
– défaite historique des classes moyennes et travailleuses
-laminage et regression de ces classes moyennes par la crise
-puis par les  politiques volontaristes d’augmentation de l’exploitation, ce que l’on appelle un nouveau partage du revenu national pour faire face à la concurrence
-role accru de la finance alors que la solution à la crise était le recul de la sphère financière, donc fuite en avant
-montée des mécontentements, de ce que l’on appelle le populisme pour le dénigrer et le neutraliser electoralement; on nazifie une partie de la population, on crée des sous citoyens
-multiplication des guerres   extérieures pour diversion d ‘une part et aménagement du contrôle social interne d’autre part, il faut faire monter la peur d’un cran et surtout militariser.
-course contre la montre entre d’un côté les élites et leurs ingénieurs sociaux et de l’autre les forces spontanées , populaires de rejet
C’est une course contre la montre  car les élites savent que l’embellie économique en cours  n’est que temporaire, les déséquilibres de fond sont toujours là, la situation est encore plus obérée qu’elle ne l’était en 2008 et que bientôt la récession va venir grossir les rangs des mécontents, des laissés pour compte et des chômeurs.
Bientôt le système va devoir montrer les dents et révéler son évolution vers plus de férocité.
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4 réflexions sur “Billet. La course contre la montre contre les peuples.

  1. L’Union Européenne et les chiens de garde du système bafouent le vote libres des citoyens !
    Ils affirment constamment leur mépris de la démocratie. Les « puissants » ne respectent le vote des citoyens que lorsqu’il valide leur propre programme ! Les vrais démocrates et républicains comme DLF soutiendront toujours la seule légitimité qui vaille : le vote du peuple.

    Dans son article « Juncker’s ‘torture tools’ are useless against Italy’s well-armed uprising » Ambrose Evans-Prichard rappelle dans le Telegraph de Londres les propos de Juncker :
    ,, Dans notre cave à Bruxelles nous avons des instruments de torture pour les pays récalcitrants » .

    Le lien est ici :
    https://www.telegraph.co.uk/business/2018/05/23/junckers-torture-tools-useless-against-italys-well-armed-uprising/

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  2. Cher monsieur, une fois de plus, vous êtes excellent.

    Seul un esprit matérialiste (je n’ose pas dire marxiste) peut produire un tel raisonnement.

    Seule la Grande crise balaiera tout, et nous aurons pire, car les médias seront toujours là, dans le cadre d’un enseignement de service public à la ramasse.

    Vive 1830, et sa modernité.

    Seule question peut-être: le « Système » pourra-t-il se survivre? Bon, on y va. Cordialement.

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  3. Vou vous faites des illusions? ! Perso je n’en ai pas, c’est exactement ce vers quoi on se dirige à grands pas, crise prochaine ou non.

    C’est ainsi, la science fiction devient réalité, l’humain de masse deviendra une sorte de ‘machine’ juste bon à produire: regardez la Chine en avance sur nous et qui préfigure la société formatée et soumise qui nous attend. Les citoyens sont non seulement observés (même leur cerveau) via caméras pour mesurer leur productivité, mais ils sont aussi notés: une mauvaise note et vous ne pouvez plus sortir du pays et bientôt vous enverra direct en prison…. C’est proprement Effrayant !! Horrible! Mais c’est notre avenir. Et les peuples n’ont plus assez d’indépendance pour se révolter contre. Il y aura des manifs, oui, et après? Le sentiment national est bien trop faible de par sa dilution dans l’Europe d’une part et l’immigration d’autre part. Sans compter cette connectivité et donc emprise du cerveau par les écrans dans tous les sens du terme…

    Oui, c’est notre Avenir….

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  4. L’Après, ça commence à se voir?

    Comment des institutions millénaires peuvent se fourvoyer dans si peu de consistances ?

    Tout simplement, nos DÉMOCRATIES n’acceptent pas leurs défaites totales, économiques, politiques, et le must du must, culturelles… Pas besoin de dissuasion nucléaire, de défenses astronomiques, ou d’attaques préventives, mille fois trop coûteuses, juste un petit conte du soir pour enfants de six ans suffit et dormir debout tout le reste de son existence… C’est fou le langage des autres, quand on ne le comprend pas l’histoire.

    Oubliez vos mères, abandonnez vos enfants, ils ont tué nos pères et nous voilà orphelins, à la merci des mots, des maux, démocraties. Plus besoin de républiques, l’ordre, c’est un vieux qui ne vaut plus rien, quand la règle se dicte au jour le jour… nous nous écroulons à la vitesse lumière, dans une langue qui n’est plus la notre.

    Clap-clap, bravo l’Europe, bravo aux nations qui la composent, bravo à tous et merci pour cette leçon d’histoire, d’une nullité effroyable.

    Place à cette violence tant redoutée.

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