Editorial. La longue dépression revient, vers une nouvelle débauche de faux remèdes. L’omerta.

 

L’économie mondiale continue de ralentir.

Les bourses montent précisément à cause du ralentissement , elles espèrent et anticipent des largesses monétaires et fiscales. On attend les  cadeaux.  La Fed en a déjà parlé fin décembre, la BCE en parle, ce jour au Japon le gouvernement y fait allusion. Les chinois viennent de produire un credit impulse considérable.

Depuis Avril 2018 nous disons que le mini boom de 2016/2017 se termine. Nous avons analysé ce mini boom comme le résultat de la stimulation/reflation concertée de Shanghai et nous avons eu raison. Il n’y a pas eu de reprise synchronisée de la croissance il y a eu amélioration temporaire sous l’effet d’un dopage passager.

Ceci prouve que 10 ans après la crise de 2008 et 16 trillions de monétisation nous ne sommes pas sortis de la grande dépression , ou si on veut de la grande stagnation. On ne progresse un peu que si on injecte des stimulants et on retombe sitôt que les stimulants se mettent en mode « pause ».

L’économie allemande flirte avec la récession technique. La Commission Européenne réduit  fortement ses prévisions de croissance 2019 à 1,3% contre 1,9% ce qui montre combien ses spécialistes  sont nuls et stupides ou menteurs.

Comme toujours au lieu d’expliquer par des causes objectives, sérieusement on explique la déception par la psychologie laquelle  est le refuge de l’ignorance car la psychologie est produite par le réel et non l’inverse.

 

Taux de croissance Eurozone 

 

En Grande Bretagne les prévisions sont maintenant de 1,2% ce qui est le plus bas depuis 10 ans. Les investissements en UK sont en chute libre depuis trois ans et on peut dire que c’est une sorte de grève du capital.

Taux de croissance britannique  

Le  Japon est en fait deja en  recession,  avec une croissance zero au  4e trimestre 

La Chine n’en finit pas ralentir malgré des chiffres bidonnés et des stimulus  à repetition.

L’Amerique Latine est déja en contraction selon JP Morgan:. 

 

Aux USA  les statistiques sont erratiques ce qui prouve que la croissance a du plomb dans l’aile , on révise en baisse . Pourtant l’effet des rabais fiscaux de Trump se fait encore sentir!

La croisance s’est maintenue à 3% en fin 2018 mais les prévisions chutent lourdement en ce début 2019

 

 

 Les prévisions de la Fed d’Atlanta sont révisées en chute on n’attend plus que 1.5% au premier trimestre   2019.

 

 La longue  depression continue. personne n’en parle, personne ne dit que les gouvernements et les banquiers centraux sont des incapables, c’est l’omerta. 

Regardez l’évolution de long terme, elle est frappante non? Et il faut tenir compte de ce que cette stagnation/ dépression a coûté en fausse monnaie, 16 trillions, en pouvoir d’achat rogné aux salariés et en accroissement des dettes! Sans compter ce que cela a coûté politiquement: le populisme!

Il n’y a pas de reprise depuis la crise pour deux raisons:

 

  • la profitabilité du capital productif a été insuffisante en comparaison de la profitabilité du capital fictif, boursier, spéculatif
  • l’investissement est resté faible malgré les cadeaux monétaires et fiscaux

 

 

L’investissement dans le monde est à nouveau en mode pause, selon JP Morgan il fait du surplace au premier trimestre 2019, JP Morgan attribue cela au resserrement des conditions financières. ce qui signifie que les perspectives de ventes et de profit sont insuffisantes pour justifier de nouveaux investissements.

“In sum, we have worried for some time that the sustained slide in global business confidence would translate into a meaningful deceleration in capex. This appears to be happening now, especially following the tightening in financial conditions in 4Q18. Indeed, the data we have in hand might not reveal the full extent of this pullback.”

Comme nous ne cessons de le répéter l’investissement ne cesse de se réduire en pourcentage des GDP : le capital fait la grève. Il se rachète lui même il décapitalise, il réduit son exposition pour optimiser sa profitabilité.

Formation brute de capital normalisée, regardez la performance de l’Europe malgré la poltique de Draghi! Pensez aussi que jamais les marges bénéficaires n’ont été aussi élevées et le personnel ausi mal payé.

La profitabilité du capital productif reste dans ses plus bas d’après guerre et souvent plus basse que celle de 2007 ce qui explique que les firmes au lieu de faire des investissements productifs créateurs d’emplois et de  richesses fassent des opérations spéculatives, des buy- backs, des dividendes,  des fusions etc

On fait de l’ingénierie financière qui produit des bénéfices fictifs, des profits par action apparents, des bénéfices boursiers, pas des bénéfices d’exploitation réels.

 

Voici le niveaude profitabilité du capital tel qu’il est calculé par Esteban Maito  (World in Crisis, Chapitre  4)

La croissance ne cesse de ralentir car le potentiel de croissance ne cesse de chuter en liaison avec la tendance à la baisse de la profitabilité et sa conséquence sur l’investissement.

La liaison organique est la suivante: baisse de la profitabilité=baisse de l’investissement=baisse de l’emploi=baisse de la capacité à verser de bons  revenus salariaux =baisse de la demande 

Le fait premier qui est la tendance à la baisse de la profitabilité du vrai capital productif apparaît faussement comme une insuffisance de la demande.
The_sixty-year_downward_trend_of_economi)

Evolution de la profitabilité du capital depuis 2007: regardez la contre performance de l’Eurozone! Draghi est franchement nul!  Le japon lui va mieux. Aux USA les profits boursiers sont bidons, mais ils ont les FAANGS.

 

 

Selon Goldman Sachs, les croissances des ventes des entreprises mondiales sont au plus bas.

Selon les économistes de Goldman la croissance des profits réels hors des USA a plafonné.  Le seul endroit ou elle a été bonne est les Etats Unis à cause de la performance des FAANGS, les supertechs.

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7 réflexions sur “Editorial. La longue dépression revient, vers une nouvelle débauche de faux remèdes. L’omerta.

  1. Bonjour M. Bertez,

    Je voudrais introduire ici une explication physique sur la baisse de profitabilité du capital.
    Notre économie, notre croissance, est énergie dépendante, laquelle est à 90% d’origine fossile.
    Celle-ci a tout d’abord été grandement disponible et peu chère à obtenir.
    Cette dernière notion est essentielle, car dans un premier temps, on extrait toujours ce qui est le plus facile. Pour schématiser et caricaturer, nous sommes passés du simple coup de pioche, style prospecteur des albums Lucky Luke, à des techniques de plus en plus coûteuses, forages profonds, fracking, sables bitumeux, très dévoreuses de capital.
    Ceci peut se mesurer par l’EROI ou EROEI, Energy return on Energy invested (TRE en français, taux de retour énergétique) et qui mesure le ratio d’energie obtenue sur la quantité d’energie dépensée pour l’obtenir.
    Bien qu’il n’y ait pas consensus sur la façon de calculer l’EROI, il est par compte indéniable que celui-ci chute depuis plusieurs décennies, et les énergies renouvelables (et de production discontinue) ne peuvent y remédier.
    Les énergies fossiles, et notamment le pétrole, sont les énergies les plus concentrées.
    Nous avons « tapé » dans « les pots de confiture » les plus facilement accessibles, à portée de main.
    Maintenant, il nous faut faire des prouesses d’inventivité pour aller chercher les « pots » difficilement atteignables, ce qui demande à la fois énergie, capital, de l’endettement, une profitabilité décroissante.
    La croissance mondiale est en train de caler partout.
    Je ne suis pas loin de penser que la cause en est physique car énergétique.
    Malheureusement, si tel est le cas, nous sommes au tout début d’en subir les conséquences.

    Avez-vous un avis sur cette question ?

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    1. Cher ami lecteur assidu de ce site, permets-moi de partager avec toi ma réaction à ton intervention :

      Le pétrole est peu cher quand bien même les forages profonds demandent des investissements considérables.

      Les raisons de la décroissance en cours / baisse de la demande / rétrécissement des débouchés depuis des années sont :

      . Vieillissement des populations,
      . Infrastructures construites, on n’est plus que sur du renouvellement,
      . Schumpeter à l’œuvre,
      . Stock monumental de dettes pesant sur les comptes,
      . Confiscation des gains par une oligarchie mafieuse,
      . Inculture économique, baisse de conscience morale et crise identitaire des classes moyennes (qui sont entrées en grande schizophrénie collective inconsciente après 20 ans d’internet).

      Amicalement.

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    2. Notre économie n’est plus autant « sensitive » aux coûts du pétrole qu’avant. Ce qu’elle n’aime c’est plus les variations brusques de la valeur des matières premières et taux de change que le fait que le pétrole soit à 50, 100 ou 120 dollars. Ce sont les taxes sur le pétrole le frein. Sans taxe, le super serait à 40 centimes.
      Est-ce que les produits de tous les jours sont vraiment sensible au pétrole ? (fruits, légumes, eau, viande, poisson) … c’est une question de souring avant tout…achetez local pour être petrol free !

      Quant au pétrole en lui même, il est aujourd’hui clairement sous valorisé par rapport aux coûts d’extraction. Il devrait être à 80 dollars pour tout le monde s’y retrouve. Les pays de l’est sont en guerre contre les producteurs US qu’il veulent faire tomber. La filière parapétrolière représente 500 milliards d’investissement par an, une goutte d’eau par rapport au PIB mondial de 75 000 milliards.
      Quant au manque de pétrole, le venezuela a des reserves égales aux US, Russie, koweit réunis !!

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      1. Bonsoir
        Je pense que c’est une erreur de penser que l’agriculture est indépendante des cours du pétrole.Je pense même qu’elle est  » pétro dépendante », a fortiori si l’on se réfère au modèle conventionnel ,les intrants chimiques abusivement utilisés sont en parti fabriqués avec du pétrole , la mécanisation outrancière a un besoin croissant d’énergie fossile, les chaines de distribution idem. Reste l’agriculture bio qui même si elle reste la solution à la consommation locale est tout même insuffisante en terme de volume pour nourrir tout le monde .
        C’est une des grande angoisse que fait naitre la « théorie du Pic Oil » ,après la fin d’une production sans limite la raréfaction pourrait nous mener à manquer d’aliments cruellement,et à terme à une famine quasi généralisée.

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    3. C’est l’une des causes circonstancielles à l’évidence car le rencherissement capitalistique, les investissements de plus en plus coûteux, avec érosion, du surproduit font baisser la profitabilité du capital capital total; même en dehors du secteur pétrolier proprement dit.

      C’est vraie en valeur, conceptuellement , mais c’est impossible de le prouver avec des chiffres.

      Helas le passage à l’économie monétaire, la transformation des valeurs en prix monétaires, ne permet pas de calculer tout cela.

      La monnaie masque les choses et les comptabilités nationales ne sont pas faites pour éclairer ces phénomènes.

      La masse totale de surproduit se contracte en tout cas vous avez raison..
      .
      Mais la vraie cause de la tendance à la baisse de la profitabilité du capital est organique, elle tient au fontionnement du système dans lequel l’intensité capitalistique augmente sans cesse alors que la masse de travail vivant progresse beaucoup moins vite. Il faut de plus en plus d’investissements en regard de la main d’oeuvre. Le poids du facteur capital ne cesse de salorudir.

      Le poids relatif du capital en regard du facteur travail, augmente sans cesse , il faut masquer tout cela par le recours à la dette , dette qui n’est plus financée par l’épargne mais par la création de crédit dont le coût est subventionné doublement par les taux bas qui résultent de la monétisation et par la deductibilité fiscale des agios

      Le système de la dette dans laquelle nous sommes plongés ralentit la baisse de la profitabilité car on subventionne le coût du capital. mais il augmente le capital fictif et produit la tendance au surendettement, aussi redoutable que la tendance à la baisse de la profitabilité.

      Les economistes de l’establishment n’ont pas compris que le capital s’use: si vous utilisez le pouvoir, la capacité d’endettement du capital il se fragilise et s’use.
      C’est un passif du système non reconnu qui est mainteant pris en charge, socialisé car les banques centrales transforment toute crise de solvabilité en crise de liquidité.

      Un système qui recourt au levier de façon intense use son capital c’est une notion insuffisamment connue.

      La baisse des pix des equipements et investissements fixes freine la tendance à la baisse de la profitabilité.

      Les politiques keynesiennes qui s’opposent laux faillites et disparitions du capital périmé accelèrent la dégradation de la profitabilité totale du système économique .

      La disparition et le refus des crises de nettoyage de la pourriture renforcent la tendance par la prolifération des zombies.

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  2. Il suffit de lire ou d écouter Jean-marc JANCOVICI, reconnu dans ce domaine. Avec lui c est clair comme de l’eau de roche, il confirme vos propos, il n’y a pas plus rationnel que lui dans sa démonstration.

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  3. La fin de l’après n’est peut-être plus très loin…bientôt l’avant du début nouveau !

    Une bonne raison de s’offusquer, avec cet article, non ? récession à perpette et plus si affinité, les Gilets-Jaunes vont adorer, les courbes ne sont pas parfaites, mais elles en disent long !

    Avant l’heure ce n’est pas l’heure, après l’heure ce n’est plus l’heure… et à la vitesse lumière d’aujourd’hui, il faut les bons Algorithmes Interactifs (AI pour les intimes)…pour nos robots : https://www.youtube.com/watch?v=OOGeSmzWktA

    Garde à vous, fixe! Venez me chercher, disait-il ! En joue… Prêt ! pensez printemps…

    L’Euro mort, sans remord,
    L’Euro dort, mais pas d’Or… Et ce n’est pas la faute des Gilets Jaunes !

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