A lire. Etat du monde quelques émergences de vérité officielle. « Un moment délicat ».

Les réunions entre du FMI et de la Banque mondiale se tenues à Washington ce week-end: la situation n’est guère brillante et les risques sont éevés. Le capitalisme est à un moment délicat.

ces réunions  ont révélé/confirmé  que l’économie mondiale se ralentissait et que la perspective d’une récession totale n’est plus à exclure

C’est une perspective que nous traçons depuis de nombreuses semaines et en particulier depuis septembre  2018.

Les économistes du FMI ont ramené leurs perspectives de croissance mondiale à leur plus bas niveau depuis la crise financière mondiale de 2009.

Les économistes résument la situation :« un ralentissement de la croissance et une reprise précaire ».

Le FMI estime que l’économie mondiale connaîtra une croissance de 3,3% cette année, en baisse par rapport aux 3,5% prévus pour 2019 en janvier.

C’est la troisième fois que le FMI abaisse ses perspectives en six mois.

La nouvelle économiste en chef du FMI, Gita Gopinath, a estimé que l’économie mondiale était entrée dans « un moment délicat » .

 Elle a présenté un aperçu nuancé que l’on peut qualifier de politiquement correct.:

«Si les risques de dégradation ne se matérialisent pas et si le soutien politique mis en place est efficace, la croissance mondiale devrait rebondir. 

Si toutefois l’un des risques majeurs se concrétisait, les redressements attendus dans les économies en difficulté, les économies dépendantes des exportations et les économies fortement endettées pourraient être déraisonnables. ”

De la reprise synchronisée qui n’a jamais existé, au ralentissement général

Parallèlement à l’opinion du FMI, la Brookings a présenté son point de vue sur l’économie mondiale, concluant d’après son indice de suivi de l’activité économique que le monde était entré dans un « ralentissement synchronisé qu’il pourrait être difficile d’inverser »  

L’indice de suivi Brookings-FT pour la reprise économique mondiale (Tiger) compare les indicateurs de l’activité réelle, des marchés financiers et de la confiance des investisseurs avec leurs moyennes historiques pour l’économie mondiale et pour chaque pays.

Tous ont nettement reculé à la fin de l’année dernière et sont à leur plus bas niveau pour les économies avancées et émergentes depuis 2016, année de la plus faible performance économique mondiale depuis la crise financière.

Les indicateurs économiques dits durs, hard se sont retournés vers le bas

La Brookings ne considère pas la  récession comme imminente , mais « toutes les parties de l’économie mondiale ont été en perte de vitesse. »  Même si une récession mondiale n’est pas encore là, il ressort des données les plus récentes sur les grandes économies que la « longue dépression » , la New Normal, comme  on caractérisé cette période depuis 2009 , est toujours avec nous.

COmme on pouvait s’y attendre, les ministres des finances eux considèrent que la croissance va se raffermir , ce qui serait la conséquence normale, mais précaire de la reflation monétaire qui est en cours depuis la fin de l’année 2018. Les économies sont incapables de connaître une croissance soutenue, régulière, elles ne marchent si on ose dire qu’à coups de  pieds dans les fesses.

Comme c’est la règle en matière « d’économie orthodoxe de l’establishment, de gouvernement  et de banques réunies », la cause du ralentissement en cours est attribuée à une défaillance de la demande: donc la solution s’impose quasi sans besoin de réflexion:  il faut créer du crédit, du « crédit impulse » pour soutenir cette demande défaillante. C’est ce que s’efforce de faire la Chine et c’est ce qu’a promis  de  faire Draghi.

Le nouveau rapport sur la stabilité financière globale   du FMI soutient mon interprétation causale de la « longue dépression ».

Confirmant ce que je ne cesse de répéter, le FMI constate que la rentabilité des entreprises (mesurée par les bénéfices des entreprises exprimés en pourcentage de l’actif, ce qui est assez proche de ce que je désigne par le terme de profitabilité ) dans les principales économies n’a pas retrouvé son niveau de 2008. En effet, la rentabilité du capital est bien inférieure à celle de la fin des années 90.

Vous connaissez l’enchaînement que je développe. Le système capitaliste a pour moteur le profit; quand la profitabilité est insuffisante les entreprises n’investissent pas; elles font la grève de l’investissement et ne s’équipant pas, elles n’embauchent pas; comme elle n’embauchent la distribution de revenus aux salariés ne progresse pas et ainsi il apparaît de façon trompeuse que la demande est insuffisante; la demande insuffisante n’est pas une cause mais une conséquence de l’insuffisance de profitabilité. Mais chut il ne faut pas que cela soit dit, c’est le grand secret du système.

La profitabilité: une tendance claire à l’érosion au dela des mini cycles

Cette longue dépression présente des caractéristiques similaires de la Grande dépression des années 1930. Elle  a été résolue par une série de crises qui ont finalement entraîné  une guerre mondiale.

Vous savez que je ne cesse de dire comme le chanteur: « un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre on le sait bien … »

La faible rentabilité explique pourquoi l’investissement des entreprises est si faible depuis 2009. Le casino financier a fait concurrence à l’économie réelle. Les bénéfices réalisés, les crédit à taux zéro, l’argent gratuit et les cadeaux fiscaux   ont été transformés en spéculations financières: fusions et acquisitions, rachats d’actions et distributions de dividendes. Aussi, il y a eu une accumulation d’argent sous forme de liquidités.

Tout cela est dû au fait que la rentabilité des investissements productifs reste historiquement et comparativement au risque, faible.

Comme le dit Gillian Tett dans le FT : « Le FMI a calculé que les sociétés américaines avaient procédé à des paiements aux actionnaires et à des rachats d’actions représentant 0,9% des actifs l’an dernier, soit le double du niveau enregistré en 2010. Il n’est donc pas étonnant que les marchés boursiers se soient envolés.

Les entreprises ont également utilisé ces munitions gratuites pour produire  un boom des fusions et acquisitions: de telles transactions ont englouti des flux de trésorerie équivalant à 0,4% des actifs en 2019, contre pratiquement rien en 2011.

Toutefois, le montant des flux de trésorerie consacrés aux investissements productifs  a stagné.  Depuis 2012, les courbes de dépenses d’équipement sont à plat, elles s’élèvent à environ 0,7% de l’ensemble des actifs, ce qui est inférieur aux dépenses en flux de trésorerie consacrées aux paiements aux actionnaires ». 

Comme le note le rapport du FMI:«Les États-Unis ont dégagé de solides bénéfices pour les paiements et autres prises de risques financiers.»

Le poids des  dette, en particulier de la dette des entreprises, a été un autre facteur clé qui explique et cause  la longue dépression.

Avec une rentabilité du capital faible, les entreprises ont contracté davantage de dettes afin de financer des projets ou de spéculer. Les grandes entreprises comme Apple ou Microsoft peuvent le faire, car elles ont des réserves de liquidités sur lesquelles s’appuyer en cas de problème; les petites entreprises ne peuvent gérer cette spirale de la dette que parce que les taux d’intérêt restent au plus bas et que le service de la dette est donc encore possible, tant que les ventes et les bénéfices ne fléchissent pas.

La dette non financière a progressé dangereusement aux USA

Le rapport sur la stabilité financière globale du FMI résume le problème:

«Dans la plupart des économies avancées, la capacité de service de la dette dans le secteur des entreprises s’est améliorée au cours de la récente reprise conjoncturelle. Les bilans semblent suffisamment solides pour supporter un ralentissement économique modéré ou un resserrement progressif des conditions financières. 

Toutefois, le niveau global de la dette et la prise de risques financiers ont augmenté et la solvabilité des emprunteurs s’est détériorée sur les marchés des obligations de premier ordre et des prêts à effet de levier. Un ralentissement important ou un resserrement marqué des conditions financières pourrait entraîner une nette révision des risques de crédit et peser sur la capacité de service de la dette des entreprises endettées. 

Si les conditions monétaires et financières restaient plus faciles à long terme, la dette continuerait probablement d’augmenter à moyen terme en l’absence de mesures politiques, ce qui augmenterait le risque d’un ajustement plus marqué à l’avenir ».

En clair, la stabilité financière ne résisterait pas à un choc financier et en particulier à un renchérissement des conditions de crédit; le système ne peut plus se permettre de hausser les taux, c’est à dire de rémunérer normalement les épargnants

Nous sommes condamnés à la répression financière.

Le système est tellement fragile qu’il ne pourrait résister à un choc, or les chocs sont, si on peut dire, monnaie courante dans l’histoire surtout dans un monde aussi chaotique que le nôtre:

– récession internationale de 1974 déclenchée par une forte hausse des prix du pétrole

-crise de 1980-1982 a été déclenchée par une bulle immobilière en Europe et par une crise de l’industrie manufacturière dans les principales économies.

– récession de 1990-2 a été déclenchée par la guerre en Irak et les prix du pétrole.

– récession de 2001 a été le résultat de l’éclatement de la bulle Internet.

-la Grande Récession de 2008 a commencé avec l’effondrement de la bulle immobilière aux États-Unis , le resserrement du crédit qui en a résulté.

Quel sera le déclencheur de la prochaine récession? Personne bien entendu ne peut le prévoir, il y aura une cause proche issue du hasard, mais l’enchaînement sera financier et  selon toute probabilité le maillon faible sera cette fois constitué par la dettes des entreprises.

La dette privée des entreprises sera un élément primordial dans la prochaine crise financière. Une hausse des taux d’intérêt de 1% bouleverserait les bilans des entreprises .

Que dire des entreprises qui se sont endettées pour racheter leurs propres actions sur des cours élevés tout en empilant des monceaux de dettes?

En 2016, Apple a informé les autorités américaines que, dans le cas d’une augmentation de 1% des taux d’intérêt, elle perdrait 4,9 milliards de dollars.

 

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Une réflexion sur “A lire. Etat du monde quelques émergences de vérité officielle. « Un moment délicat ».

  1. En effet, la rentabilité du capital est bien inférieure à celle de la fin des années 90. et pour cause c’est le crédit qui fait le capital aujourd’hui et plus il va plus vite que la musique humaine qui pourrait créer produire et consommer.

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