Billet: La monnaie zombie ne sert à rien, ce qui est efficace ce sont les déficits mais… Jeux de fumée, jeux de miroirs!

Peu à peu le monde s’évaille à l’idée que la politique monétaire non conventionnelle a été un échec . Un échec qui a fait illusion pendant un certain temps car la prophétie s’est réalisé d’être crue.

Les mises en risk-on ont fait illusion, la monnaie ayant circulé plus vite dans la Sphère Financiere on a cru qu’elle était vivante, ce fut une erreur. Les Zozos ont cru qu’en gesticulant devant des signaux  de fumée on pouvait faire repartir une économie plombée par la « debt saturation », et l’érosion de la profitabilité  ils se sont ridiculisés.

Les derniers développements avec la baisse des anticipations inflationnistes malgré le regain de baisse des taux et la reprise de la croissance des aggrégats monétaires a enfoncé le clou dans le cercueil. Les marchés n’y croient plus, ils ne frémissent même plus!

Nous buvons du petit lait nous qui disons depuis 10 ans que la politique monétaire n’est pas monétaire car elle se fait sans monnaie: les digits ne sont pas de la monnaie, ce sont des signes zombies qui ne trompent que les spéculateurs de court terme.

La politique monétaire n’est pas monétaire car on ne sait plus ce qu’est la monnaie , c’est devenu trop compliqué; la monnaie a échappé à ceux qui l’ont tripatouillé.

Bref les banques centrales ne sont plus centrales, ce qui est central c’est l’ensemble du bilan des grandes banques commerciales et leur capacité bilantielle dans le monde. La monnaie n’a rien de magique, on ne la sort pas d’un chapeau, c’est un catalyseur des échanges qui vient des échanges. Ce sont les banques qui par leur activité bilantielle créent la monnaie vivante.

Dans la politique monétaire des Zozos , il n’y a pas de monnaie, les QE ne sont pas du printing, avons-nous expliqué dès 2010.

On ne prête pas à partir des réserves, c’est un mythe. Donc les réserves ne sont que des réserves, des assurances qui doivent être gardées précieusement tant que les risques de crise sont importants et on vient de le voir avec la crise des repos. Crise  provoquée par la peur de défaillance des contreparties. La Fed a été obligée de prêter directement, les banques refusant de se prêter entre elles. Symptome terrible.

Cette illusion de monnaie, ce sont des signes, des zéros dans les livres de compte, c’est du Cargo Cult. Au mieux, les réserves sont simplement une assurance, passive, latente pour ceux qui les détiennent.

Ce qui vient de se passer et se passe encore le démontre à l’envi; les réserves ne sont pas de la monnaie des lors qu’elles ne vont pas dans le circuit et pire, l’excédent de liquidités apparent n’est pas un excédent, c’est une assurance que les TBTF gardent jalousement et refusent de prêter à leurs confrères par peur du risque de contrepartie.

La monnaie , la vraie vient du bas pas du haut, ce sont les crédits qui font la monnaie et pas l’inverse. Il y a longtemps que la Banque d’Angleterre et d’autres comme moi se tuent à l’expliquer.

Une fois une fois de plus pour résumer  tout  cela  les banquiers centraux sont nus, les rois sont nus et tout ce qu’ils savent faire c’est alimenter la spéculation sur les bourses et transférer de l’argent des  pauvres vers les ultra riches.

La monnaie  ne peut provoquer d’inflation là ou elle ne tourne pas , elle ne peut provoquer d’inflation des prix des biens et des services. Elle ne peut provoquer de l’inflation que dans la sphère financière en raison de la croyance miraculeuse en son pouvoir! La monnaie fait trois petits tours dans la Sphère financière et puis s’en va! C’est la vitesse de rotation de la monnaie dite financière qui accélère un point c’est tout.

Ce qui est efficace , ce sont les déficits budgétaires et les dépenses du gouvernement car ils font rentrer l’argent directement dans le circuit. On  voit que la forte hausse des déficits est efficace , elle soutient en ce moment l’économie américaine.

Mais les déficits budgétaires ont un coût ou des coûts. Même quand les taux d’intérêt sont bas. Peu à peu l’idée  se répand qu’ils sont incontrolables et qu’il en faut toujours plus, la confiance se détruit. C’est cela qui détruit la monnaie . C’est cela le chemin de Weimer. Et puis peu à peu le gaspillage et la mauvaise allocation s’installent. Finalement les déficits au lieu de booster la profitabilité du système, ils la pourrissent.

[The Hill] Federal deficit estimated at $984B, highest in seven years

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3 réflexions sur “Billet: La monnaie zombie ne sert à rien, ce qui est efficace ce sont les déficits mais… Jeux de fumée, jeux de miroirs!

  1. Friedman, Hayek, les classiques et néo-classiques : tous plantés !
    L’avenir appartient aux éditeurs de manuels d’économie puisqu’il leur faudra tout refondre.
    Une période bien sombre s’annonce pour Aghion , Guesnerie , Blanchard etc
    Bravo M. Bertez et continuez à nous éclairer.
    Cordialement,
    Jean Sur

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    1. On connait la formule imagée; on ne fait pas boire une âne qui n’a pas soif!
      eh bien l’âne refuse de boifre à la rivière des liquidités. Même si on le conduit, il ne boit pas!

      L’âne a compris que lamonnaie, la liquidité est empoisonnée, c’est une monnaie de crédit qui ve vaut que la solvabilité qui se cache derrière et que les zozos cherchent a faire oublier.

      C’est l’aspect « debt saturation » que je met en vant mais il recouvre l’aspect profitabilité insuffisante car si la question de la solvabilité du système se pose c’est bien parce qu’il n’est pas assez profitable en regard de tout ce qu’il a emis comme droit du capital.

      Le pire est que les idiots inutiles n’ont meme pas compris le lien entre la profitabilité du capital des banques et leur envie de preter; c’est un lien organique! Quand vous détruisez la rentabilité du capital des baqnues, vous avez beau leur donner des liquidites et du crédit banque centrale, vous les incitez… a ne pas preter et surtout à ne jamais augmenter leur capital! Pourquoi augmenteraient elles leur capital si le capital actuel subit deja une decote?

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  2. « La monnaie , la vraie vient du bas pas du haut, ce sont les crédits qui font la monnaie et pas l’inverse »
    .
    Oui, bien sûr, mais ainsi que vous le dites, « on ne fait pas boire un âne qui n’a plus soif » et le problème est que dans nos économies occidentales, on a dépassé le comas éthylique.

    « Debt saturation » par insuffisance de profitabilité du capital pour distribuer des revenus au travail permettant d’alléger le fardeau de cet endettement.

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