Editorial. Pourquoi il faut lutter contre ce libéralisme.

Il fut un temps ou le libéralisme s’incarnait dans les groupes de ce que l’on appelait les « Nouveaux Economistes ».

Ils expliquaient, défendaient et popularisaient l’idée de l’économie de marché, de choix, de responsbilité. Ils étaient un peu plus attirés par Friedman que par Mises, Rothbard ou Hayek, mais ils avaient de l’allure.

Je me souviens avoir été particulièrement enthousiasmé par le combat contre le Tiers Payant; cette gangrène de nos sociétés.  Ce n’est pas que je ne suis pas généreux, mais il m’était apparu très tôt dans mes reflexions que le système du Tiers Payant n’avait rien de généreux ou de charitable et que c’était un moyen d’acheter les élections ou les honneurs sur le dos des autres. Le Tiers Payant est une mamelle qui nourrit la destruction de la souveraineté du peuple et conduit sur la route  de la servitude. C’est le vice travesti en morale et charité.

J’ai toujours lutté contre la sociale démocratie et les fabiens  presque par honnêteté pourrait on dire: en effet laisser le système produire des inégalités et des iniquités pour les corriger ensuite par la redistribution étatique m’a toujours semblé scandaleux! Pourquoi laisser le système produire des dysfonctionnemenst pour les corriger ensuite? Autant modifier radicalement le système et faire en sorte qu’il produise du bien plutot que du mal.

Et puis dès lors que vous donnez à quelqu’un la mission de corriger le système de ses défauts vous donnez à ce quelqu’un le Pouvoir, la Puissance, vous créez une classe dominante.  Qu’elle soit administrative, enaniste ou politicienne c’est la même chose, vous mettez des gens au dessus, vous créez une clique auto proclamée, auto reproduite, auto cooptée. Vous lui donnez la possibilité d’imposer  ses opinions, ses intérêts, ses vues et donc vous lui  conférez un statut qui aboutit à une société de maitres, de sujets sachants.

C’était le bon temps et en tant patron d’un groupe de presse à vocation économique et financière  je les aimais bien. Je me souviens avoir lutté férocmeent à leurs cotés contre les nationalisations idéologiques et les politiques keynésiennes imbéciles qui ont conduit à l’humiliation de la France en 1982 , 1983 et à la montée du Front National propulsé par l’infâme Mitterrand. à titre de diversion.

Leurs théories avient un lien incontestable avec la liberté individuelle, la vérité, la responsabilité et la morale. Il y avait un aspect épique, un aspect « loup ».

Le libéralisme repose sur un postulat: le marché doit pouvoir fournir les signaux qui guident les décisions de tous. Vérité des prix, vérité des coûts, vérité des signaux. Vous ne pouvez faire fonctionner un système dit libéral si vous empêcher la formation de tous ces signaux. Les gouvernemnts, les fonctionnaires, les syndicats , les élites, les medias, les intellectuels, les agents économiques etc sont en concurrence et tous doivent concourir, pour éclairer l’avenir et par leurs antagonismes  ils exercent une fonction indispensable.

On nous dit souvent que tous les maux actuels viennent du libéralisme !

Mais jamais système n’a autant tourné le dos au libéralisme tout en en portant l’étiquette! Les signaux les plus importants sur le taux d’intérêt, la quantité de monnaie, le statut de la monnaie, les prix des biens et des services, tout est fait à la main, manipulé, « rigged », trafiqué. Tout est imposé, controlé, piloté.

La conséquence en est que les « marchés » ont cessé d’être des espaces ou s’expriment les préferences des agents economiques, mais qu’ils sont devenus des cours de prison, des champs clos de barbelés,  ou les dominants et les maîtres imposent leur volonté, leurs diktats  et leur vision de l’avenir. Et comme c’est leur intérêt: ils détrusient le futur, ils en font une montagne de peur .

Le problème majeur, si vous lisez comme je le fais les notes des banques centrales, leur problème majeur n’est pas de laisser le marché exprimer sa vérité, découvrir  les prix, faire émerger les optimums, mais au contraire c’est de le maitriser et de faire en sorte qu’il soit un espace de soumission, un espace de transmission.

Le mot, le mot qui commande le système est laché, c’est le mot « transmission ». Ils se plaignent du déficit de transmission. Pour eux, nous sommes des rouages récacitrants, des empêcheurs  de dominer  en rond,

Nous sommes des courroies. Des courroies dont la fonction, pour les élites est d’animer l’engrenage dans lequel leur volonté de puissance imbêcile veut nous broyer.

2 réflexions sur “Editorial. Pourquoi il faut lutter contre ce libéralisme.

  1. Oui je me souviens avec nostalgie de ces économistes et de l’époque où nous pensions possible un grand bol d’air libéral en France. Ils se sont fait étouffer par les giscardiens , et c’est incroyable de voir à quelle vitesse le système les a fait disparaître, cela m’a toujours étonné.

    Pourquoi cette vague libérale , Thatcher, Reagan a t elle fait pschittt ..? J ai l impression qu il y a eu une énorme récupération-judo par les socio-démocrates qui ont décidé de se proclamer libéraux et capitalistes ( la théorie de la fin de l histoire .., Tony Blair ..etc) pour endormir tout le monde.

    Il m’a fallu longtemps (comme beaucoup) pour comprendre que le système financier est fondamentalement anti-libéral et étatiste , et c’est sa grande force car tous les media l’ont éternellement présenté comme le bras armé du capitalisme libéral, d’où cette confusion dans tous les esprits.

    Je vais vous raconter une anecdote: Vers 1992 ( ?) , je discutais avec un cadre sup de la Banque de France, qui me racontait avec beaucoup de fierté , que pour le pot de départ du gouverneur de la Rosière ils lui avaient offert une édition originale du Capital et une autre de la Richesse des Nations . J avais trouvé ça un peu surprenant , mais je m’étais dit que c’était peut être la symbolique du  » bien et du mal ».

    J ai réalisé beaucoup plus tard, que déjà à cette époque, ces banquiers considéraient que le communisme et le libéralisme étaient les 2 maux qu il fallait dompter, via leur régulation éclairée..

    Vos remarques sur le tiers-payant prétendument généreux , ce que j appelle la redistribution, me plaisent parce que je crois que cette immoralité est plus facile à expliquer à un gilet jaune, que les distortions des BC .

    Peut être une bonne crise facilitera t elle un retour de la raison?

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