Nous sommes le jouet des forces aveugles que nous avons déclenchées par appétit pour le gain, pour le pognon et ce qui va avec, le pouvoir.

Un triste billet pour commencer l’année.

En janvier 2011, j’ai publié mon article clef sous le titre: 2010: L’année du No Exit.

Je n’en suis pas peu fier car  j’ai saisi, j’ai éclairé, j’ai désigné  alors le point marquant de la période non comme  un évènement, mais comme un non-évènement.

L’important de 2010, c’est ce que l’on n’ a pas vu, ce qui ne s’est pas produit: la sortie.

En 2020 mon article clef à un titre encore plus bref: Capitulation.

Les tournants historiques ne se manifestent pas tant par des faits visibles ou spectaculaires que par des glissements lents, souterrains dans les humeurs des peuples.

On ne peut prédire l’avenir dis-je régulèrement mais on peut voir « aujourd’hui »  avec le regard de « demain »; discerner les stuructures , des lignes de pointillés qui se soudent en lignes de forces, des invariants qui basculent.

Celui innove, qui apporte quelque chose à la société c’est celui qui pointe ce qui est en train de se jouer sans clameur, sans projecteur, alors que tout le monde est distrait par les feux d’artifices.

Pour résumer  2019 dans le  monde: la capitulation.

Ce devait être une année de normalisation de la politique monétaire. Le nouveau président de la Fed devait enfin ramener les taux directeurs à un niveau plus raisonnable.

Après avoir laissé les taux près de zéro pendant sept ans, la Fed a tardivement fait un petit pas en décembre 2015.

Une année complète s’est écoulée avant d’essayer de trouver l’audace  d’une deuxième étape prudente.

Et un an plus tard , en décembre 2017, les taux étaient toujours à 1,00%.

Les taux directeurs n’étaient que de 1,25% à 1,50% lorsque Powell a pris les rênes.

Il a osé proclamer que la normalisation était en auto-pilote c’est à dire acquise.

Les taux ont été portés à 2,25% – 2,5% fin 2018, et tout a failli s’effondrer.

En quelques jous les marchés boursiers ont chuté du maximum, pourrait on dire, autorisé; de 19,8% . On sait qu’au dela de 20% la magie veut que ce soit la grande aventure baissière qui commence . Les comités secrets se sont réunis. Mnuchin et les équipes de sauvetage ont organisé le coup d ‘arrêt.

Le demi-tour piteux  de Powell du 4 janvier a mis fin à toute notion de normalisation des taux.

Éviter l’instabilité des marchés était la seule priorité.

Et la fête a recommencé sur les marchés avec une performance inouie de près de 30% après 10 ans de hausse et alors que la croissance vacillait et que les bénéfices rétrogradaient.

En 2019, les chances pour que les banquiers centraux reprennent le contrôle des conditions monétaires sont devenues nulles. Ce qui devait arriver, ce qui était écrit comme une tragique nécessité dés 2009 est arrivé.

Si je devais choir un autre mot pour désigner la période, autre que « capitulation » je choisirai celui d' »engrenage ».

Nous sommes dans un colossal engrenage qui nous broie et nous conduit, sans conscience, aucune à notre perte.

Avec de multiples sous engrenages: engrenage des bulles financières, engrenage de la destruction des monnaies, engrenages de la destruction nos arrangements politiques internes, , engrenage vers la guerre, la vraie, plus celle qui se dit froide, tiède ou soft, non la bonne vieille, celle qui nous fait retourner à la barbarie.

La théorie conspirationniste est la théorie la plus optimiste qui puisse nous être offerte; elle suppose qu’il y a des pilotes dans l’avion et qu’ils ont un agenda.

Hélas c’est faux archi faux, Il y a des bavards, des tenants-lieux, des pantins, des commentateurs, mais pas d’acteurs,  la machine  et le système sont seuls livrés à eux mème et personne ne le comprend, personne ne les controle. Nous sommes dépassés comme des apprentis sorciers.

Nous sommes dans le tragique, dans la fatalité avec l’illusion que les petits drames humains dont nous nous distrayons chaque jour, ont une importance.

Nous sommes le jouet des forces aveugles que nous avons déclenchées par appétit pour le gain, pour le pognon et ce qui va avec, le pouvoir.

 

 

5 réflexions sur “Nous sommes le jouet des forces aveugles que nous avons déclenchées par appétit pour le gain, pour le pognon et ce qui va avec, le pouvoir.

  1. Je vous remercie Monsieur Bertez et Lupus pour le formidable travail de réflexion et d’information que vous réalisez sans faiblir et que je partage régulièrement dans ma Revue de Presse et d’Opinions. Bien à vous. Emilio Pagura.

    J'aime

  2. Les rois, les empereurs ont toujours été entourés d’astrologues, d’alchimistes et… de financiers. Ils s’en sont toujours méfié, à juste titre…

    Ce qu’il y a de tragique, c’est que l’homme moderne, l’homme nouveau-héros de la technoscience, se croie plus malin que l’homme du passé, sous prétexte de progrès (on se demande bien de quoi)…

    J'aime

Répondre à Asclépios Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s