Le système de la dette est double face. C’est une medaille. Avec une tranche.

Le système de la dette est un système double face, cde qui n’a rien d’étonnant philosophiquement.

C’est un système Janus avec un côté pile et un côté face; avec la coexistance conflictuelle indissocialble du meilleur et de la pire de choses. Je dis souvent que la dette c’est comme la langue d’Esope, la meilleure et la pire des choses.

Passif douloureux pour les uns, pour les uns , actif enrichissant pour les autres; la dette n’est pas un en-soi, c’est un rapport social.

Ce que j’appelle la médaille de la dette tient par une tranche et cette tranche c’est le rapport social. Le rapport social c’est une chose complexe faite de sociologie, de pouvoir, de politique, de culture etc etc Quand les rapports sociaux change la dette change , ainsi nous montre l’exemple des emprunts russes ou celui des vieux emprunts placés en France en debut du siècle précédent.! Ou encore la finance islamique.

Il est important de le dire et le redire car notre monnaie, c’est de la dette.

Ce n’est pas comme veut le faire croire « l’économie-bidon-classique -de -l’establishment », une marchandise dont le prix s’etablit par l’offre et la demande, ce n’est pas non plus un jeton d’ institution d’état comme veulent le faire croire les égarés de la MMT, non, la dette, la monnaie, tout cela ce sont, c’est du rapport social .

Et ce rapport social il est concret, décentralisé, il est fragmenté, il est divers, variable, etc il est fragile. C’est du rapport social qui vient d’en bas.

Face a cette diversité et à cette fragilité les banques centrales emploient toutes leurs forces pour unifier, pour socialiser, pour centraliser; elles créent de la monnaie banque centrales, ellles font tenir dans des corsets de taux , elles absorbent les pertes donc dans leur bilan elles socialisent et nationalisent ; elles déploient une energie considérable pour faire tenir le système. Pour imposer des prix et des rapports de prix. Et c’est le déploiement de cette énergie de centralisation/socialisation qui va les perdre. Elles sont prises dans un engrenage dont on ne sort pas.

Mais je digresse!

rédigé par Bruno Bertez 23 novembre 2020

La dette abonde dans le système actuel, mais on oublie généralement de tenir compte du côté créance – le côté du capital, qui devient de plus en plus fictif, et pèse ainsi sur la vraie richesse.

La dette est une médaille. Elle a deux faces – et même trois, car il y a la tranche… qui n’est pas mon propos aujourd’hui, cependant ; j’y reviendrai un jour.

Les économistes et les financiers ne retiennent de la dette que le côté pile, celui de ce qui est dû.

Moi je ne retiens généralement que le côté face, c’est-à-dire le côté créance, autrement dit le côté capital.

La dette des uns constitue le capital des autres ; la dette produit le capital. J’ajoute qu’à notre époque, elle produit le pire du capital, celui qui ne sert pas à produire les richesses futures –elle produit le capital fictif, le capital de poids mort.

Mort sur vif

La progression des ratios de dettes sur PIB exprime le poids croissant du capital fictif sur les richesses vives, le poids du mort sur le vif.

Un système qui ne fonctionne qu’avec une croissance continue de la masse relative de dettes est un système qui produit en continu du capital, indépendamment de la production, indépendamment de l’épargne.

Ce capital est alimenté par la pompe à monnaie ou la planche à billets. A notre époque, on produit du capital… à crédit. Grâce à la Bourse, on gonfle ensuite ce capital, on lui donne encore plus de valeur au fur et à mesure que la planche à billets s’active, que les taux baissent, que les QE (assouplissements quantitatifs) deviennent de plus en plus généreux.

La formation de capital est délirante, déconnectée.

Le capital n’est plus produit par le mouvement de la production des marchandises, l’exploitation du travail, l’épargne et le réinvestissement, ainsi que les fameuses équations marxistes. Non, il est désormais produit par un raccourci « crédit = alchimie de marchés = capital ».

C’est visible de façon caricaturale dans les affaires du type Uber, Netflix et autres Tesla. Ailleurs c’est plus discret, mais le même schéma fonctionne.

Capital et contrainte

Le capital, dans un système, est ce que l’on appelle une contrainte : il faut l’honorer, le servir, lui consacrer des ressources pour payer ses agios, ses revenus, ses frais et commissions et surtout son remboursement.

J’ajoute les frais et commissions car sur le capital et sur sa religion s’est érigée toute une église, avec ses grands prêtres dont il faut rémunérer la rente.

Si tout cela n’est pas fait, la valeur de ce capital, ou plutôt sa contre-valeur papier, a tendance à s’effondrer – on ne peut alors plus émettre de capital nouveau. Le goût du risque, qui est l’autre nom de la passion du jeu, s’évanouit ; le prix des papiers anciens – actions, obligations et créances – chute, la déflation s’installe.

Plus il y a de masse de capital, plus la contrainte imposée par ce capital est forte – et plus cette contrainte pèse de façon déflationniste.

Il y a un lien direct mais caché dans nos systèmes entre la tendance à la déflation d’un côté, et, de l’autre, la tendance à la suraccumulation de capital fictif comme décrit ci-dessus.

Exigences croissantes

Le capital et la dette érigent des murs de plus en plus infranchissables sur le chemin de la croissance de la production de richesse. Quand ce mur devient trop haut sur la route de la production de richesse, le capital se bouffe lui-même ; il s’auto engrosse, il se rachète et fait des buybacks, du private equity et de l’ingénierie.

En clair, le capital a tendance à imposer une contrainte de plus en plus forte – même s’il n’est que faiblement rétribué – dans un système de politique monétaire de taux bas et ultra-bas, car il faut ne jamais réduire l’arnaque en pyramide, le système de Ponzi. Le Ponzi sert à maintenir l’édifice.

Le capital qui croît ainsi sans cesse devient de plus en plus exigeant. Il exige que l’on exploite de plus en plus durement le travail, qu’on le taxe de plus en plus lourdement et qu’on le détaxe lui, le capital, en continu.

Non parce que les capitalistes sont méchants, mais parce que c’est la logique de la situation : le poids du capital le conduit à dévorer ses enfants, à peser de plus en plus fortement sur la production de richesses réelles et à exiger l’extraction du surproduit nécessaire à son entretien.

L’accumulation produit un système/engrenage qui se définit par marche ou crève.

Le système du profit et de l’accumulation de capital productif, qui est le système le plus progressiste que l’on puisse imaginer, se retourne, avec le capital fictif financiarisé, en son contraire : le système le plus malthusien et rétrograde, le plus inefficient que l’on puisse concevoir.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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2 réflexions sur “Le système de la dette est double face. C’est une medaille. Avec une tranche.

  1. Et une partie issue de la vente du capital fictif va se placer sur la dette des états, même à taux négatifs ils sont encore gagnants puisque ce sont des sommes qui n’auraient jamais du exister..et de bon et beaux cercles plein de vices suivent….

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