La stratégie de Trump

Trump sait depuis son élection, et même avant, qu’il ne sera jamais adoubé par le système, qui inclut les grands milliardaires liés à la nouvelle technologie et les hauts fonctionnaires qui travaillent pour eux.

Or, ce qui s’est passé dans les six swing states interroge, notamment en raison de l’arrêt soudain du décompte des voix dans ces six swing states durant la nuit du 3 au 4 novembre.

Logiquement, les résultats auraient dû être statistiquement partagés entre les deux candidats, mais les résultats, en novembre 2020, se sont systématiquement révélés favorables à Biden avec des écarts très faibles, sauf la Caroline du Nord attribuée à Trump:

ÉTATS% votes Biden%votes TrumpGrands électeursattribuésà BIDENGrands électeurs attribués à TRUMP
WISCONSIN49%49%10 
MICHIGAN51%48%16 
PENNSYLVANIE50%49%20 
CAROLINE DU NORD49%50% 15
GÉORGIE50%49%16 
ARIZONA49%49%11 
TOTAL VOTES SWING STATES  6315

Il suffirait que Biden perde 37 de ces 63 grands électeurs pour qu’il perde aussi l’élection à la Présidence des États-Unis.

Trump et ses avocats savaient donc que tout serait mis en œuvre, dans la légalité de préférence, mais aussi parfois dans l’illégalité, pour remporter ces États.

Déjà, le 7 novembre, Biden prenait la légalité en otage en annonçant publiquement sa victoire « d’après les médias », alors que l’actuel président n’avait pas admis sa défaite, que les avocats de Trump déposaient des recours pour que soient effectuées des enquêtes préliminaires et que le general attorney William P. Barr ordonnait qu’un dossier d’instruction soit ouvert, mettant en branle les autorités policières et judiciaires dans chaque État concerné.

Des milliers d’agents ont été mobilisés et sont toujours à l’œuvre.

Selon les avocats du président, il en ressortirait déjà des preuves édifiantes : incohérences statistiques, faux bulletins, faux électeurs, intrusion malveillante dans le logiciel Dominion avec des centaines de témoignages sous serment. Cependant les modalités électorales dépendent des autorités locales et elles se sont opposées dans presque tous les swing states aux procédures lancées par les avocats de Trump avec l’appui des autorités fédérales.

Or l’objectif de ces avocats n’est pas de contraindre les autorités locales à obéir à leurs injections, mais de montrer à la Cour suprême que les cas de fraude sont suffisamment avérés et généralisés pour justifier l’invalidation des élections dans les États concernés.

Il suffirait en effet que 3 des 5 swing states attribués à Biden révèlent des résultats suspects pour que ni Trump ni Biden n’atteignent le nombre des 270 grands électeurs requis.

Dès lors, si, au 14 décembre, le collège électoral ne parvient pas à élire un président, celui-ci sera élu par la Chambre des représentants selon le 12e amendement de la Constitution qui stipule que chaque État dispose d’une seule voix, indépendamment de sa taille. Or les Républicains détiennent 30 États et les démocrates en détiennent 20…

En résumé, la réélection de Donald Trump est une configuration possible sinon plausible.

Tout repose sur deux facteurs liés, d’une part la solidité et l’importance des preuves de fraude et d’autre part la capacité de la Cour Suprême à s’opposer aux cris d’orfraie que ne manqueront pas de pousser les médias et le Parti Démocrate et ses électeurs.

Sans préjuger de la validité et de l’importance des preuves de fraude, on imagine en effet la violence de l’onde de choc que provoquerait l’invalidation des élections dans suffisamment d’États pour ne pas permettre à Biden d’être élu, ce qui rend sceptique sur la capacité des juristes de la Cour Suprême à la provoquer sciemment, sachant les conséquences sur leur vie professionnelle et personnelle.  

Il est donc évident que Trump et ses avocats ont sérieusement considérés l’hypothèse du rejet de leurs requêtes et donc l’hypothèse de l’élection de Biden. Dans ce cas le résultat de tous ces efforts juridiques, de ces conférences de presse, de ces Tweets rageurs ne serait pas nul.

Il permettrait à Trump de se poser en victime des conspirations des Démocrates et aux Républicains de conduire leur bataille politique en délégitimant d’avance leurs adversaires, une bataille sur le thème de la revanche qui risque d’être féroce, avec Trump dans le rôle de Robin des Bois et Biden dans celui du Shérif de Notthingham. 

Une bataille que les Démocrates auront du mal à soutenir devant l’opinion, avec un aussi grand nombre de milliardaires de leur côté qui les font désigner coupables d’avance ! 

André Boyer.

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