Cygne noir? Non! Trucage comptable, oui.

Il y a de nombreuses façons de voir la même réalité.

Il n’y a pas de devin.

Il y a simplement des façons de voir qui sont plus justes et plus efficaces que d’autres pour guider la praxis.

L’intelligence ne tient bien souvent qu’à cela: savoir utiliser les outils intellectuels qui sont ls mieux adaptés à l’analyse d’ une situation.

Bien souvent je dis que l’avenir ne se devine pas mais que celui qui éclaire le mieux le futur c’est celui qui voit le présent avec les yeux de demain.

Je pense qu’en ce moment il est utile de ressortir la théorie de la « balance sheet recession », la théorie de la recession provoquée par la destruction des bilans

Une récession du bilan est un type de récession économique qui se produit lorsque des niveaux élevés d’endettement du secteur privé poussent les particuliers ou les entreprises à se concentrer collectivement sur l’épargne en remboursant la dette plutôt que de dépenser ou d’investir, ce qui ralentit ou ralentit la croissance économique.

Le terme est attribué à l’économiste Richard Koo et est lié au concept de déflation par la dette décrit par l’économiste Irving Fisher.

Les exemples récents incluent la récession au Japon qui a commencé en 1990 et la récession américaine de 2007-2009.

Je pense qu’il sera utile de la garder à l’esprit ces prochaines années.

C’est la raison pour laquelle je réintroduis ce que tout le monde évacue; les effets de stocks, les effets de destruction des bilans. Le bilan, c’est la mémoire des agents économiques, les cicatrices si on veut.

Rédigé par 

Bruno Bertez 

15 janvier 2021

Qu’est-ce qu’une crise ? Et comment, par des manipulations comptables, peut-on masquer leurs effets… du moins pendant un certain temps ?

Les crises sont des effets de stocks, des effets d’accumulation, des effets de rupture. Tout cela est parfaitement illustré par le sens commun, qui utilise des images comme la goutte d’eau qui fait déborder le vase, ou encore le fétu de paille qui brise le dos du chameau.

Je me bats depuis des années pour faire comprendre ce phénomène – à savoir : les effets de flux masquent pendant un certain temps les effets de stocks mais, in fine, ce sont toujours les effets de stocks qui gagnent.

Comme dans les avalanches si vous voulez.

Les idiots appellent cela les cygnes noirs. Non ! Les effets de stocks sont prévisibles dans leur révulsion ; simplement, ils ne sont pas prévisibles en termes de calendrier car il faut des phénomènes déclencheurs, des causa proxima.

Crise de stock

La crise de 2008 était déjà une crise de stock, une crise de stock excessif de dettes, de leverage et de refinancement court. Bref, c’était une crise de bilan, de désajustement entre les actifs et les passifs. Trop de passifs face à trop peu d’actifs en face.

On a masqué la crise de bilan en inflatant les gages, c’est-à-dire en gonflant la valeur des actifs financiers et patrimoniaux ; en quelque sorte on a réévalué les bilans !

On a réévalué les bilans plutôt frauduleusement, afin de donner une apparence de solvabilité.

On a, si vous voulez, gonflé la valeur des gages en représentation des dettes. Cela a dissimulé l’insuffisance des cash-flows nécessaires pour honorer les dettes ; en même temps, cela a permis de rouler les dettes et de les accumuler encore plus.

La baisse continue des taux a permis de réévaluer les actifs financiers, par exemple, en continu, puisque les actifs anciens qui rapportent plus sont recherchés chaque fois que l’on baisse la rémunération des actifs nouveaux.

Un actif qui rapporte 4% se revalorise immédiatement quand la rémunération moyenne sur le marché devient 2% et a fortiori 0%, tout le monde comprend cela.

On a produit systémiquement des faux bilans, non sincères en termes orthodoxes, c’est-à-dire en regard des cash-flows qui sont normalement nécessaires pour les valider.

Car n’oubliez jamais : les dettes s’honorent par des cash-flows.

Sinon, pour les honorer, il faut vendre des actifs… mais si le système doit vendre ses actifs, alors tous les prix fictifs s’écroulent et le pot aux roses se révèle.

Retrouvez un extrait d’interview de Carmen Reinhart, économiste en chef de la Banque mondiale, qui développe ces questions, en cliquant ici.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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