La dette des gouvernements, c’est sacré, cela permet d’en accumuler beaucoup. Et certains voudraient lui oter ce caractère!

Notre système monétaire et financier repose sur des mythes: mythe de l’indépendance des banques centrales, mythe que la monnaie est neutre, mythe que les dettes souveraines sont aussi bonnes que de l’or, mythe que les dettes doivent être remboursées etc.

Ces mythes sont constitutifs du système et de la confiance que les gens lui accordent? Pourquoi les saboterait-ont? Pourquoi les classes sociales qui ont réussià capturer l’outilmonétaire s’en priveraient ellles? Elle n’ont pas vocationa se faire hara kiri!

L’économiste Thomas Piketty, créateur de certaines des propositions les plus absurdes adoptées par l’extrême gauche, a publié un article dans lequel il demande une annulation de la dette publique entre les mains de la Banque centrale européenne «en échange de plus d’investissements publics»… investissements publics qui, soit dit en passant, seraient payés par encore plus d’émission de dette publique.

Fascinant. oser demander l’annulation de dettes anciennes pour solliciter la confiance et en emettre plus! Il n’y a que des Mélenchon pour y croire.

Le drame de gens comme Piketty, c’est qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent, ils sont dans leurs livres, glosent , mais n’ont aucune conscience des réalités. Ils sont dans l’unilatéralisme. Ils ne savent pas ce qu’il y a derrière les mots. Je l’avais deja remarqué dans les fameux écrits de Piketty sur les inégalités, il n’avait rien compris au système capitaliste. Piketty est un idiotutile, utile auFMI par exemple qui le soutient pour faire passer son thème sur la réduction cosmétique des inégalités.

Le système dans lequel nous vivons est articulé autour d’un invariant: la solvabilité des gouvernements et singulièrement ceux des monnaies de réserves. Le système est capitaliste-monétaire c’est à dire que l’extorsion et la réalisation de la plus valiue, puis l’accumulation sans fin du capital sont ancrés, indissociables de la monnaie.

Cet invariant est central à savoir que jamais il ne faut le remettre en question. Pourquoi? Parce que les dettes des gouvernements servent de pierre angulaire au système monétaire et bancaire. Les dettes des gouvernements sont sacrées: c’est un mythe mais il faut s’y tenir.

Si nos sytèmes sont régulables c’est parce que l’outil de cette régulation existe et qu’il est souverain, cet outi c’est la dette des états, la dette souveraine, la dette des gouvernements.

Ici l’erreur est de demander une annulation volontaire de la dette publique à des institutions qui precisément vivent du maintien de la fiction que les dettes publiques qui servent de garant au système sont aussi bonnes que l’or et donc qu’elles sont remboursables quoi qu’il advienne. Il faut que la croyance dure, que l’on y croit dur commer fer : elles seront un jour honorées.

Comment peut on l’ignorer?

Comment peut on être stupide à ce point? Le système de ces gens, les banquiers centraux et les politiciens de l’establishment vivent et survivent grâce à un mythe et on leur demande de le détruire ! C’est comme si on leur demandaitde se faire hara kiri. Castrez vous les gars rendez vous impuissants!

C’est aussi stupide que les rebellocrates qui demandent aux médias du Pouvoir dominant de les aider à le contester.

Les dettes souveraines ne seront jamais honorées, jamais remboursées , on n’arrive deja plus à en payer les intérêts; et pour s’en convaincre il suffit d’observer la situation; le maintien de la solvabilité des gouvernements n’est obtenu, en apparence, que par les taux zéro et taux négatifs. C’est à dire que l’on a oté à ces dettes .. le statut de dettes, elles ne produisent/coûtent plus rien . Ce sont des dettes Canada Dry, elles ont l’air de dettes, on les appellent des dettes, mais elles n’ont pas les vraies caractéristiques de la dette; tout comme le Canada Dry ne contient pas d’alcool, elles, elles ne produisent pas d’intérêt.

Mais formellement, facialement, nominalement on maintient, l’illusion, ce sont des dettes .

Ecoutons la réponse officielle de la BCE en la personne de Luis de Guindos.

Luís de Guindos, vice-président de la BCE, a réglé la controverse par deux affirmations .:

«L’annulation de la dette (dans le bilan de la BCE) est illégale et

elle n’a pas non plus de sens économique», expliquait-il à Reuters le 4 février 2020.

La première partie est évidente. Elle est interdite par les statuts de la Banque centrale européenne.

Daniel Lacalle explique ici le manque de sens économique auquel fait allusion de Guindos.

L’annulation d’une dette est la preuve de l’insolvabilité de l’émetteur. Si, comme le répète Piketty, la solvabilité et la crédibilité du crédit de la zone euro ne sont pas en jeu, alors pourquoi demander une annulation?

Si, en plus, comme le soutiennent Piketty et d’autres défenseurs de l’endettement massif de l’Etat, les déficits ne sont pas un problème et si l’augmentation de la dette n’est pas une préoccupation car elle crée des réserves, alors pourquoi l’annuler?

N’oublions pas que bon nombre des partis politiques qui ont adopté l’idée de Piketty en Europe, Podemos, Syriza et d’autres partis radicaux européens, ont déposé une proposition de sortie de l’euro en 2016 qu’ils n’ont par la suite jamais éliminée ou rejetée.

Les députés de Podemos ont présenté une résolution à Strasbourg pour que l’Union européenne prépare les mécanismes de «dissolution ordonnée de l’euro». Ils ont également proposé de mettre en place «les mécanismes qui permettraient à un pays intégré dans la monnaie unique de l’abandonner pour adopter une autre monnaie».

Donc, fondamentalement, les partis radicaux en Europe exigent que la BCE annule leur dette et en imprime davantage tout en gardant la possibilité de quitter l’euro!

Appelez ça vouloir le beurre et l’argent du beurre et baiser la crémière.

La plupart des États de la zone euro se financent aujourd’hui à des taux négatifs ou à des rendements extrêmement bas. Ce serait une erreur de penser que ces faibles taux d’intérêt sont la conséquence d’une bonne politique budgétaire de leur gouvernement.

Si la zone euro a des taux d’intérêt bas et des rendements faibles, c’est parce que ce sont les contribuables européens qui la maintiennent solvable. Il y a un lien entre la qualité des dettes et la solvabilité des peuples, leur puissance contributive.

En fait c’est surtout grâce à la solvabilité financière de l’Allemagne. C’est l’Allemagne qui inspire confiance par ses excédents et son orthodoxie de gestion.

Les contribuables européens et l’économie allemande soutiennent la crédibilité de l’euro en tant que monnaie et, grâce à cela, la BCE peut mener des politiques expansionnistes.

Les sinistre Piketty et autres oublient que la dette portée aprla BCE est un actif du bilan de la BCE , mais que cetactif a pour contrepartie un passif! Et oui il y a un passif en face de la dette qui est au bilan de la BCE et ce passif, il faut l’honorer ou du moins faire croire que l’on va l’honorer.

En pratique c’est la crédibilité de l’Allemagne qui est mise à contribution et la parole de Markel qui a toujours voulu préserver l’oeuvre de son maitre, Helmut Kohl. L’actif du bilan de la BCE, constitué par les dettes souveraines est une sorte d’euroBond, c’est une mutualisation qui ne veut pas dire son nom, mutualisation obtenue sur le dos -in fine- des Allemands.

Une obligation en euros est un actif attrayant pour de nombreux investisseurs dans le monde uniquement parce qu’elle est censée présenter le risque le plus faible. L’ouverture de la boîte de Pandore des annulations signifie que son statut d’actif sur et sans risque disparait .

Ce que nous lisons dans la colonne de Piketty sont les arguments populistes fallacieux typiques.

Les allégements de dette et les défauts de paiement existent, bien sûr: ils sont la preuve de l’insolvabilité d’un émetteur. Ce qui n’existe pas, c’est un allégement de la dette pour dépenser plus et s’endetter encore plus, or c’est précisément ce qu’ils proposent, ce qui conduit à une monétisation constante et à des annulations en chaine qui finissent par miner la solidité de l’euro.

Ce que demande Piketty, en dernière analyse c’est la monétisation directe par la BCE de toutes les dépenses publiques sans limites ni différenciation. Autrement dit, il veut copier l’Argentine.

Ni les États-Unis, ni le Japon, ni le Royaume-Uni ne pensent à de telles absurdités. Parce qu’ils savent qu’ils perdraient leur statut de réserve mondiale.

La Banque centrale européenne a déjà acheté 100% des émissions nettes de la plupart des États membres de la zone euro et environ 30% de l’encours de leur dette. Avec quoi la BCE l’a-t-elle acheté? Avec la solvabilité des agents économiques de toute la zone euro. Ceci est essentiel pour comprendre pourquoi la dette n’est pas une simple note comptable et que la BCE ne peut pas l’annuler à volonté.

.La Banque centrale européenne peut emprunter grâce à la force de l’épargne et de l’économie des pays membres de la zone euro.

Lorsque la BCE achète des obligations souveraines de la zone euro, pour la banque centrale, notre dette est un actif de qualité maximale et à faible risque qui a de la valeur si les États membres respectent leurs engagements de crédit et sont des débiteurs fiables. Si la BCE retirait cette dette de son bilan, elle détruirait ses actifs et, avec elle, la confiance en sa viabilité ainsi que sa capacité à rester une banque centrale de premier plan.

L’annulation de la dette souveraine detenue par la BCE détruirait sa position mondiale en tant que prêteur et garant de dernier recours, car cela montrerai aux investisseurs mondiaux que ses actifs (la dette des pays qu’elle a achetés) ne sont pas de haute qualité et à faible risque, mais indésirable insolvable.

N’importe quel investisseur peut comprendre que ce qui semble «unique» maintenant se reproduira à l’avenir, surtout à en juger par les politiques de déficit massif que les partis qui suivent Piketty réclament

Le lecteur peut nous dire que la Grèce a obtenu un allégement de sa dette. C’est vrai, mais en échange de quoi? En échange d’un vaste programme énergique de réformes et de coupes budgétaires qui ramènerait le pays à un excédent primaire dans un court laps de temps. C’est à dire que l’allégement de la dette a eu pour contrepartie un ensemble de décisons de réformes destimées a maintenir la confiance, c’est à dire le mythe.

Des restructurations de dette existent, bien sûr, ce qui n’existe pas, ce sont des restructurations de dette en échange de dépenses supplémentaires et de plus d’emprunts .

En tout cas, une réduction des dettes ne résout rien si les déficits annuels continue de se creuser, problème que ni Piketty ni les partis qui défendent ses théories n’entendent résoudre, bien au contraire. Dans quelques années, l’endettement du pays redeviendrait au même niveau car il accumulerait des déficits structurels plus élevés.

La dette n’est pas un nombre, c’est un contrat d’engagement dont la valeur est maintenue car la garantie et la fiabilité de l’émetteur sont assurées. La dette, qui est un actif du bilan de la BCE, maintient la stabilité et la solvabilité de l’euro en tant que monnaie car l’engagement des États membres à le rembourser n’est pas remis en question.

Une fois qu’ils rompraient cet engagement, l’euro, et avec lui la capacité de financement de notre économie, disparaîtrait en peu de temps.

9 réflexions sur “La dette des gouvernements, c’est sacré, cela permet d’en accumuler beaucoup. Et certains voudraient lui oter ce caractère!

  1. Bonjour,

    A force de constater le récit incohérent et le déroulement improbable des choses économiques, qui démentent les analyses les plus rationnelles, je finis par considérer que le trader Chris Pirnak a raison.

    « Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi notre système financier semble toujours si proche de l’effondrement, mais arrive toujours à se maintenir ? Peut-être a-t-il en fait été conçu et établi de cette manière, afin de tromper ceux qui prennent conscience de ses véritables objectifs. C’est un système construit sur la peur, l’incertitude et l’hermétisme, et ceux qui ne comprennent pas son essence en seront la proie. »

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  2. Bonjour M. Bertez
    Certes! Mais vous écrivez par ailleurs que le totalitarisme est en marche, or la question du règlement des dettes contractées par des régimes totalitaires a donné naissance à la notion juridique de dette « odieuse » qui peut être répudiée à certaines conditions. Mais aujourd’hui encore la question est en général réglée par la loi de la jungle!
    Voici ce que le texte du soviet de St Petersbourg présidé par Trotsky en 1905 disait, entre autre:
    « Le gouvernement a dilapidé les caisses d’épargne et a fait usage des fonds déposés pour renflouer des banques privées et des entreprises industrielles qui, souvent, sont véreuses. …
    Profitant de ce que les finances ne sont pas contrôlées, le gouvernement conclut depuis longtemps des emprunts qui dépassent de beaucoup la solvabilité du pays. Et c’est par de nouveaux emprunts qu’il paye les intérêts des précédents. »
    Ces raisons firent partie de celles qu’invoqua le régime soviétique en 1918 pour répudier la dette tsariste. Ce qui prolongea la guerre de 14 18 , les puissances occidentales tentant jusqu’en 1919 de renverser le régime soviétique à partir des territoires russes occupés.
    Donc, si cette fiction de la continuité des dettes et de la solvabilité des Etats est belle et bien sacrée, à juste titre, il n’en est pas moins vrai que cela évolue, lentement mais surement.
    Les banquiers en général aimeraient bien que le mythe sacré demeure intangible mais cela ne se peut. L’immobilité est contraire à la vie et à l’évolution.
    Cordialement.

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  3. Voir les écrits de Eric Toussaint sur la dette, par exemple « Quels sont les 4 types de dettes publiques qui ne se remboursent pas ? » https://www.cadtm.org/Quels-sont-les-4-types-de-dettes-publiques-qui-ne-se-remboursent-pas.
    La dette est au cœur de la souveraineté nationale, c’est pourquoi les ploutos et leurs larbins UE-péistes interdisent tout débat sur ce sujet et bloquent même la plus petite allusion. A contrario, renégocier la dette reviendrait à se prendre en charge et ça, le bon peuple ne le souhaite manifestement pas.

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  4. Ne faudrait il pas justement encourager cyniquement l’annulation des dettes détenues par la BCE pour accélérer la fin du système qui, comme vous le décrivez souvent, a atteint un point de non-retour et est inévitablement condamné ? Etant donné que plus l’effondrement sera tardif, plus il sera douloureux, toute manoeuvre pour en accélérer la chute est plutôt salutaire, non ? Mieux vaut se couper un doigt maintenant qu’un bras dans 5 ans…

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  5. Il y a un doublon dans votre parution de mise en page entre « ce que nous lisons …..et à volonté en double  » ça rend votre article un peu brouillon pour la lecture.

    Est ce le bon mot la banque centrale peut « emprunter » dans la phrase qui suit ?
    « La Banque centrale européenne peut emprunter grâce à la force de l’épargne et de l’économie des pays membres de la zone euro. »

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    1. Merci j’ai corrigé et clarifié.
      oui la banque cnetrale est une banque elle a un passif; donc elle emprunte techniquement. Elle paie les titres qu’elle porte à l’actif avec ce passif constitué de son capital, de ses dettes envers les établissements qui ont un compte à la BCE etc
      Quand la BCE achete une dette italienne aupres d’un etablissement ou sur un marché, elle credite le compte de cet etablissemnt ouvert dans ses livres. Le detenteur du compte est un créancier de la BCE.

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