Essai. L’Histoire est à nouveau en marche. L’inflation a pour fonction de la ralentir.

Sommes-nous au début d’un nouveau cycle ou dans les phases finales du précédent cycle de plusieurs décennies? N’est-ce qu’un mauvais moment à passer, tout va-t-il reprendre son cours par la suite? Pour répondre à ces questions, il faudrait d’abord pouvoir identifier, nommer, caractériser, dater le cycle dont nous parlons! Ou en sommes nous?

C’est une tache très difficile.

J’identifie plusieurs grands cycles historiques:

-celui de la domination d’une puissance impériale,

-un grand cycle du crédit qui est celui initié par Bretton Woods,

-un grand cycle de globalisation économique,

-un grand cycle de coopération/affrontement géopolitique ,

-un grand cycle d’alternance droite/gauche,

-un grand cycle du profit marqué par le début puis la fin du néo libéralisme.

Dans ce cadre un cycle se termine peut être également, c’est celui de la mondialisation: peut être allons assister à un retour au pouvoir des Etats Nations?

J’irai plus loin, dans ce cycle, les marchés ont échoué. Ils ont été incapables d’imposer la discipline aux états et aux banques centrales.

Les gouvernements ont succombé à la tentation d’émissions massives de fin de cycle, repoussant les limites de l’accommodation et les marchés se sont révélés incapables d’exercer leur fonction de discipline. Ils n’ont pas réussi à s’opposer aux manipulations des prix. Nos systèmes de prix sont faux , notre avenir c’est le contrôle autoritaire des prix et des salaires, c’est à dire les politiques de revenus.

j’ai conscience que ces cycles sont emmêlés, surdéterminés et qu’ils sont plus ou moins les différentes facettes ou les différentes façons d’émerger d’une même réalité, mais laquelle?

Je vais tourner la difficulté et proposer la simplification qui suit. Nous étions dans un certain ordre et cet ordre a trouvé ses limites. Il est en train de voler en éclats et en même temps que nous assistons à ses soubresauts, nous sommes plongés dans la lutte entre les privilégiés de l’ordre ancien et les spoliés laissés pour compte qui en ont été les victimes.

L’inflation de monnaie et de crédit et l’inflation future des prix des biens et services seraient par exemple le symptôme de cet affrontement , la chaleur , la déperdition, la destruction qui se diffuse par le frottement; l’inflation serait l’illustration de la déperdition.

L’inflation de monnaie, de crédit, puis des prix des actifs, puis des prix des biens et services est à la fois la solution pour retarder l’effondrement de l’ordre ancien et en même temps le facteur qui va précipiter sa chute.

Tout au long de mes analyses j’ aborde ces questions, que ce soit sous l’angle monétaire, financier, politique, social, géopolitique et je m’ efforce de montrer qu’il y avait une logique du Tout.

Tout s’emboite pour former Système. Et le système est bien plus que la somme des parties, les parties ne sont intelligibles que dans leur rapport au système et dans le mouvement qui les porte vers un nouvel ordre.

Seule la pensée dialectique permet d’ébaucher un début d’intelligibilité. La pensée bourgeoise,, positive mécanique par construction ignore le mouvement, c’est une pensée de l’équilibre en tranches alors que le monde ne va que de déséquilibres en déséquilibres .

La pensée bourgeoise c’est « ô temps suspend ton vol », c’est le désir féroce pour que rien ne change. C’est une pensée idéologique dont la fonction est de justifier/masquer l’ordre ancien établi. Elle est inapte à saisir les tournants, le changemen,t, le mouvement, les mutations , les mues, les destructions créatrices.

Penser Système et penser Mouvement, c’est penser que tout est imbriqué, que les parties ne se comprennent que par l’ensemble et l’ensemble par les parties; c’est penser les antagonismes internes et les contradictions externes et c’est accorder plus d’importance au jeu des forces objectives qu’aux volonté affichées et aux subjectivités.

En clair « penser système et penser de façon dialectique » c’est admettre que:

l’histoire se remet en marche, History is gain on the move.

J’ai soutenu et je soutiens que nous sommes dans un système et que ce à quoi il nous est donné d’assister c’est la formidable manifestation des limites de ce système. Nous butons, le système ne parvient plus ni à avancer, ni à se reproduire. Il se fracasse sur ses limites internes . Il se heure aux formations historiques qu’il a lui même suscitées. Il est obligé de se renier pour durer encore un peu, il est contraint de passer de la coopération à l’affrontement, du consensus à la violence et il est condamné à devenir de plus en plus illégitime. C’est tout cela qu’exprime pèle mêle : la création monétaire, les inégalités, les contrôles de populations, les mensonges, la censure, la guerre froide qui devient tiède , le populisme …

Pour essayer de durer le système doit tricher, renier ses propres règles, faux monnayer, mentir , propagander, recourir à la violence, à la surveillance, contrôler etc .

Le système est en bout de course.

Le texte ci dessous est intéressant car il pointe plus ou moins dans les directions que j’ai désignées ci dessus, il fait en quelque sorte la jonction, il trace un pont entre ma démarche et une démarche à peu près intelligente de la pensée positive.

Le journaliste en entrevoit quelque chose .

5 mai – Wall Street Journal James Mackintosh:

«Nous pourrions être à un tournant générationnel pour la finance. 

La politique, l’économie, les relations internationales, la démographie et le travail se tournent tous du même coté, ils recherchent le soutien de l’inflation. 

Après plus de 40 ans de politiques qui ont donné la priorité à la lutte contre la hausse des prix, les solutions favorables aux investisseurs et aux consommateurs sont de moins en moins à la mode, non seulement aux États-Unis mais dans une grande partie du monde. 

Les investisseurs ne sont malheureusement pas préparés à un tel changement, peut-être parce que de tels tournants historiques se sont avérés extrêmement difficiles à repérer. Cela peut être une autre fausse alerte, et cela prendra de nombreuses années, mais les preuves d’un changement général sont solides sur cinq fronts. »

Les «cinq fronts» soulignés dans l’article du Wall Street Journal sont les suivants:

1) «Les banques centrales, dirigées par la Réserve fédérale, sont désormais moins préoccupées par l’inflation.» 

2) «La politique a changé, tout le monde est d’accord pour dépenser plus maintenant, et payer plus tard.» 

3) «La mondialisation c’est démodée.»

 4) «Les données démographiques vont aggraver la situation.» 

5) «Le travail exerce une pression à la hausse sur les salaires et les prix.»

Everything Screams Inflation – WSJ.

L’analyse est bien fondée, elle va dans la bonne direction, tout comme le titre de l’article: «Tout crie à l’inflation». 

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