Editorial: Lâche suicide d’un banquier orthodoxe: Weidmann. Croyez moi , vous êtes concernés!

Weidmann a donné sa démission. Qui peut lui en vouloir ? Moi. Certainement et fortement.

Même en partant je considère qu’il a trahi.

Il a trahi ses idées, il a trahi le peuple allemand, il a trahi l’histoire allemande, il a trahi les Traités Européens, il a trahi ceux qui, en Europe, lui ont fait confiance pour résister à la dérive inflationniste voulue, sinon imposée par les anglo-saxons.

Il a trahi le capitalisme rhénan, le capitalisme de production, il a accepté de courber l’échine devant le capitalisme d’écart, le capitalisme d’arbitrage, le capitalisme parasitaire. Le capitalisme financier, celui qui produit peu et joue beaucoup.

Quand il a démissionné, j’ai vraiment eu le sentiment d ‘être trahi, je le répète.

Je doute depuis longtemps de l’authenticité du courant conservateur allemand.

Je doute de la réelle détermination des intellectuels allemands qui jouent aux rebellocrates.

J’ai finalement accepté l’évidence : ces gens sont des alibis, des hommages du vice à la vertu, ils servent de caution à des politiques scélérates de destruction de nos sociétés.

Les rebellocrates, finalement quand on est objectif, voila les ennemis: ils canalisent les oppositions et ils les émasculent en nous faisant vivre dans un monde d’illusions et de faux espoirs. La fonction des rebellocrates est, objectivement, de faciliter la mise en place de ce contre quoi ils font semblant de lutter.

Les rebellocrates vivent de leur statut, ils vivent dans un sale monde de drames et magouilles et de compromis alors que la situation est non pas dramatique, mais tragique.

J’aime Antigone, celle qui a la dimension tragique et résiste au pouvoir politique en s’écriant : je hais l’espoir, votre sale espoir !

J’avais conservé une petite estime pour Weidmann, elle vient de s’envoler.

Weidmann vient de se comporter comme un minable gauchiste au sens de Marx, et Lénine c’est à dire au sens de celui qui souffre de la maladie infantile du communisme. Il a baissé les bras et déserté.

Quand on n’est pas content, que l’on a une analyse imparable, de haut niveau, et que le combat est historique, on ne démissionne pas , on ne se suicide pas, on se bat. on meurt au Front.

Et pour se battre, il faut exister, être à un poste visible, en vue et il faut se servir de ce poste comme tribune. Une tribune dans notre société ou la guerre est une guerre de la communication pour imposer sa vérité, abandonner sa tribune c’est c’est fuir le champ de bataille.

20 octobre – Financial Times :

« Jens Weidmann a décidé de se retirer après une décennie à la tête de la banque centrale d’Allemagne, quelques semaines seulement après les élections générales du pays et peu avant une décision cruciale sur l’avenir de la politique monétaire de la zone euro.

 Le président de la Bundesbank a été l’un des critiques les plus virulents de la politique monétaire ultra accommodante menée par la Banque centrale européenne, où il a mené une bataille souvent solitaire contre ses politiques d’achat d’obligations et de taux d’intérêt négatifs. 

L’homme de 53 ans a déclaré… qu’il partait pour des « raisons personnelles ». Mais ses collègues ont déclaré qu’il était fatigué de s’opposer aux politiques de la BCE et s’attendait à ce que ces frustrations augmentent à mesure que l’économie se redresse, que l’inflation augmente et que les mesures de relance généreuses de la BCE deviennent plus difficiles à justifier.

Jens Weidmann a mené le bon combat. Ce fut un guerrier intellectuel supérieur mais il fut submergé par les assauts de l’inflationnisme anglo-saxon véhiculé par les partenaires de la périphérie européenne.  Weidman, était un ancrage intellectuel, mais il n’a pas sauté le pas au point de devenir un point de ralliement ou un chef pour un combat. C’est la faiblesse des intellectuels, elle est organique cette faiblesse.

Ce fut un homme à la stature d’Homme d’État à une époque où il y a peu de monde pour jouer ce rôle ou plutôt accomplir cette mission. Banquier central ce n’est pas un job. C’est autre chose, c’est bien plus que cela.

Ce fut une voix trop souvent solitaire; peu à peu tous les autres conservateurs allemands se sont tus , submergés par les européistes à courte vue et surtout par le business toujours avide de facilité monétaire pour doper ses ventes et ses profits.

Le départ de Weidmann, signe, pour moi, la fin, la disparition du dernier partisan de ce que l’on appelait avant, le cercle vertueux, celui de la monnaie saine, de l’investissement, de la compétitivité, de l’emploi, de la distribution de revenus .

Sous les coups de boutoir domestiques et externes en provenance des pays du sud et de Londres l’Allemagne s’est ralliée au cercle vicieux de la facilité, de la dette et de la manipulation monétaire.

Sous cet aspect, le départ de Weidmann, symbolise, signe la clôture de l’esprit Nietzschéen en Allemagne . Il y a longtemps que l’Allemagne veut liquider les derniers Nietzschéens et devenir conforme, esclave !

Weidmann nous laisse un monde d’absurdité monétaire. Pire de mensonges érigés en vertu; plus personne n’ose dire la vérité; à savoir que la monnaie actuelle est un outil de tromperie institutionnelle , un outil d’exploitation des braves gens au profit des canailles.


 Le fondement du cadre analytique de Weidmann repose sur la morale: l’argent honnête. Ce qui, décliné donne « argent stable ».

Draghi le voyou fossoyeur est honoré, Weidmann le saint, l’ascète est vilipendé

Voila notre monde.

EN PRIME:

“ Les effets secondaires des taux d’intérêt bas. 

Des recherches ont montré que la prise de risque devient plus agressive lorsque les banques centrales appliquent un accommodement monétaire inconditionnel lors des accidents provoqués par la spéculation financière. En fin de compte, accorder trop d’importance à la lutte contre les risques immédiats pour la stabilité financière créera des risques encore plus grands pour la stabilité financière et la stabilité des prix à l’avenir. » Jens Weidmann : Economics Club de New York, 23 avril 2012

« Les banques centrales créent de la monnaie en accordant des crédits aux banques commerciales contre des garanties ou en achetant des actifs tels que des obligations. Le pouvoir financier d’une banque centrale est en principe illimité ; il n’a pas besoin d’acquérir au préalable l’argent qu’il prête ou utilise pour les paiements, mais peut en fait le créer à partir de rien. La création monétaire apparaît principalement sur le bilan de la banque centrale, dans ses comptes…

Si les banques centrales peuvent potentiellement créer une quantité illimitée de monnaie à partir de rien, comment pouvons-nous nous assurer que la monnaie reste suffisamment rare pour préserver sa valeur ? 

Cette capacité à créer de la monnaie plus ou moins à volonté ne crée-t-elle pas la tentation de profiter de cet instrument pour créer des marges de manœuvre supplémentaires à court terme, quitte à risquer des dommages très probables à long terme ? Oui, cette tentation existe certainement, et beaucoup dans l’histoire monétaire y ont succombé. 

Avec un regard rétrospectif, on s’aperçoit que c’est souvent la raison de la création d’une banque centrale : offrir aux détenteurs du pouvoir un accès gratuit à des ressources financières apparemment illimitées. 

Cependant, une telle ingérence du gouvernement dans la banque centrale, combinée à la forte demande de financement du gouvernement, a souvent conduit à une forte expansion du volume de monnaie en circulation, lui faisant perdre de la valeur par l’inflation. À la lumière de cette expérience, les banques centrales ont ensuite été établies en tant qu’institutions indépendantes, chargées de protéger la valeur de la monnaie, afin d’empêcher explicitement le gouvernement de coopter la politique monétaire.

L’indépendance des banques centrales est un privilège extraordinaire – ce n’est cependant pas une fin en soi. 

Son objectif principal est d’utiliser sa crédibilité pour garantir que la politique monétaire se concentrera sans entrave sur la préservation de la valeur de la monnaie. Une politique monétaire indépendante associée à des décideurs politiques dotés d’une boussole efficace et axée sur la stabilité est une condition nécessaire – mais pas suffisante – pour préserver le pouvoir d’achat de la monnaie ainsi que la confiance du public en elle. 

Bien sûr, il est important que les banquiers centraux, qui sont en charge d’un bien public – en l’occurrence, de la monnaie stable – renforcent la confiance du public en expliquant leurs politiques. La meilleure protection contre la tentation en matière de politique monétaire est une société éclairée et axée sur la stabilité. » Jens Weidmann : Création monétaire et responsabilité, 18 septembre 2012

« Le mandat de sauvegarder la valeur de l’argent, implique d’empêcher explicitement le gouvernement d’instrumentaliser la politique monétaire. » « L’indépendance des banques centrales est un privilège extraordinaire… son objectif principal est d’utiliser sa crédibilité pour garantir que la politique monétaire puisse se concentrer sans entrave sur la préservation de la valeur de la monnaie. » « En fin de compte, accorder trop d’importance à la lutte contre les risques immédiats pour la stabilité financière créera des risques encore plus grands pour la stabilité financière et la stabilité des prix à l’avenir. » 

Et de sa lettre de démission, « Une politique monétaire axée sur la stabilité ne sera possible à long terme que si le cadre de l’union monétaire garantit l’unité d’action et de responsabilité, que si la politique monétaire respecte son mandat étroit et ne se laisse pas prendre dans le sillage. de la politique budgétaire ou des marchés financiers.

Tout est dit: une politique monétaire honnête axée sur la stabilité ne doit respecter que son mandat étroit, elle ne doit pas s’aventurer a la remorque des marches financiers ou de la politique budgétaire.

Un vrai banquier central devrait dire cela, le répéter jour après jour.

3 réflexions sur “Editorial: Lâche suicide d’un banquier orthodoxe: Weidmann. Croyez moi , vous êtes concernés!

  1. > Je doute depuis longtemps de l’authenticité du courant conservateur allemand.

    Ah oui ?
    Moi je ne doute plus… Surtout depuis Axel Weber.
    Mais je crois que ces voyous me font encore plus de mal que Draghi, parce qu’ils étaient censés être du côté de la vertu.
    Avec Draghi, au moins, on sait qu’on est du côté du vice.

    J’aime

  2. Je pense que Weidmann a capitulé mais ce faisant il n’a fait qu’entériner sa trahison qui était déjà effective. Les allemands sont pris au piège de l’euro par le système target 2 qui a servi à les faire chanter à compter de 2011. Ils ont d’abord dû se soumettre au quoi qu’il en coûte de Daghi qui a constitué un quasi putsh et la crise Covid les a définitivement contraint à accepter que les rotatives tournent à plein. Tout cela vient donc de loin et cette démission n’est que la conséquence d’une suite de renoncements.

    Je suis persuadé qu’à partir de 2010, l’euro dont on peut objectivement penser beaucoup de mal, a été attaqué par les anglo saxons non pas parce qu’il était bancal mais parce qu’il réussissait trop bien, étant passé de 0.82 USD lors de sa création à 1.65 USD en 2007. En 2010, les européens ne faisaient pas de QE alors que Bernanke avait déjà commencé à imprimer. Il fallait que l’Europe s’y mette aussi pour que le dollar ne s’effondre pas et il fallait donc faire céder les réticents dont les allemands. On l’a attaqué de l’extérieur par les marchés financiers avec les agences de notation Moody’s et S&P qui ont agi tels des escadrilles en abaissant chaque jour un peu plus les notations des maillons faibles mais on l’a aussi attaqué de l’intérieur avec les infiltrés Mario Draghi ex Goldman Sachs puis Christine Lagarde, ex Baker McKenzie.

    Le renoncement des orthodoxes européens est un élément essentiel à la prolongation du plan. Tant qu’on pratique des QE des 2 côtés de l’Atlantique, on donne l’impression par les taux de change que cela n’a pas d’incidence. C’est à tel point vrai qu’il y a même eu longtemps un débat entre économistes pour savoir si un QE c’était de la planche à billets…

    Je crois que le point de non retour a déjà été atteint et que Weidmann faisait de la figuration. En ce sens sa démission risque de rendre euphorique les dovish qui vont encore accélérer leurs folies et nous précipiter plus vite dans la crise qui seule pourra nettoyer le système. C’est la note d’optimisme que je veux y voir.

    Aimé par 1 personne

  3. Le temps des héros mourant au front … est fini depuis bien longtemps … l’honneur , la fierté , la gloire … tout a été perverti … aujourd’hui nous sommes dans un monde de fourberies , d’illusion , de mascarade …
    Nous sommes plus au temps des hommes … mais celui de l’animal …
    Les héros d’aujourd’hui qui sont glorifies … les sportifs , les artistes , les biens pensant …etc…
    Les syndicats , les politiques , les économistes , même la flicaille … tous des traitres … corruption , lâcheté , individualisme …

    NO FUTUR sauf dans le sang

    J’aime

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