EDITORIAL. Les règles du jeu de la Bourse. La fonction objective séculaire de la Bourse .

Rédigé par 

Bruno Bertez 

22 novembre 2021

Acheter des actions, c’est participer au jeu boursier… Alors mieux vaut en connaître les règles, et notamment celles qui régissent le prix des actions.

Il faut également avoir compris comment fonctionne le Casino. Il fonctionne sur un constat fait par Adam Smith :

« tout joueur a tendance à s’exagérer ses chances de gagner au jeu.

« Regardez autour de la table de poker. Si vous ne pouvez pas voir le pigeon, c’est que c’est vous qui l’êtes ».

Warren Buffett

Le jeu boursier à ses règles. Je parle de ses vraies règles, pas de tout ce que l’on vous apprend dans les livres ou à l’université.

Ces égles sont à la fois éternelles comme celle énoncée par Warren Buffett a savoir que les pigeons y sont plumés

et elles sont temporaires en fonction de la situation économique, financière et monétaire du moment.

Ces regles temporaires sont fixées par les plus gros et les plus forts.

Ce sont eux qui publient, interviennent, fixent et valident ce que l’on appelle les corrélations; une corrélation c’est une martingale magique qui dit que si il se passe ceci, alors il s’ensuit cela.

Les corrélations ne cessent de varier mais sachez qu’elle ne tombent pas du ciel, elles s sont découvertes puis validées apr les JP Morgan, Goldman et autres geants du marché.

Commme ce sont eux qui les découvrent et les valident ils ont un temps d’avance surtout qu’ils couchent et partousent avec la banque centrale qui joue un role clef dans le processus.

Par definition, en tant que classe sociale des épargnants, sauf a etre un genie vous etes le pigeon, mais il y a peu de genies sur la durée, croyez mo!, Je fais de la Bourse de la finance et de la monnaie à haut niveau pour les puissants, depuis 60 ans.

Mon experience m’a appris cette vérité fondamentale corroborée par la théorie, à savoir que la bourse a deux vraies fonction:

la premiere faire passer l’argent du public dans la poche des professionnels, des banques, des gouvenrnements, des dynasties, et desgrosses sociétés.

la seconde est la vraie fonction objective, non voulue, de long terme c’est la fonction de destruction, de remise à zéro des compteurs. On appelle cela pudiquement la fonction de découverte des prix mais elle n’intervient que séculairement car entre temps la bourse ne va que d’erreurs en erreurs et c’est pour cela qu’elle monte et baisse.

La bourse étant un processus de surévaluation grace au facteur jeu, la remise en ordre ne s’effectue que lors des paniques et des destructions. On voit qui se baigne nu dirait notre Warren.

Normalement cette fonction de destruction intervient à périodicité plus ou mois regulère en liaison avec le cycle du crédit. on détruit le faux, la pourriture, tout ce qui est fragile, on cogne sur les mains faibles.

Mais à notre époque les démiurges croient comme en 1929 qu’ils sont tout puissants et qu’ils peuvent faire léviter les marchés éternellement, sur un long plateau.

Et ils ont le savoir-faire pour effectivement retarder. Ils retardent mais au prix d’un besoin de destruction qui va sans cesse grandissant.

Revenons sur ce dont je vous parlais la semaine dernière, la « monnaie-actifs financiers-billets de loterie ».

Le prix de ces billets grimpe à la fois en fonction de la masse de monnaie dont on veut se débarrasser parce qu’elle ne rapporte rien, et en fonction de l’attrait des billets de loterie, c’est-à-dire en fonction de la tendance boursière.

Plus la tendance boursière est haussière et plus vous avez envie de participer au jeu, plus vous payez cher les billets de loterie. Donc comprenez bien que les prix en Bourse dépendent concrètement et objectivement, d’un côté, de la masse de monnaie dont les gens disposent et, d’autre part, de l’attrait du jeu.

L’attrait du jeu, c’est un appétit en grande partie produit par le phénomène d’imitation : les gagnants font des envieux, on a envie de gagner comme eux. On dit que la hausse appelle la hausse.

Nous sommes au cœur de l’alchimie boursière et monétaire, et il est important que vous compreniez ce que je viens d’expliquer.

La pratique boursière repose sur une mystification, sur le retard de l’intelligence. Cette mystification consiste à faire croire aux participants que les prix boursiers reflètent les valeurs fondamentales des actifs sous-jacents. Elle consiste à faire croire que les actifs financiers sont restés inchangés, et qu’ils sont toujours ce qu’ils étaient dans les années 1970.

C’est une illusion ou, pire, une tromperie. Le prix des actifs financiers est maintenant monétaire. Cela signifie que, ce qui le détermine, c’est la quantité de monnaie émise et l’attrait du jeu. Le prix des actifs financiers ne vient plus « du bas », de la remontée et de l’expression de la valeur, de ce que certains appellent les « fondamentaux ». Non, il vient « du haut » c’est-à-dire de ce que l’on utilise pour acheter des actifs financiers : la monnaie.

La valeur boursière n’a plus de lien avec la valeur fondamentale

Le rapport entre les valeurs fondamentales d’antan et les valeurs boursières ont été brisés et il n’y a plus que les fondamentalistes qui y croient. Ils s’accrochent à leurs certitudes anciennes, continuent de croire au lien entre le fondamental et le prix, et rêvent de ce qu’ils appellent la réconciliation.

La réconciliation, c’est le mythe auquel croient les fondamentalistes de l’investissement. Ils soutiennent que, un jour ou l’autre, le réel va s’imposer, la valeur intrinsèque va se venger.

Ils n’ont cependant pas compris l’essentiel, à savoir que, lorsque la Fed et ses consœurs disent que les actifs financiers sont à leur prix, cela signifie qu’elles affirment – comme je viens de l’expliquer – que les actifs financiers ont changé de nature, ils sont devenus quasi-monétaires.

Les actifs financiers seront toujours à leur prix tant que la monnaie sera surabondante et qu’elle ne rapportera rien, donc tant que les taux d’intérêt seront à zéro. Et tant que les taux d’intérêt réels (prenant en compte l’inflation) seront négatifs, alors les prix des actifs financiers pourront être considérés comme justes, même s’ils sont infinis.

Ce que j’essaie de vous faire assimiler c’est que, comme la monnaie qui est libérée, les actifs financiers sont libres, ils volent, ils flottent.

On ne les achète plus pour leur valeur d’usage qui est le minuscule rendement qu’ils offrent. On les achète parce que l’on croit que cela va continuer. On échange de la monnaie excédentaire contre l’espoir que cela va continuer à monter. On oublie la valeur d’usage et on passe à la seule valeur d’échange puis, mieux, à la seule valeur « désir », le désir de participer au grand jeu.

Des règles du jeu temporaires

Il faut comprendre au passage que la frivolité des prix que je décris et analyse peut donner l’impression d’avoir encore un lien avec les valeurs dites fondamentales. C’est parfois le cas avec les modes boursières. Imposées par les patrons du Casino, elles ont des règles du jeu temporaires qui ont pour objectif de créer des mouvements de foule. Ces derniers temps, c’était le cas avec l’explosion de l’engouement pour tout ce qui touche aux véhicules électriques.

La règle du jeu boursier n’est pas le fondamental, la production et le mouvement des richesses et des cash flows, tous bien réels, non, c’est la logique financière.

De la même façon que la monnaie a été détachée de l’or et de la valeur travail, on a coupé le lien entre les actifs financiers et les valeurs fondamentales. La libération de la création de monnaie a produit tout à fait logiquement la libération de la valorisation des actifs financiers.

De la même façon que l’on peut à notre époque mettre en circulation toute quantité de monnaie, on peut échanger cette monnaie qui ne rapporte rien contre une quantité d’actifs financiers plus ou moins « rares » et ainsi participer à la Grande Loterie, au Grand Casino Mondial tenu par les banques systémiques.

Je pense que vous avez compris et, si vous avez compris, vous savez pourquoi les actifs financiers sont maintenant de la quasi-monnaie : c’est parce que l’on passe de l’une à l’autre très facilement et parce que les banques centrales garantissent que cela sera toujours possible.

C’est ce que l’on a vu depuis mars 2020 : les banques centrales ont créé près de 20 000Mds$ de monnaie, garantissant que toujours les porteurs d’actifs financiers pourront échanger leurs actifs financiers contre l’argent. En clair, qu’ils pourront toujours vendre.

Les banques centrales assurent ce que j’appelle « la monnaieitude », c’est-à-dire la liquidité.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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Une réflexion sur “EDITORIAL. Les règles du jeu de la Bourse. La fonction objective séculaire de la Bourse .

  1. Il n’y a pas de génies sur la durée. C’est certain et c’est en particulier une conséquence de l’automatisation qui permet de manipuler les marchés comme jamais dans l’histoire.

    Aucun être humain ne peut développer seul des algos capables de rivaliser avec ceux des banksters et encore moins bénéficier d’un traitement équivalent au leur en termes de connexion et de temps de latence car les bourses elles-mêmes sont leurs complices. Derrière ce qu’on appelle encore des marchés côtés en continu se cachent un petit oligopole. Il n’y a que lors d’événement exceptionnels que cet oligopole lâche un peu de lest. Ce fut le cas au printemps 2020.

    Si le petit génie négocie à l’ancienne, il sera vite usé par les manips algorithmiques qui créent des mouvements de sidération même en intraday tant ils sont rapides et violents.

    Et ces banksters ont également exigé des bourses l’anonymat des transactions alors qu’à la criée et comme c’est saint sur tout marché on connaissait par définition sa contrepartie. Au début de l’électronique à Paris, on savait encore face à qui on avait négocié. La transparence était encore de mise. Ce sont ces voyous qui on imposé aux bourses l’anonymat au motif d’être discrets et de ne pas se faire front-runner alors qu’il s’agissait en fait de pouvoir magouiller en toute opacité et sans qu’un petit génie puisse reconstituer leurs algos par rétro engineering.

    Ils ont ensuite exigé la co-location pour placer leurs ordis à quelques centimètres du système central. Puis ils ont demandé la décimalisation pour multiplier les possibilités d’arbitrages.

    Les bourses ont dit amen à tout mais comme ça ne suffisait pas les banksters ont fini par créer des darkpools ce qui leur permet des arbitrages entre différentes places encore plus opaques et auxquelles tout le monde n’a pas accès.

    Bien sur on nous expliquera que tout ça est la conséquence inéluctable du progrès technique. Bullshit.

    Ceci dit et même vérolées au quotidien par la technique et par cette mafia, je crois comme vous que sur le long terme, les bourses finiront par jouer leur rôle et nettoieront la pourriture.

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