L’inflation tant souhaitée est là. Il faut bien sur faire semblant de s’en plaindre pour qu’elle puisse durer le plus longtemps possible! Il faut une inflation Goldilock.

La naiveté des commentateurs me confond.

Bilello n’est pas mauvais mais il passe à coté de l’essentiel. Une bonne analyse de la situation doit insister sur cette question: les taux d’intérêt ne sont pas a la hauteur de l’inflation.

Ils sont fortement négatifs, très fortement. Cela signifie que l’inflation n’est absolument pas combattue et même je dirais qu’elle est souhaitée.

C’est une bénédiction pour les autorités même si elles font semblant de s’en plaindre.

L’inflation est souhaitée parce qu’elle est indispensable dans le système ; on émet beaucoup trop de promesses , de monnaie différée et donc si on veut ne pas faire culbuter tout le système il faut que la hausse des prix des biens et services rattrape la masse de monnaie et de quasi monnaie qui été émise. L’inflation est un problème politique mais c’est une aubaine économique car elle réduit les ratios de dettes ou de promesses sur le GDP.

L’inflation réduit également la surévaluation des indices boursiers: si le GDP galope nettement alors que les indices eux se dégonflent c’est une correction des surévaluations.

Quand l’inflation des prix des biens et services accélère ou reste élevée comme c ‘est le cas maintenant, la répression financière augmente et c’est précisément ce que recherchent les autorités.

La répression financière c’est la destruction des épargnes, l’érosion de la valeur des dettes et surtout une hausse du taux d’exploitation des salariés; car dans ces phases là, les relèvements de salaires sont toujours en retard; donc le poids des salaires dans la valeur ajoutée se réduit.

Bien entendu c’est a nuancer car certains secteurs achètent des intrants qui eux aussi voient leurs prix augmenter.

Le tout dans pareille situation est de faire passer la pilule aux salariés, il faut leur mentir sur les origines de l’inflation, leur promettre de faire quelque chose, jouer de la connivence avec les médias, avec les syndicats et les intellectuels, tout cela est bien connu et bien rodé.

L’inflation des prix des biens et services est un transfert, on prend dans la poche des uns pour donner aux autres, et pour qu’il réussisse, il faut et il suffit que les salariés acceptent cette situation en baissant la tète. L’état des rapport de forces sociales le permet.

Les autorités ont pleurniché pendant plus d’une décennie parce que l(‘inflation des prix des biens et services était trop faible, elles ont lutté pour la faire monter, elles ont voulu désancrer les anticipations en disant que l’objectif était de rattraper l’inflation perdue et qu’il fallait considérer des moyennes sur longue période etc etc. Elles ont ce qu’elles veulent.

Mais il y a trois « mais »:

-d’abord il ne faut pas que les salaires montent et fassent boule de neige

-ensuite il ne faut pas que les taux d’intérêt longs galopent , ils doivent rester bas et spoliateurs

-enfin il ne faut pas aller trop loin dans la baisse du pouvoir d’achat réel car si il fond trop la croissance se transforme en récession, la bicyclette ne roule plus, elle tombe, avec tous les effets déstabilisateurs qui y sont attachés.

Déja le consommateur devient frileux comme le montre le sentiment du consommateur de l’université du Michigan.

Bref il faut une bonne petite inflation Goldilock.

« L’inflation est clairement un problème majeur », a déclaré hier la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, lors de la conférence politique de DealBook à Washington. Elle a qualifié la question de priorité absolue du président Biden, mais a déclaré que les finances des ménages restaient solides et qu’elle ne s’attendait pas à une récession. 

« Quand vous regardez les sondages d’opinion, quand vous voyez ce que les ménages ont à dire, c’est incroyable à quel point ils sont pessimistes », alors que le pays a à peu près « le marché du travail le plus fort de toute la période d’après-guerre », a-t-elle déclaré. .
Lael Brainard, vice-présidente de la Fed a déclaré à CNBC qu’elle aurait besoin « de voir une série cohérente » d’impressions mensuelles décélérantes sur l’inflation sous-jacente avant de se sentir « plus confiantes sur la trajectoire de l’inflation vers l’ objectif de 2 %.



Continuer la lecture de l’histoire principale
L’inflation est tirée par une forte demande, trop peu de biens et les pressions du secteur des services.

Yellen a rejeté hier les affirmations selon lesquelles le plan de relance de 1,9 billion de dollars de Biden était responsable de l’alimentation de l’inflation.
Le rôle de la cupidité des entreprises et de la pression pour le profit maximum fait débat. 

Hier, Yellen n’était pas d’accord avec certains démocrates qui disent que la cupidité des entreprises est à blâmer pour la hausse des prix. 

Il est vrai que les entreprises ont engrangé des bénéfices inhabituellement importants en augmentant les prix plus qu’il n’est nécessaire pour couvrir la hausse des coûts.

 Mais ils sont capables de le faire parce que la demande est si forte. On ne sait pas combien de temps durera ce pouvoir de fixer les prix. 

EN PRIME

Reserve Federale US en meeting

hausse des taux du 2 ans

Inflation et taux dans le monde:

Il est mignon Rosenberg!

si vous retirez tout ce qui cause l’inflation, celle ci est très modérée!

4 réflexions sur “L’inflation tant souhaitée est là. Il faut bien sur faire semblant de s’en plaindre pour qu’elle puisse durer le plus longtemps possible! Il faut une inflation Goldilock.

  1. Bonjour M. Bertez

    A propos de l’inflation et du grand reset un billet peut-être « complotiste » de kim.dotcom sur 0 hedge: US Is « Beyond Bankrupt » – Kim Dotcom Fears « Controlled Demolition » Enabling A « New Dystopian Future ».
    Et sur l’Ukraine, le lâchage de Zelensky par Biden qui a annoncé que Z n’avait pas voulu écouter quand les US l’ont averti de l’invasion Russe.
    ( Cela me rappelle la tactique cépamoicélautre , utilisée massivement à tous les échelons dès la maternelle! En conséquence, le jepensedoncjesuis , introduit parcimonieusement une décennie plus tard, n’a alors plus aucune chance de s’implanter durablement face à un tel barrage. On a ainsi fabriqué non seulement des crétins mais en plus des irresponsables )

    Cordialement

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  2. C’est aussi un encouragement a emprunter aux taux actuels.
    Toutes les entreprises qui ont souscrit un TGE pour se payer un salaire sont gagnantes a condition de pouvoir continuer a rembourser les traites.

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  3. Autre interprétation possible :
    Nous sommes en phase systémique de démondialisation. Ce qui signifie qu’il faut recommencer à produire chez nous. Nous consommons collectivement plus que nous ne produisons, et cette situation n’est pas pérenne (les autres ne se laisseront plus duper encore longtemps par nos valeurs symboliques, qu’il s’agisse du dollar ou du chic à la Française).
    Donc, si il faut tout produire chez nous, le chômage va baisser, ou plus exactement le chômage de la main d’œuvre de qualité va disparaitre. Donc le coût de la main d’œuvre de qualité aura tendance à suivre celui de l’inflation strictement monétaire, les rapports de force sont déjà en train de jouer, plus tant sur le mode « grève et manifs », mais davantage sur le mode anglo-saxon « je vais me faire embaucher ailleurs ».
    En résultera… un appauvrissement collectif, supporté majoritairement par la rente, qu’elle soit celle de propriétaires ou de pensionnés (car, hors période électorale, on n’augmentera plus les pensions des retraités). Ce qu’il faut dire, c’est que l’appauvrissement est inéluctable, l’inflation a le mérite de ne pas trop taper sur les forces les plus vives. Pour l’avenir, mieux vaut détruire l’épargne et la dette que trop étouffer les forces vives (qui sont celles du travail). Il va y avoir énormément de travail, l’époque promet d’être passionnante pour tous ceux qui s’ennuyaient dans la précédente. Pour les oisifs et autres champions des bullshits jobs, ce sera douloureux. Compatissons sincèrement.

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  4. Il y a quand même un souci dans la phase actuelle c’est que même avec une inflation à 7 % on a une croissance quasi nulle en Europe.

    L’inflation ne fait donc que maquiller une sévère récession du volume d’activité.

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