Russes et Conservateurs, nous refusons la dictature de la post-modernité.

L’une de mes tentatives consiste à essayer de vous faire toucher du doigt la correspondance étroite qu’il y a entre le combat des Russes pour leur identité et le combat des citoyens des pays occidentaux pour conserver la leur.

Russes et Citoyens Occidentaux, même combat.

Le combat des Russes à l’extérieur est notre combat à l’intérieur.

En ce sens, je pourrais avoir écrit ce texte de Maria Zakharova. Je n’en changerai que quelques aspects en particulier je ne désignerai pas le système actuel ou celui qui l’a précédé par le terme « libéral ». La dictature du Profit et du Pognon n’ont rien de libéral!

L’étiquette libérale a été usurpée, ces systèmes n’ont rien de libéraux au plein sens du terme; pas plus que les thèses des économistes soi-disant libéraux ne sont libérales, mais c’est une autre histoire pour un autre jour.

La tentative des Maîtres occidentaux de changer le monde pour que rien ne change pour eux, est plus que culturelle, elle est ontologique.

Les Maîtres veulent la naissance d ‘un homme nouveau , dont on a supprimé toutes les déterminations authentiques, personnelles, familiales, régionales, nationales, déterminations de classe et autres etc . Les Maîtres veulent un tableau vierge sur lequel ils écrivent ce qu’ils veulent. Ils veulent que vous pensiez ce qu’ils veulent que vous pensiez. Cet homme nouveau ne doit plus s’autoriser de lui même, il doit être déterminé par le système, par leur système, le système des Maîtres. C’est une autre formulation de cette folie du Grand Reset.

Ce n’est pas culturel car le culturel vous laisse à vous, un certaine marge de souveraineté, non c’est ontologique. Ontologique cela signifie que les dominants du monde occidental veulent changer l’Homme, ils veulent le reprogrammer, le formater autrement pour qu’il soit plus soumis, plus adapté à la reproduction du faux système capitaliste qui leur réussit si bien. Les élites occidentales veulent cet Homme Nouveau, ce « Même » à l’échine souple; qui permet la reproduction sans heurt du système fondé sur le fétiche Pognon.

Russes et conservateurs traditionnalistes, nous luttons contre le même mal; contre la post modernité, contre la dictature des signes, contre la destruction du naturel, contre la mise en place de la gouvernance autoritaire, et symétriquement pour le respect des valeurs conservatrices d’identité, de liberté et de dignité .

Le refus de la Russie de renoncer à son identité et notre refus de conservateurs, de traditionnalistes de continuer d’exister tels qu’en nous mêmes sont profondément les mêmes .

Je vous invite à lire , pas à survoler, ce texte de Maria Zakharova. C’est un investissement, pas une consommation.

Discours à la table ronde:

« La dictature du néolibéralisme à travers les yeux des compatriotes russes à l’étranger »


Maria Zakharova

16 juin 2022

Le titre de notre session plénière est « La dictature du néolibéralisme à travers les yeux des compatriotes russes à l’étranger« . À première vue, il peut sembler qu’une sorte d’oxymore se cache ici – une combinaison d’incongrus. Les principes de base du libéralisme dans sa forme raffinée, telle qu’elle découle des manuels de science politique, semblent être étrangers au diktat, à la répression et aux méthodes de coercition directe, en particulier par l’État à l’égard des individus. Dans le cadre de ce modèle idéologique, des concepts tels que la liberté individuelle, les droits de l’homme, y compris la liberté d’expression et le pluralisme des opinions, sont transformés en absolus et même idéalisés. La valeur de base incontestable est le droit de propriété privée.

Néanmoins, la dure réalité de ces derniers temps, surtout depuis la reconnaissance de l’indépendance de la RPD et de la RPL et le début d’une opération militaire spéciale en Ukraine, révèle de nouvelles facettes sauvages des méta-démocraties du XXIe siècle. 

L’hystérie anti-russe qui a éclaté en Occident il y a quelques mois montre bien que le libéralisme, poussé à un stade absurde, acquiert tranquillement le préfixe « néo- » et devient à bien des égards une sinistre caricature ou une négation de lui-même. 

On peut dire directement qu’en très peu de temps, le camp néolibéral a fourni une présentation en format complet de ses véritables lignes directrices morales et éthiques. 

Les pays occidentaux dénoncent méthodiquement, les unes après les autres, sans exagération chacune des pierres angulaires du libéralisme, ils bafouent toutes les « normes et valeurs » encore récemment sacrées d’une société démocratique. 

Un nombre record, plus de 10 000, de sanctions contre tout et tous indistinctement a été adopté. 

Ce n’est même pas leur nombre astronomique qui est absurde, mais ce sont les formulations justificatives – par exemple, les russes sont sanctionnés parce qu’ils « soutiennent les actions de l’État russe ». Telle est la faute du Russe. Les comptes et divers avoirs d’origine russe ont été bloqués – de plus, si vous appelez un chat un chat, le blocage de fonds se produit à la fois au détriment de l’État mais également au détriment des citoyens ordinaires qui n’y sont pas du tout liés. Les perspectives d’expropriation des biens, c’est-à-dire de vol, sont sérieusement discutées. 

Concernant nos biens immobiliers, cela se produit d’ailleurs déjà dans certaines démocraties particulièrement «développées». 

Une purge totalitaire des médias russes de l’espace d’information occidental a été menée. C’est un niveau de censure véritablement orwellien, comme l’a dit l’autre jour le légendaire linguiste et philosophe américain Noam Chomsky. A 93 ans il n’a pas trop peur des conséquences pour la libre pensée.  Je ne suis pas sûr que ses déclarations pourront être lues dans son pays natal. 

Les porteurs de points de vue alternatifs, qui dans certains pays manifestent une sympathie élémentaire pour la Russie, sont menacés de toute une série de mesures répressives, allant de la surveillance étroite par les services secrets à de véritables amendes et peines. 

Et enfin, comme la manifestation la plus éclatante de l’ultra-libéralisme de l’ère #MeToo et BLM, la campagne « d’annulation » est portée à son paroxysme pour tout ce qui concerne la Russie et les Russes.

Aujourd’hui, avec nous se trouvent ceux qui ont pleinement expérimenté les manifestations du libéralisme radical, combinées à la russophobie, qui est en fait alimentée dans les pays occidentaux au niveau de l’État. Je suis sûr que les participants à la discussion d’aujourd’hui partageront avec nous des exemples vivants et très dramatiques tirés de leur expérience personnelle, démystifiant et pulvérisant en mille morceaux le halo imaginaire de la supériorité morale des pays du « milliard d’or ».

Note : pour Maria, les pays occidentaux sont malthusiens, et en vertu de cette idéologie, ils pensent que la population devrait être reduite à 1 milliard d’habitants d’où le « milliard d’or ».


Les tentatives des démocraties avancées -comme elles aiment à s’appeler- pour « annuler » la Russie et tout ce qui est russe s’inscrivent dans le contexte géopolitique général marqué par les difficultés croissantes des démocraties occidentales face à l’émergence d’un nouvel ordre mondial polycentrique . 

Bien sûr, «l’Occident collectif», qui perd ses positions dominantes historiques, n’est pas du tout satisfait de cette évolution ou sa domination est contestée – il cherche à s’opposer de manière agressive et sans compromis à l’inexorable processus historique. Et pourtant, il ne s’agit pas seulement d’affrontements interétatiques, de compétition pour l’influence sur l’agenda mondial. Derrière tout cela se cache un conflit idéologique, qui s’exprime dans l’affrontement d’une forme extrême de libéralisme à l’occidentale avec le traditionalisme, qui cherche à préserver son identité souveraine et l’originalité des cultures qui le représentent.

Tout le cours des événements de ces derniers mois prouve irréfutablement que le néolibéralisme comme matrice idéologique pour imposer le même type de régimes fantoches est, paradoxalement, indissociable de la dictature. C’est vers la dictature qu’il tend irrésistiblement par nature, il la considère comme la forme la plus commode d’expansion ultérieure et sans restriction. 

Le libéralisme radical en tant que manifestation de la postmodernité agressive existe uniquement en raison du rejet de la tradition et de la diversité naturelle. Il n’en est pas moins éloigné du libéralisme « classique » (bien qu’il tente par tous les moyens de faire semblant d’en être l’héritier ), que certaines idéologies totalitaires du siècle dernier. Il perçoit le libéralisme du siècle dernier aussi comme une sorte de tradition : donc il le considère avec hostilité. Le libéralisme radical emprunte certainement beaucoup au passé sombre. Les exemples abondent.

Que peut-on opposer à cela ? on peut opposer un traditionalisme sain, absorbant tout le meilleur du paradigme libéral. S’il faut « annuler » quelque chose, c’est la promotion à l’intérieur du pays et sur la scène internationale des valeurs destructrices des éléments porteurs de l’identité d’une personne et d’une société . Au lieu de ces significations malignes, des significations naturelles et originales sont aussi nécessaires que l’air que l’on respire ; elles permettent à ces identités d’être préservées sous la forme d’une culture, d’une religion, de traditions, de fondements moraux originaux de sociétés durables.

Il y a encore une chose. 

Personnellement, je suis convaincu que les idéologèmes imprégnés d’agressivité et de colère, qui justifient leur diktat par des sortes de « bonnes intentions », sont englués dans la logique du « double standard » et du faire semblant politique. Ils sont sont voués à l’autodestruction ou à une profonde transformation. 

Ayant complètement arraché tous les masques, le néolibéralisme a montré sa véritable apparence au monde entier sans fioritures. Et le monde est beaucoup plus vaste et plus diversifié que le seul domaine de «l’Ouest collectif», peu importe à quel point ils aimeraient le contraire. 

Il ne servira à rien d’essayer d’imposer ce modèle discrédité à d’autres pays comme on le faisait avant avant, par la méthode du bâton et de la carotte.

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3 réflexions sur “Russes et Conservateurs, nous refusons la dictature de la post-modernité.

  1. Nous vivons, objectivement, une époque charnière. Une fin d’époque pour une nouvelle qui s’annonce dans sa germination difficile sous les auspices d’un danger menaçant mais avec des perspectives ouvertes sur des possibilités qui échappent aux agendas et aux prophéties émulatrices que certains voudraient auto-réalisatrices à force d’en chanter les louanges comme on ritualise un credo. Mes pensées vont bien-sur à nos adversaires qui nous sont plus étrangers et barbares que ceux qu’ils se sont choisis en la personne charismatique d’un Poutine auquel ils saucissonnent leur haine à tout son peuple. Peuple désormais soudé à son chef comme peut l’être un maul au rugby qui ferait face à une équipe fragile psychologiquement.

    Mon ennemi n’est pas la Russie, cela ne l’a jamais été car les collabos de l’empire du mensonge et de l’hypocrisie se sont depuis longtemps révélés ontologiquement comme des diables drapés de vertu. Des bonimenteurs qui vous caressent l’échine avec le dos de la main pour en obtenir la courbure idéale et si cela ne suffit pas ils vous fracassent le dos pour vous faire ramper à leurs pieds. Ils sont l’ennemis de tous qu’ils fussent ceux de leurs peuples respectifs ou qu’ils en fussent étrangers, à chacun suffira sa peine, à chacun ira sa part de haine… en silence quand on torture, en totale indifférence pour la souffrance, par négligence volontaire dans le reniement de leurs actes délictueux ou pire encore par suffisance hautaine et morgue pleine pour les pénitences semées autour d’eux. A chacun d’entre eux, les « maîtres » du seigneur des ombres projetées sur le monde, une lumière crue s’abattra et elle vient de l’Est, là ou le soleil se lève, irradie et réduit la longue nuit occidentale dans laquelle nous étions tous plongés. L’ennemi de mon ennemi est plus qu’un ami, il devient mon frère dans ce combat que d’aucun annoncera du haut du gouffre comme eschatologique car ici c’est le fondement de l’Etre dont il s’agit. Ne nous trompons pas de guerre, la lumière a toujours la supériorité sur les ténèbres et il en est du mensonge comme de la vérité qu’au second l’éternité est sa demeure là ou l’ombre et l’enténèbrement ne sont que la révélation qu’entre eux et la lumière se sont glissés les humaines et bestiales passions dévorantes du chaos… Tout finit de passer et s’effacer puis… repassera et s’imprimera à nouveau. C’est le Langage même de la vie humaine,ou se succèdent tour à tour les auspices lumineux du soleil comme de la lune… mais aujourd’hui la lune rougeoie pour l’occident et c’est là encore la tonalité de ses vues, ses croyances et ses désirs.

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  2. Bonjour M. Bertez

    La Fédération de Russie, comme la Chine, comptent de nombreux peuples et de nombreuses langues parlées; leurs pouvoirs centraux ont donc du apprendre à composer entre tous leurs peuples. La Confédération Helvétique compte 4 langues officielles. Ils vivent dans leur monde pluriel, un peu comme à l’ouest l’empire austro hongrois y était arrivé.
    Il semblerait que l’occident qui vit lui dans un univers ne connaisse plus qu’une seule langue, celle du profit, à la quelle tous sont sommés de se soumettre. Redite de la tour de Babel.
    Nous devons nous réjouir de ce qu’il y ait des Chinois et des Russes – au sens large – et il serait bon que nous prenions conscience de l’extrême diversité de leurs populations et de leurs traditions qui ont appris à cohabiter.
    De fait notre universalisme nous limite désormais et ne peut que nous mener au conflit violent.
    Merci pour cet ouverture vers une autre vision.
    Cordialement

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  3. Quel plaisir de vous lire ! Est ce que la prochaine étape des gouvernants sur les assurance vie unité de compte pour soutenir leurs gabegie imposer aux assureurs short actions et call obligations Merci de votre réponse Mr BERTEZ sujet que vous avez abordé de mémoire

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