Pour réfléchir … tant qu’il est encore temps; l’imbécilisation de l’espèce humaine

L’un de mes dadas est la désadaptation.

Nos sociétés se désadaptent parce qu’elles perdent le contact avec la réalité, parce qu’elle vivent dans l’imaginaire imbécile proposé/imposé par les élites et les marchands, parce qu’elles ne sont plus sexuellement frustrées par la retenue sexuelle, parce qu’elles ne subliment plus, parce que la survie est délocalisée/sous traitée, parce que la division du travail rend le profit maximum mais rend con etc etc


Teresita Dussart, pour FranceSoir

 le 26 juillet 2022 – 12:35

Entre toutes les menaces existentielles, il en est une absente de tous les agendas. Et pourtant elle détermine le futur de notre espèce. Il s’agit du déclin global du coefficient intellectuel (QI).

De lui dépend le devenir de la science, de la culture, de la capacité à comprendre le monde. Le consensus sur ce déclin est désormais inéquivoque. Toutes les études psychométriques dans le monde démontrent une baisse du coefficient intellectuel depuis 2000. Plus le niveau du QI national est haut, plus la chute est importante. Indépendamment des études psychométriques, l’empirisme le démontre également. Un adolescent de 14 ans comprend en moyenne ce qu’aurait compris un enfant de 10 ans né avant 1975.

Un des symptômes de cette régression est la déperdition de vocabulaire, signalée par de nombreuses études depuis 2017. Le vrai drame que révèle cet appauvrissement est celui de la difficulté à mémoriser pour les générations qui montent.

Le film Idiocracy (Mike Judge, 2007) constitue de ce point de vue une parabole prophétique.

Le script raconte l’histoire d’un couple enregistrant un QI remarquable de 130 chacun, lequel attend pour se reproduire d’avoir concrétisé tous ses objectifs professionnels et matériels. Ce n’est jamais le moment. Jusqu’au jour où ils décident finalement de franchir le pas. Mais ils doivent alors faire face à l’horloge biologique de l’un et la démission de la libido de l’autre. L’ingénierie de fertilité assistée arrive trop tard pour eux.

Pendant ce temps, les cas sociaux se reproduisent exponentiellement et finissent par conformer une combinaison de tares héréditaires. Tous inaptes à régler les questions les plus élémentaires à la survie de l’espèce, comme la gestion de la collection des résidus. Dans cette société idiotisée, l’obésité est devenue la norme, les gens ne buvant que des boissons sucrées. L’État est incapable de résoudre des questions simples, telle que l’irrigation des terres ou la gestion des résidus. La pornographie a rang de culture et les locaux de sexe rapide succèdent aux locaux de nourriture rapide. Les élites sont constituées par des contre-élites. Un peu comme dans le système scolaire actuel, où les premiers de classe sont perçus comme des perdants. Les décisions politiques sont toutes plus funestes et contre-productives les unes que les autres.

Les coïncidences avec notre réalité sont troublantes, quoique l’hyper fertilité de pauvres est un cliché du XXe siècle. La baisse de la fertilité dans les pays riches atteint désormais toutes les classes sociales. À cela, il convient d’ajouter que les classes socio-économiques ne sont que partiellement corrélées au niveau socioacadémique. Mais l’association pauvreté-fertilité repose sur un ressort anthropologique qui a eu sa raison d’être. Dans une famille pauvre et/ou traditionnelle, la principale ressource est humaine, en tant que source de travail, de pouvoir, d’identité. C’est encore le cas dans nombre de pays émergents, même si le déclin de la fertilité s’observe partout. 

Certains spécialistes proches des thèses eugénistes qualifient de fertilité dysgénique l’hyper reproduction entre « pauvres ».  L’existence d’un marqueur de différence génotypique (intelligence héritée) n’a pourtant pas été définitivement démontré. En revanche, l’intelligence phénotypique ou intelligence acquise est, elle, mesurable. Et c’est celle-là qui a explosé avec les notables améliorations de la qualité de vie, à partir de la révolution industrielle.

Ce saut qualitatif du sapiens se doit à l’effet Flynn, du nom de l’économiste néo-zélandais, James Flynn. Il s’agit d’une augmentation continue du coefficient intellectuel grâce à la conjonction de la sécurité alimentaire, de l’accès à l’instruction et, en général, d’un climat propice au développement cognitif.

L’entrée dans le XXIe siècle marque un coup d’arrêt pour le développement de l’intelligence humaine. Au Danemark, où le QI des conscrits est enregistré depuis 1959, il a été observé qu’entre 1959 et 1989 celui-ci augmentait de 3 points par décennie. Cependant, entre 1989 et 1998, ce même QI marque une première régression divisant pratiquement par deux sa progression à + 1,6 points. À partir de 1998, le déclin est de – 2,7 par décennie. Cette étude et d’autres convergent vers le fait que l’effet Flynn est en panne. Les sociétés prospères ont cédé en très peu de temps le pas à une dynamique involutive.

L’imbécilisation serait multifactorielle.

Le rôle des disrupteurs endocrinologiques provoque des effets neurologiques. Cela est prouvé. La massivité des métaux lourds dans l’alimentation y compris l’alimentation bio, l’air respiré provoqueraient des maladies du cerveau.  Il y aurait aussi dans les sociétés riches, des matrices de conduite installées, tel que le retard de l’entrée dans la vie adulte par la disparition des rites de passage et toute une série de prescriptions psychologisantes consistant en l’allongement du temps de l’enfance. En bref, toute une forme d’éduquer tournée vers la régression produisant une forme structurelle de retard maturatif, donc intellectuel.

Et puis, il y a la coïncidence de la baisse de l’intelligence humaine concomitante au transfert de ses compétences vers l’intelligence de la machine. Le confinement de l’humain en 2020 aura marqué le déconfinement de l’intelligence artificielle. Ce qui restait d’opérations mentales encore à charge des humains lui ont été retirées.

Une fonction parmi d’autres, fondamentale, la spatialisation est morte.  Le GPS « éteint des parties du cerveau », décrit une étude de l’University College of London (UCL) publiée par Nature Communications le 21 mars 2017. Nicholas Carr, expert en technologie de l’information, prétend dresser dans son livre la liste de « tout ce qu’Internet fait à votre cerveau » (The Shallows: what the Internet is doing to our brains, Éditions Norton & Company, 2020). À cela, il faut ajouter l’effet hypnotique des outils addictifs comme celui des chaines de streaming, la confusion entre fiction et réalité, la baisse de la capacité de concentration en lecture, etc. Il serait très ingénu de penser que tout cela n’engendre pas de cicatrices évolutives.

Face à un tel pilonnage du cerveau humain, l’école devrait être une forteresse.

Mais c’était sans compter sur l’imposition de deux années de désertion ou semi-désertion scolaire pour cause de confinement. Il aurait été permis d’espérer que les enfants des pays émergents, moins exposé à la consommation d’outils technologiques, représentent un réservoir de cerveaux non abîmés. Mais la politique de paupérisation est passée par là. En février 2021, un rapport de la Banque mondiale diagnostiquait : « La crise du covid exacerbe l’augmentation des prix de la nutrition pour les populations les plus pauvres du monde ». « Tout au long de l’année dernière, le Covid-19 a désarmé la sécurité économique, sanitaire, et alimentaire, poussant 150 millions de personnes vers l’extrême pauvreté », peut-on lire. Par Covid-19, il faut comprendre non pas le virus en tant que tel, mais les mesures irresponsables dont il a servi de prétexte à la mise en oeuvre.   

Un mois avant, un rapport du même organisme chiffrait le coût de l’abandon scolaire en part du PIB pour les pays pauvres. Rapport, qui n’a pas davantage prospéré en termes de conscientisation : « Dû aux processus d’apprentissage et à l’augmentation de l’abandon scolaire, cette génération d’étudiants va perdre un milliard d’euros de revenus, plus ou moins 10% du PIB global, et les pays chuteront, sans possibilités de rattrapage, au regard de leur objectif de réduction du Learning Poverty, au risque d’augmenter potentiellement de 63% la pauvreté. ». 

Learning Poverty est un outil statistique mis au point par l’UNESCO pour mesurer les niveaux d’analphabétisme dans les pays de moyen à bas revenus. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. Carlos Felipe Jaramillo, vice-président de la Banque mondiale pour l’Amérique latine, estimait le 3 juin dernier que la crise éducative en Amérique latine est sans précédent : la prochaine génération « sera moins productive et aura moins d’opportunités ». En moyenne en Amérique latine, les enfants ont perdu 1,8 an de scolarité selon l’Unesco. Dans certains pays comme le Panama, où l’école a été fermée de mars 2020 à 2022, plus de 20% des élèves ont abandonné définitivement les bancs. Ça fait des centaines de millions de nouveaux pauvres, avec effet épigénétique en prime.

Les chimères de ces deux dernières décennies se caractérisent avant par le déni de la malléabilité évolutive de l’espèce humaine, comme pour toute autre espèce animale.  À titre d’exemple, des hormones sont légalement administrées à des enfants pubères ou prés pubères pour normaliser une éventuelle dysphorie de genre dans un contexte où les effets causés par les disrupteurs endocrinologiques font l’objet d’une abondante littérature scientifique.

Dans le même esprit, plongé dans l’idée que l’identité est liée à l’auto-perception, il est impossible de se poser la question du rôle de ces disrupteurs endocrinologiques dans lesquels nous baignons depuis des décennies, face au syndrome grandissant d’indifférenciation sexuelle. 

À tous ces facteurs s’ajoute la normalisation de la consommation du cannabis. Or toutes les études sur le Tétrahydrocannabinol (THC) démontrent les dommages irréversibles sur le cerveau, en plus de favoriser certaines maladies psychiatriques, dont la schizophrénie. Sa légalisation et la campagne de légitimation sociale qui l’accompagne sont d’autant plus inquiétantes.

Cette association de bêtise et de folie est la marque de l’idiocratie, la cruauté et la méchanceté ne souffrant d’aucune sanction morale. Au contraire. Elles sont encouragées. Un peu comme ces vidéos amateurs qui circulent sur les réseaux sociaux dans le cadre desquels des adolescents passent à tabac un de leur camarade, et loin d’avoir honte de l’acte couard, le postent sur leurs réseaux sociaux.

La cancel culture, l’humiliation des penseurs divergents, est du même ordre de violence. 

La citoyenneté se meut dans un univers de signifiant très pauvre, qui touchent strictement à sa fonction excitatrice de plaisir. Par exemple, au Liban en 2019, avant le confinement, des millions de jeunes se sont jetés à la rue, pour protester contre le gouvernement parce que l’État voulait imposer un paiement de 20 centimes pour l’usage de WhatsApp. De toute l’histoire de corruption du Liban, jamais de telles manifestations n’avaient eu lieu.

Le signifiant et les mots pour le dire.

En Espagne en 2019, le prix national du ministère de la Culture et des Sports était attribué à un auteur, Cristina Morales, pour son livre Lecture Facile. En occident, les principaux journaux ont opté, dès les années 90, pour l’écriture en « facile ». Pas de mots « compliqués », la nuance est jugée ampoulée. La réalité ne s’accompagne pas de gris. La complexité du monde cède face à un narratif installé. Les phrases courtes sont de rigueur. C’est le règne de la démagogie intellectuelle.

L’imbécilisation constitue une menace pour la démocratie.

L’installation de sophisme est déjà observable dans la gestion des crises, crises créées elle-même par un personnel politique d’une désastreuse qualité. D’ici 2050, le coefficient intellectuel global moyen tournera autour de 80. Il ne faudra pas attendre comme dans le film Idiocracy de Mike Judge l’année 2505 pour faire de cette science-fiction une réalité.  Reporté au XXe siècle, 80 de QI, ce serait une forme légère de retard mental. Un scénario que ni Darwin, ni Alexis de Tocqueville n’auraient pu prévoir.

5 réflexions sur “Pour réfléchir … tant qu’il est encore temps; l’imbécilisation de l’espèce humaine

  1. la biologie peut nous permettre une interpretation des cycles longs de kondratieff ( 1915-1945 dernier hiver 1945/1975 printemps 1975-2005 ete 2005-2035 automne 2035-2065 prochain hiver):
    les femelles humaines evaluent a chaque periode si l’epoque est riche economique et sur physiquement pour leur permettre d’elever seule leur progeniture.
    en hiver, peu de securite et de richesse, elles choisissent un male qui va rester aupres d’elles pour les aider a survivre donc un gars plutot intelligent et travailleur. Printemps, meme chose mais tout doucement la richesse et la securite revient puisque les hommes maries construisent une societe stable. Ete, les femmes commencent a decider que la societe est assez sur et riche pour qu’elles puissent elever seules leurs gosses sans mari: elles commencent a choisir non plus des gars surs et stable mais les « bad boys » instables et aventuriers avec les « meilleurs genes » physiques. Automne: reaction des hommes qui se rendent compte que cela ne sert a rien d’etre intelligent pour trouver une partenaire,qu’il vaut mieux etre muscle que diplome baisse du qi car seuls les criteres physiques sont pris en compte par les femmes pour selectionner le geniteur de leurs descendance. Le niveau de violence entre les hommes augmentent car ils doivent prouver aux femelles qu’ils ont le « meilleur potentiel genetique » pour copuler.

    Hiver: les hommes moyens ne bossent plus puisqu’ils n’ont plus de famille a nourir, tout s’ecroule :la securite et la richesse baisse, les femmes vont recommencer d’avoir besoin d’un homme a cote d’eux pour elever leurs enfants…

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  2. La « baisse du QI » est un non-sens, puisque le QI n’est pas un outil de mesure absolue, comme une règle graduée, mais un outil statistique qui est étalonné de façon à obtenir une courbe de Gauss, et doit être régulièrement mis à jour. Si le QI baisse cela signifie simplement que les tests ne sont plus adaptés à la population. Effectivement si les générations actuelles ne sont plus en capacité de lire ou de comprendre ce qu’elles lisent, cela va poser des problèmes pour répondre aux tests, mais cela ne dit rien de leur intelligence.
    Quant à « l’intelligence artificielle » c’est une autre idiotie véhiculée par des journalistes qui n’y connaissent strictement rien. Il n’y a pas d’intelligence artificielle, il y a seulement la volonté de vous le faire croire, car on s’appuiera là-dessus demain pour vous faire faire des choses contre votre gré, car c’est l’intelligence artificielle (tellement plus intelligente que vous et forcément objective et sans parti pris) qui en aura décidé ainsi, et ce sera évidemment pour le bien de tous. Evidemment, les grands prêtres de la science suprême feront dire à l’intelligence artificielle ce qu’ils auront envie, et les idiots applaudiront à ce prodige de la vérité révélée.

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  3. Je ne sais pas s’il faut parler d’imbécilité ou plutot d’incapacité mentale.
    Les gens ne me paraissent pas spécialement stupides,par contre ils semblent touchés par une incapacité a réfléchir et a analyser.
    J’y vois plusieurs causes:
    L’éducation qui n’a jamais été adaptée mais qui a définitivement sombré.
    La complexité trop grande de la vie de tous les jours qui « crame » les neurones pour rien.
    La surmédication qui affaiblit les organismes donc le mental.

    Le covid a été un grand révélateur:maintenant que le complot se débande,il va etre intéressant de voir jusqu’ou la prise de conscience évolue.Dénégation douce de la société ou nettoyage des écuries au Karcher?

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  4. Qi de 80 ben meeeerde alors

    En toute franchise je travaille dans un domaine en relation avec tout type de clientèle et j’avoue voir débarquer de plus en plus de monde ou je me demande même comment un tel manque de logique, compréhension est possible

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