LA QUESTION DE L’ENERGIE, DU GAZ ET DU PETROLE ; IL Y A DES SOLUTIONS.

Du blog de LFP

Loïk Le Floch-Prigent : L’hiver ? On parle de lumière -la France dans le noir ? – de chauffage, de sobriété, de pénurie, de rationnements…devant une crise évidente, médias et politiques actionnent les mécanismes de la peur et les discours comme les reportages plongent le pays dans la morosité.

Il y a deux phénomènes, liés en général, celui de l’augmentation des prix de l’énergie et celui de la rareté : une des lois de l’économie, ce qui est rare est cher !

Et c’est effectivement comme cela que l’augmentation des prix de l’énergie a commencé il y a deux ans : on a voulu cumuler pour des raisons électorales l’affaiblissement de l’électricité d’origine nucléaire et l’effondrement de l’exploration des fossiles (pétrole et gaz) en entonnant la trompette du recours accru aux énergies dites renouvelables essentiellement éoliennes et solaires.

Cette politique applaudie par tous les Etats occidentaux, les investisseurs, les banques, les institutions …et Greta Thunberg érigée en icone mondiale du salut oubliait (volontairement ou involontairement ?) plusieurs éléments techniques pourtant bien connus

-le monde dépend à 80% de l’énergie fossile -charbon, pétrole, gaz, faire décroitre l’exploration et la production sans prévoir un remplacement à un cout équivalent est dangereux car cela va conduire à une augmentation des prix (rareté) inacceptable dans la population et dans les entreprises.

-le recours augmenté à une énergie électrique « propre », à savoir éolienne et solaire, bute, en dehors des couts prohibitifs de raccordement et de dérèglement de réseaux, sur leur caractère intermittent nécessitant une « doublure » pour 75% du temps (!) par une énergie pilotable, en fait gaz ou charbon. La « propreté » ou la « verdeur » des énergies intermittentes est donc inexact puisque leur utilisation nécessite à coté une énergie « classique ».

Dans notre pays et ses voisins, l’appel à une énergie abondante est hivernal et cela tombe le plus souvent dans une période où il n’y a pas de vent et peu de soleil ! Les problèmes des consommateurs, individuels ou collectifs, ne sont résolus que par des énergies pilotables, hydraulique, fossiles, nucléaire !

En Norvège et au Québec, l’énergie pilotable est majoritairement hydraulique, dans l’Europe anti-nucléaire l’énergie pilotable est majoritairement issue du gaz ou du charbon. Dans nos pays vouloir éradiquer nucléaire et fossiles est donc suicidaire et ne peut mener qu’à un renchérissement de l’énergie puis à des pénuries.

C’est ainsi que depuis plus de deux ans les prix ont augmenté, doucement d’abord, puis avec une accélération juste avant le conflit ouvert entre l’Ukraine et la Russie.

Les Russes, riches de leur gaz arrivant en Europe massivement par les gazoducs, comme les Américains exportant leur gaz de schiste dans les méthaniers, avaient intérêt à augmenter les prix puisque nous avions augmenté notre dépendance au gaz grâce …à la multiplication des énergies éolienne et solaire en particulier en Allemagne et à l’arrêt de centrales nucléaires (Allemagne, Belgique, France !).

Le chantage Russe au gaz nous met dans l’embarras, mais nous l’avons bien cherché et voulu : en France nous ne sommes toujours pas revenus officiellement sur le Programme Pluriannuel de l’Energie qui voulait consacrer une décrue sensible du nucléaire en particulier en ce qui concerne la maintenance des centrales dont nous mesurons aujourd’hui la nécessité vitale pour notre pays.

Pour mettre en place de telles mesures, un débat politique ouvert ne serait-il pas plus efficace qu’un conseil de défense énergétique ? 

Loïk Le Floch-Prigent : Le débat à engager est désormais clair, voulons-nous maintenir une politique dont nous sommes contraints de constater les méfaits ou acceptons-nous d’en changer ?

Considérer que l’urgence est de permettre une installation plus rapide des énergies intermittentes en France en présentant un projet de loi en ce sens est un déni de réalité, rien ne pourra changer, au contraire, avec des investissements couteux et inutiles pour les cinq ans à venir. Par exemple si le programme de l’usine éolienne des Caps Fréhel et d’Erquy voit le jour dans trois ans, sa puissance installée servira 25% du temps et la Centrale à gaz de Landivisiau y suppléera, ainsi que la centrale à charbon-pellets de Cordemais et la centrale nucléaire de Chinon : il y a de l’électricité en Bretagne qui n’a nul besoin du saccage de la Baie de Saint-Brieuc !

L’urgence, on le voit bien aujourd’hui, c’est de faire baisser les prix pour tous les consommateurs y compris industriels, et d’éviter les pénuries.

Le recours à des combustibles abondants et disponibles est une première réponse, il faut desserrer les contraintes à l’égard du pétrole et du charbon, c’est ce que fait tout le monde sans le dire pour éviter trop de manifestations des écologistes politiques. On peut donc s’attendre à une baisse de ces deux produits, à une relative abondance, mais il faudrait quand même pour de vraies raisons écologiques éviter de multiplier les générateurs individuels ou collectifs à essence ou diesel comme on peut les connaitre dans les pays à faible réseau électrique ou réseau « intermittent «.

Le gaz est un problème européen sur les deux aspects, le prix et la disponibilité. Pour la disponibilité ce n’est pas un problème français (nos réserves sont abondantes avec nos stockages) sauf si nous sommes trop généreux avec nos voisins, par contre le prix est prohibitif et il faut trouver le moyen de ne pas voir disparaitre à court terme beaucoup de consommateurs « captifs », ménages ou industriels. Si l’on résout le problème de l’électricité on peut espérer tempérer celui du gaz.

Reste en prix et en disponibilité l’électricité qui était nucléaire à 75% avant 2012 et qui est tombée à 50% ces derniers mois avec une augmentation vertigineuse du « prix de gros », c’est-à-dire l’invention de la Commission Européenne d’un « marché » pour un produit qui doit être consommé dès qu’il est produit, non « stockable « !

Ce marché artificiel est une catastrophe puisque nous finissons par racheter dix fois plus cher une énergie nationale bâtie avec l’argent des contribuables français.

Il y a plusieurs solutions à ce problème, expérimentées par nos voisins, mais il faut remettre les choses à plat dans les semaines qui viennent et tourner le dos aux absurdités qui vont tuer toute l’industrie ! Revenir à la gestion collective d’un monopole de production hérisse le poil des « libéraux obtus » mais il y a urgence réelle

Mais il faut surtout savoir comment remettre en urgence en fonctionnement effectif l’ensemble de notre potentiel de production nucléaire avec des centrales arrêtées en grand nombre pour des problèmes de maintenance.

Tout d’abord, malgré le travail de l’ASN (Agence de Sureté Nucléaire) qui a montré depuis des dizaines d’années sa grande compétence, il faudrait vérifier si, à cause du fameux « principe de précaution « introduit dans la Constitution, on n’a pas exagéré le nombre des arrêts . Par exemple considérer un effet de série et stopper quatre réacteurs parce que l’on observe une anomalie sur l’un d’entre eux est-ce raisonnable, ce n’est pas, en tous les cas, la pratique courante industrielle, cela accroitrait sensiblement les dépôts de bilan.

Ensuite, ayant bien analysé les problèmes posés, EDF édite un planning tenant compte des disponibilités des entreprises sous-traitantes, car c’est un travail collectif qui exige des compétences au-delà de la maison-mère ! Le PPE de 2012 a raréfié les compétences, mais elles existent et peuvent être mobilisées si on décrète l’URGENCE, c’est-à-dire si on a vraiment envie de passer un hiver paisible pour l’ensemble des Français ! Lorsque nous rencontrons des risques de pénalités fortes dans l’industrie nous avons recours à des équipes de jour et de nuit avec heures supplémentaires, au lieu de 3X8 on fait du 12H /12H, on mobilise du travail en Week-end, on fait appel à toutes les compétences, y compris des préretraités rappelés pour la circonstance, en bref on mobilise les forces vives !

En l’occurrence si l’on remet en route suffisamment de réacteurs nucléaires avant l’hiver et si on a traité le « marché » absurde de l’électricité, on passe cet hiver et les deux suivants sans encombre en retrouvant la souveraineté indispensable à notre prospérité, mais cela veut dire que nous concentrons tous nos moyens sur cet objectif et que la loi d’urgence permettra à toutes les entreprises de ne pas se trouver pénalisées par les tribunaux.

La question est donc simple, voulons-nous ou non résoudre le problème auquel nous sommes confrontés ou voulons-nous continuer à parler sobriété et éoliennes pour plaire à l’écologie politique ? Soit on continue dans les délires de l’écologie politique qui vient de montrer ses limites, soit on prend en mains sans tabous une situation périlleuse en recherchant l’efficacité pour le bien-être de la population et le maintien de la prospérité économique

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3 réflexions sur “LA QUESTION DE L’ENERGIE, DU GAZ ET DU PETROLE ; IL Y A DES SOLUTIONS.

  1. D’où la nécessité de l’élaboration d’un plan de transition, qui doit prévoir que chaque diminution de production nucléaire ne doit être mis en oeuvre que lorsque un palliatif fiable a été trouvé, mis en place et fonctionne. Sans plan, le politique obéit à des émotions qui n’ont rien à voir avec la gestion d’un pays

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    1. @Tchoo ,Bonjour
      Vous écrivez « Sans plan, le politique obéit à des émotions qui n’ont rien à voir avec la gestion d’un pays! »
      Pour un politique, la bonne politique est celle qui lui permettra d’être réélu; et cela est parfaitement bien planifié et géré comme l’a montré la ré-élection de Macron. ( bien que 62% des électeurs inscrits n’aient pas voulu voter pour lui, ce qui n’altère en rien sa légitimité juridique)
      Cordialement

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  2. « que la loi d’urgence permettra à toutes les entreprises de ne pas se trouver pénalisées par les tribunaux. »
    on coupe sur la maintenance pour assurer la production et on prend le risque d’un tchernobyl?
    une loi d’urgence pour remettre en route trop vite des centrales avec une immunite juridique en cas de pepin un peu comme pour les vaccins pour le covid ou chaque vaccine a signe une decharge?

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