La hausse du dollar est un coup de poignard dans le dos, c’est le symptôme de la vassalitude et de la trahison de nos élites compradores

La philosophie américaine, comme le font remarquer les Chinois c’est : le jeu mondial est à somme nulle.

Ceci signifie que pour aller bien les USA doivent piller, détruire, enfoncer, écraser les autres y compris leurs partenaires; les USA passent en force, pour le reste, ils s’en foutent ce n’est pas leur problème.

Les Chinois mettent en pratique une philosophie radicalement opposée qui est celle de se développer ensemble, de coopérer pour que tout le monde gagne, c’est par exemple le sens de la Route de la Soie qui est un co-developement..

C’est cette philosophie que pratiquent maintenant également les Russes alors qu’ils cherchent faire un bloc anti occidental avec les BRIC’s.

La philosophie du dollar-roi est destructrice pour le Reste du Monde pour tout un ensemble de raisons.

Elle tire le tapis sous les pieds de tout le monde y compris sous les pieds des alliés-vassaux que sont les européens. Y compris sous les pieds des Emergents.

La philosophie Hobbesienne du jeu à somme nulle ne permet pas la coopération, elle la détruit structurellement.

Note BB, je pense en fonction d’une philosophie hobbesienne c’est à dire que je pense que l’homme est, in fine en dernière analyse « un loup pour l’homme », mais que ceci n’empêche pas les alliances temporaires, les partenariats , les solidarités organiques comme celles de la famille ou la tribu. Ou la nation.

Les choses sous cet aspect ne sont pas binaires « blanc ou noir », non les choses sont un combat des forces dialectiquement opposées entre la volonté de puissance/de jouissance personnelle et la nécessaire coopération sociale pour la survie du groupe.

Je dis souvent que l’homme est une intersection. Notre vie se place sur un curseur qui relie à un extrême notre caractère individuel et à l’autre extrême du curseur notre caractère d’être social.. Une société se définit par l’endroit ou elle place le curseur et par le combat de forces antagoniques pour déplacer le curseur.

La hausse du dollar reflétée par l’indice DXY au plus haut de 20 ans est non pas une manifestation de force de l’Occident mais un symptôme annonciateur de sa dislocation en profondeur. Les arrangements politiques se délitent, les consensus sociaux s’effondrent. La légitimité des choix disparait. Le dollar fort avec les prix de l’énergie et les impasses financières/monétaires qu’il crée pour les partenaires des Etats Unis est un coup de poignard dans le dos de plus.

Il est clair que les USA se sauvent sur le dos de leurs partenaires, ils leur marchent dessus, c’est cela que le dollar fort donne à voir.

Le dollar fort, insolent est le révélateur du caractère comprador de la bourgeoisie européenne.

Les commentateurs européens se trompent quand il disent que l’Europe se suicide, non elle est « suicidée ».

Mohamed El Erian effleure ce problème . Mohamed est très bien pensant , mais même quand il pense juste, il reste toujours en deça des conclusions qui s’imposent. Il n’ose pas aller trop loin, il fait partie de l’establishment international pro américain.

Mohamed A. El-Erian

5 septembre 2022

Mohamed A. El-ErianMohamed A. El-Erian is a Bloomberg Opinion columnist. A former chief executive officer of Pimco, he is president of Queens’ College, Cambridge; chief economic adviser at Allianz SE; and chair of Gramercy Fund Management. He is author of “The Only Game in Town.” est un chroniqueur de Bloomberg Opinion. Ancien PDG de Pimco, il est président du Queens’ College de Cambridge ; conseiller économique en chef chez Allianz SE; et président de Gramercy Fund Management. Il est l’auteur de « The Only Game in Town ». @elerianm

Mohamed A. El-Erian

Alors que les marchés américains étaient fermés pou la fête du Travail, l’indice du dollar a atteint un nouveau sommet en trois décennies.

Ceci nous rappelle que le dollar est un prix relatif plutôt qu’absolu, c’est-à-dire qu’il mesure la valeur du dollar par rapport aux autres devises. 

Mais cela indique également que si les États-Unis sont susceptibles de faire mieux que les autres pays dans la plupart des scénarios macroéconomiques mondiaux pour l’année à venir, les décideurs politiques et les acteurs du marché doivent toujours garder un œil attentif sur ce qui se passe ailleurs dans le monde, car les événements mondiaux auront un impact significatif sur le bien-être général des États-Unis.

Lundi, l’indice du dollar DXY s’est apprécié à un niveau jamais vu depuis 2001. Cette évolution a été motivée par la faiblesse généralisée des autres devises, avec des mouvements particulièrement notables contre la livre sterling (qui a atteint un nouveau record de baisse par rapport au dollar) et l’euro ( qui s’échangeait en dessous de 0,99 pour un dollar ).

Le principal moteur de la force du dollar lundi a été une nouvelle perturbation du marché européen du gaz alors que la Russie a annoncé une prolongation de la fermeture du gazoduc Nord Stream Les prix du gaz ont ouvert la séance de négociation européenne 25% plus haut que vendredi avant de se modérer quelque peu. 

Alors que la Russie militarise les approvisionnements en gaz en réaction à la restriction par l’Occident de son accès au système de paiement international et à la formulation  de plafonds des prix de l’énergie, un arrêt total très dommageable des approvisionnements dans les mois à venir est devenu une possibilité alarmante, sinon très probable.

Cela arrive à un moment où l’Europe n’a pas encore conçu de plan d’allocation pour minimiser les dommages des prix exorbitants de l’énergie sur les vies et les moyens de subsistance. 

Cependant, au cours du week-end, différents pays ont annoncé différentes mesures, et d’autres suivront bientôt. 

La réaction du dollar index ne devrait pas surprendre. La sensibilité de l’économie européenne aux perturbations de l’approvisionnement en gaz est bien plus grande que celle des États-Unis, ce qui accentue le différentiel de croissance probable. 

La Banque centrale européenne devra faire face à des compromis encore plus difficiles alors qu’elle cherche à réagir à un taux d’inflation de la zone euro, qui, déjà à 9,1 %, se situe au-dessus de celui des États-Unis. 

Le même problème défie également la Banque d’Angleterre.

Dans le passé il y aurait eu une réaction politique à une appréciation du dollar sur 12 mois d’environ 20 % à un niveau jamais vu depuis des décennies.  

Les inquiétudes concernant la perte de compétitivité internationale des États-Unis auraient été accompagnées d’accusations de pratiques monétaires déloyales. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, car la force du dollar aide les États-Unis à combattre leur problème immédiat d’inflation élevée et persistante, qui se situe à 8,5 %, selon la dernière lecture mensuelle de l’indice des prix à la consommation pour juillet.

Note BB je rappelle que le dollar-roi n(est ni un dollar fort ni un dollar faible mais un dollar qui sert les intérêts des Etats Unis et selon les cas ce peut être un dollar fort ou un dollar faible.

Bien que les États-Unis puissent être rassurés par l’impact anti-inflationniste de la montée du dollar, ils devraient s’inquiéter de ce que la force de la devise indique sur les perspectives pour le reste du monde.

Plus le dollar s’élève au-dessus des autres, plus le risque d’une stagflation mondiale prolongée, de problèmes d’endettement dans les pays en développement, de plus de restrictions sur la libre circulation des marchandises à travers les frontières, de plus grandes turbulences politiques dans les économies fragiles et de plus grands conflits géopolitiques est important . 

Tout cela  affectera tôt ou tard l’économie américaine par le biais d’une combinaison de baisse de la demande pour ses exportations, de chaînes d’approvisionnement plus incertaines, de pertes financières et de préoccupations accrues en matière de sécurité nationale.

Les États-Unis ne peuvent pas faire grand-chose pour contrer directement les moteurs de la faiblesse de la monnaie ailleurs. Mais il peut – et en fait devrait – faire deux choses en réponse. 

Opinion. Données. Plus de données.

Premièrement, elle devrait intensifier l’effort de politique intérieure pour s’assurer que la surperformance (très probable) de l’économie américaine s’accompagne de garde-fous contre des performances absolues décevantes. Cela, plus important encore, implique que la Réserve fédérale lutte plus efficacement contre l’inflation, promulgue des mesures structurelles supplémentaires favorables à la croissance et à la productivité, offre une plus grande protection aux segments les plus vulnérables de la société et renforce la surveillance des non-banques.

Deuxièmement, les États-Unis devraient montrer la voie en coordonnant avec leurs alliés des politiques visant à contenir l’ampleur et la portée des dommages causés à l’économie mondiale. Il y a une erreur dans la tendance actuelle de tant de pays à « s’auto-assurer » contre les chocs mondiaux communs en l’absence d’une coopération multilatérale appropriée. Plus cela continue, plus la pression globale sur tout le monde est grande.

Un dollar fort aide les États-Unis à réduire l’inflation importée, mais c’est loin d’être une panacée. Un choc monétaire trop important risque de saper et, dans certains aspects spécifiques, de déstabiliser une économie mondiale qui n’a pas encore pleinement maîtrisé les conséquences d’une croissance en baisse et d’une inflation élevée.

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2 réflexions sur “La hausse du dollar est un coup de poignard dans le dos, c’est le symptôme de la vassalitude et de la trahison de nos élites compradores

  1. Bonjour
    Toutes nos ‘élites ‘ … politiques … économistes … médias … artistiques sont les petits ‘ soldats ‘ des USA …Tous se ‘ rêvent ‘ américains …
    Ils sont ‘ mis ‘ aux manettes pour ca …
    Tous des ‘ traîtres ‘ à leur nation …
    Rien à attendre d’eux … ils nous sacrifiront pour éviter à leurs ‘ maîtres ‘ tout inconvénients …

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  2. Les américains font effectivement ce qu’ils veulent de la parité de leur monnaie mais en 30 ans d’observation des marchés, c’est la première fois que je les vois vraiment intéressés par un dollar fort.

    Voir le dollar monter alors qu’on en a imprimé plus au cours des 2 dernières années que durant toute son histoire précédente doit quand même nous interpeller. C’est une solidité toute relative qui n’est possible que parce que l’Europe et le Japon se sont également vautrés dans des politiques d’impression à tour de bras.

    Vous parlez de trahison et le mot me parait adapté en particulier s’agissant de la BCE qui a clairement fait le jeu américain durant cette crise :

    Alors que la Fed jugeait encore l’inflation temporaire mais que les marchés commençaient à faire le job, Lagarde a multiplié durant des mois les déclarations ahurissantes sur le fait qu’elle ne monterait pas les taux en 2022 et a commencé à faire décrocher l’euro.

    Ce faisant elle a aidé les américains dans un début de lutte non dit contre l’inflation importée.

    Mais elle nous a symétriquement plombés.

    De même alors que la Fed se mettait délibérément en retard dans sa lutte contre l’inflation, la BCE s’est délibérément mise en retard sur la Fed aggravant encore la chute de l’euro.

    Ceci de manière totalement irrationnelle selon moi puisque l’inflation européenne était presque exclusivement de nature importée et que contrairement à ce que certains soutiennent, la hausse des taux courts par la BCE aurait plus probablement calmé les taux longs que l’inverse.

    Bref, alors qu’il était clairement dans l’intérêt des européens d’avoir une monnaie forte, la BCE a tout fait pour l’affaiblir et ceci joue pour une très large part dans le niveau d’inflation que nous connaissons.

    C’est limpide et il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaitre.

    Les gardes-chiourmes de plateaux nous diront qu’elle n’avait pas le choix et que les taux italiens risquaient d’exploser mais c’est un alibi qui reste hypothétique et faux selon moi.

    L’Europe y compris l’Italie, est bien plus fragilisée aujourd’hui qu’elle ne le serait avec un euro 10 ou 15 % plus haut.

    Lagarde est l’archétype du fonctionnaire compradore. C’est même selon moi un cheval de Troie qui n’est pas arrivé là par hasard. Son parcours stratosphérique de Baker et Mc Kenzie (30 ans de 1981 à 2011 dont une longue période aux US) à la BCE en passant par le FMI et le ministère des finances, le tout avec un DESS en droit social, devrait interroger tout cerveau normalement constitué.

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