Editorial: « Qui veut faire l’ange fait la bête », l’OTAN exploite la faille Russe.

« Nous sommes un empire, nous créons notre propre réalité et les autres s’adaptent. »

Cet Empire est construit sous la forme d ‘un imaginaire, il repose sur la construction de romans et de narratives dont la logique ne se trouve pas dans la réalité , non, elle se trouve dans la rhétorique.

La guerre n’est pas planifiée militairement, elle est planifiée discursivement.

Militairement, depuis le premier jour l’OTAN s’est trompée. Tout comme l’Occident s’est trompé sur l’efficacité des sanctions.

Mais le fil conducteur du discours est le suivant et il est tenu quelque soit la situation sur le terrain:

« les Russes perdent la guerre et ils vont faire n’importe quoi, commettre des crimes de guerre ».

Le désespoir va les conduire a des horreurs. Conclusion il faut dire et implanter l’idée que les Russes perdent car cela permet de décliner leur désespoir sous toutes ses formes. Y compris la forme suprême; la provocation nucléaire.

Le récit a été mis au point depuis le début du conflit et il repose sur une analyse sérieuse:

« les russes dans leur opération spéciale ont une faille »

Et l’Otan exploite cette faille.

Cette capacité à exploiter cette faille réside dans l’intégration holiste de l’imaginaire dans les stratégies militaires, ce que les Russes ne savent pas faire.

Quelle est cette faille?

Réponse c’est la retenue.

Les Russes se battent avec une main attachée dans le dos.

Donc il n’utilisent pas tous leurs moyens.

Ils vont lentement ,

Ils économisent les vies humaines,

Ils épargnent le maximum de civils

Ils essaient de ne pas trop détruire le pays ukrainien;

C’est une faille bien localisée, c’est un authentique point faible. Bien cerné par les américains qui eux ont toujours eu la tactique inverse; tout détruire, raser, aller vite, le fameux « shock and awe« .

Ce sont, en terme de guerre, les américains qui ont raison. La guerre est totale et c’est un spectacle mondial dans lequel le Réel et l’Imaginaire sont indissociables.

La retenue russe constitue une faiblesse et cette faiblesses les stratèges Anglo-saxons l’exploitent par tous moyens.

La guerre a un prix et force est de le reconnaitre les Russes n’ont pas accepté de le payer au début de leur intervention.

Le pragmatisme américain/Anglo-saxon , leur cynisme est un atout, les Russes feraient bien de le comprendre.

La propagande qui consiste a faire croire que les Russes perdent et sont désespérés est directement inspirée par l’analyse ci dessus; Et elle permet toutes les utilisations , y compris les plus horribles.

Les Russes ont stoppé la contre offensive de l’OTAN, ils ont mobilisé, changé de tactique, renforcé leurs ligne de front et étoffé les réserves, détruit 40% des installations d’énergie, brisé les nœuds ferroviaires, et en face c’est l’hécatombe, les Ukrainiens sont décimés en rase campagne, hachés menu, .

Les Russes ont repris le contrôle .

Et en face l’Otan et ses médias disent que les Russes perdent.

C’est là que cela se passe, il faut le comprendre.

Les Russes ne semblent pas encore l’avoir compris; la campagne qu’ils mènent pour faire comprendre la perversité vicieuses des Ukrainiens et de l’OTAN est à coté de la plaque , les mensonges de l’Occident sont plus forts que leurs démentis et mises en garde: la seule parade qu’ont les Russes c’est de supprimer la cause de leur faiblesse, c’est de supprimer leur faille.

Il faut aller vite, frapper fort, abandonner toute retenue, terminer tout cela rapidement: maintenant.

Qui veut faire l’ange fait la bête.

EN PRIME

La facilité avec laquelle les médias français (à l’unisson), reprenant le discours atlantiste, envisagent une frappe nucléaire à Kherson est non seulement malsaine, mais inquiétante.

Cette rhétorique, propagée sous couvert des propos de l’ambassadeur d’Ukraine en France, cache mal une provocation nucléaire atlantiste.

La Russie s’en inquiète. Elle pourrait avoir des conséquences significatives, non seulement pour la suite du conflit, mais en ce qui concerne les relations internationales pour une longue période à venir. Car si les relations entre les pays atlantistes et la Russie sont déjà au plus mal, nous atteindrions alors un point de non-retour. Pour les générations à venir.

Difficile de trouver ces derniers jours un média français, qui ne soulève pas avec tout le sérieux de circonstance la question du recours à l’arme nucléaire par la Russie à Kherson. Kherson, où l’armée russe a arrêté toutes les offensives de l’armée atlantico-ukrainienne ces derniers temps, lui causant des pertes significatives et en hommes et en armements. Kherson, que la Russie a intégré dans son territoire national. 

Quel serait alors l’intérêt pour l’armée russe de recourir à l’arme nucléaire sur son propre territoire, sur sa propre population ? Aucun.

En revanche provoquer une explosion nucléaire à Kherson, qui serait ensuite imputée à la Russie entrerait parfaitement dans l’intérêt du clan atlantiste : la Russie deviendrait un Etat criminel pour avoir utilisé l’arme nucléaire puisque son utilisation n’est manifestement légitime que pour les Etats-Unis.

La Russie perdrait des alliés, déjà peu courageux, sur la scène internationale ; un grand show politico-médiatique serait lancé, à côté duquel le crash du Boeing de la Malaysia Airlines dans le Donbass, ayant conduit à l’arrêt net de l’avancée de l’armée du Donbass, serait un conte pour les enfants ; et ainsi, en fin de compte, les Etats-Unis tenteraient, de surcroît avant les élections intermédiaires,  de réduire à néant les efforts de la Russie pour renverser la situation, qui commencent par ailleurs à porter leurs fruits (les référendums d’intégration, les bombardements de sites stratégiques et énergétiques en Ukraine, le renfort d’hommes, etc.). 

Le but de cette provocation nucléaire pour le clan Atlantiste serait de produire un choc, psychologique et politique, d’une telle intensité, qu’il remanierait et brouillerait totalement les cartes concernant la Bataille d’Ukraine.

C’est bien dans cette logique, que la Russie prévient des dangers de la tentation de l’utilisation d’une bombe sale par l’armée atlantico-ukrainienne à Kherson — ou ailleurs.

Sans même parler du désastre humain et écologique suite à la contamination pour une longue période, cela sonnerait également l’entrée dans une très longue période glacière entre les Atlantistes et la Russie. Ces derniers 5 jours, de nombreux coups de téléphone ont eu lieu entre le ministre russe de la Défense et son homologue américain, puis avec la France, la Grande-Bretagne et la Turquie. Le Chef de l’état-major russe a lui aussi, hier, passé la journée au téléphone avec ses homologues russes. La diplomatie est également entrée dans la danse, pour tenter de faire revenir tout ce petit monde à la raison. Voici un rapide résumé de la situation présentée hier après-midi sur le site d’information Tass

En ce qui concerne les déclarations du ministère russe de la Défense :

«Le ministère russe de la Défense a mis ses forces et ses moyens en état d’alerte pour agir «dans des conditions de contamination radioactive», car il dispose d’information concernant la volonté de Kiev d’utiliser une «bombe sale». (…) Le ministère de la Défense dispose d’informations, selon lesquelles Kiev envisage de faire exploser une «bombe sale» en Ukraine pour intimider les résidents locaux et accuser Moscou d’utiliser des armes nucléaires tactiques. Le plan de la partie ukrainienne, selon le ministère, est de faire passer l’explosion d’une «bombe sale» comme le «fonctionnement anormal d’une arme nucléaire russe de faible puissance». Selon le ministère, deux organisations ukrainiennes ont des «instructions précises» pour créer ces armes et leur travaux «sont au stade final».

De plus, comme l’a dit Kirillov, le ministère de la Défense dispose d’informations sur les contacts de l’Office du Président de l’Ukraine avec des représentants de la Grande-Bretagne «sur la question de l’obtention éventuelle d’une technologie pour créer des armes nucléaires». L’Ukraine, a souligné le général, possède des matières premières pour la «bombe sale» dans ses centrales nucléaires, y compris Tchernobyl, et des entreprises minières, ainsi que la base scientifique nécessaire à Kiev et Kharkov.»

En ce qui concerne le ministère russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a fait plusieurs déclarations :

«Les informations sur la préparation d’une «bombe sale» par Kiev ont été revérifiées, et ce n’est pas une vaine accusation de Moscou, a souligné Lavrov. Selon lui, la Russie a l’intention de soulever cette question à l’ONU.

Le ministre des Affaires étrangères a également assuré que la partie russe disposait d’informations sur des organisations ukrainiennes spécifiques impliquées dans la «bombe sale». Il ne les a pas nommées.

Les déclarations publiques de méfiance de l’Occident à l’égard des avertissements russes ne signifient pas que les informations de Moscou sont prises à la légère dans les discussions internes, a déclaré le ministre.» 

En effet, tous les pays atlantistes, en choeur et bien disciplinés, ont immédiatement déclaré n’être au courant de rien et les Etats-Unis, avec la France et la Grande-Bretagne se sont fendus d’une déclaration commune ne laissant aucun doute, quant à leur intention d’aller jusqu’au bout :

« Personne ne serait dupe » si Moscou prenait prétexte de l’emploi par Kiev d’une « bombe sale » évoqué par le gouvernement russe, affirment Paris, Londres et Washington dans une déclaration conjointe. Dans ce texte, les trois ministres des affaires étrangères « rejettent les allégations, à l’évidence fausses, de la Russie selon lesquelles l’Ukraine se prépare à utiliser une bombe sale sur son propre territoire. Personne ne serait dupe d’une tentative d’utiliser cette allégation comme prétexte à une escalade ».

La Russie s’est adressée à l’ONU, demandant une réunion du Conseil de sécurité sur cette question pour aujourd’hui, mardi 25 octobre.

Selon Nebenzia, le représentant de la Russie à l’ONU, l’utilisation d’une bombe sale serait considérée par la Russie comme un acte de terrorisme nucléaire.

L’escalade du conflit continue son cours, puisqu’il ne peut être question de concession, comme le reconnaissent les Etats-Unis eux-mêmes — c’est l’existence de leur monde, qui est en jeu. 

Une réflexion sur “Editorial: « Qui veut faire l’ange fait la bête », l’OTAN exploite la faille Russe.

  1. Bonjour M. Bertez
    Dans l’article de Caitlin Johnson que vous avez publié récemment, il est écrit:
    « Les États-Unis utilisent beaucoup d’équipement militaire dans la guerre, mais ils sont utilisés dans le but de détruire l’équipement militaire russe. Comme nous étions déjà pleinement engagés dans une alliance militaire anti-russe, c’est en fait une très bonne affaire pour nous. Fondamentalement, l’équipement de l’OTAN + les vies ukrainiennes sont échangés contre l’équipement russe + les vies russes, ce qui laisse l’OTAN en tête.
    C’est doublement vrai parce que l’OTAN est beaucoup plus riche que la Russie, donc nous gagnons dans un jeu de long terme où « tout le monde fait exploser ses armes aussi vite qu’il peut les fabriquer ».
    Encore une fois, cependant, ce qui rend cela vraiment vrai, c’est que le matériel de l’OTAN tue des soldats russes, tandis que le matériel russe tue des soldats ukrainiens.  »
    Il serait surprenant que les Russes n’aient pas envisagé cet aspect du problème, ce qui serait une variable supplémentaire pour justifier leurs « économies » en hommes.

    Cordialement

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