La pourriture forme un TOUT.

Il est plus facile de faire un point sur la situation militaire que d’offrir un point sur la situation du TOUT; le grand TOUT.

Je crois que depuis que j’écris, vous êtes persuadés que la situation dans laquelle nous vivons constitue bien un TOUT.

Certes il y a des émergences diverses qui donnent l’impression que les évènements sont indépendants, mais l’analyse et surtout l’évolution historique font peu à peu ressortir les liens et donnent à voir les articulations. Quand le niveau de l’eau baisse on s’aperçoit que ce qui semblait être des icebergs séparés sont en fait unis à la base, solidaires et donc forment un même TOUT.

C’est particulièrement visible dans le cas du dollar. C’est une sorte de point de cristallisation de la situation du TOUT.

Au plan, intérieur , domestique c’est évident , c’est l’éléphant dans la pièce.

L’abus de création de dollars a produit d’abord des bulles colossales des prix des actifs qui menacent la stabilité financiere, puis ensuite dans un second temps, une inflation des prix des bien et des services qui menace la stabilité sociale.

Ceci oblige à modérer l’inflation de la quantité de monnaie et de crédit et exacerbe la fragilité du système financier.

La pourriture se révèle: en se retirant la mer de pognon révèle ceux qui se baignent nus. Et ce n’est que le début car il n’y a pas que les cryptos et le secteur technologique qui sont concernés, il y a toute une chaîne d’ENRON qui suit derrière ces premiers accidents.

La création excessive de monnaie et de crédit gratuit ont produit un monde ou tout est subprime, je dis bien tout, y compris les dettes des gouvernements!

En passant vous remarquerez que la répétition de l’existence d’un TOUT est justifiée par les dernières révélations du scandale FTX puisqu ‘il n’y a pas que FTX qui est pourri mais aussi toute la clique démocrate politique qui a bénéficié de ses largesses et y compris l’Ukraine.

La pourriture forme un tout; y compris dans les moeurs.

Le dollar est dans les cordes du ring des affrontements domestiques.

Sa problématique se formule comme un dilemme, il n’y a plus de bonne solution, plus de bonne politique monétaire. Comme le dit un observateur il n’y a plus de bon remède, il faut choisir son poison.

Il faut faire le pari du miracle c’est à dire le pari faustien du « en même temps ». En même temps signifiant que l’on peut mener une action tout en en évitant les conséquences. Il faut miser sur l’illusion de la disjonction des causes et des effets.

Au plan extérieur, mondial, global, on voit clairement les liens entre le dollar et la géopolitique. Les tensions mondiales, la fin de la globalisation, la montée des compétitions stratégiques, la volonté du Centre américain de forcer à l’alignement des vassaux ont provoqué des mouvements sismiques, les plaques tectoniques bougent qui rendent visibles la vraie réalité du dollar, de son statut et donc de sa fragilité.

On voit clairement les liens entre l’unipolarité et la volonté impériale des Etats-Unis de continuer de bénéficier du « free lunch » du seigneuriage . On voit très bien que la monnaie est à la fois l’outil, l’arme de la domination et en même temps l’enjeu des combats en cours entre l’Occident et les BRIC’s.

Le récent glissement des positions de l’Arabie Saoudite vers les BRIC’s met en cause les fondements du dollar adossé au pétrole.

Auparavant, bien peu voyaient le lien entre le pétrole et le dollar et peu nombreux étaient ceux qui avaient compris que les accords entre les Etats Unis et l’Arabie Saoudite avient permis la création du pétrodollar que nous connaissons.

Maintenant que ces accords vacillent et que les Saoudiens se rapprochent des Russes et des Chinois la question du dollar se pose autrement: un bloc concurrent des USA est en train de se concerter pour tenter de définir une nouvelle monnaie plus juste et moins spoliatrice. Le statut du dollar a été miné par sa militarisation et une nouvelle monnaie fait partie des armes futures qui seront utilisées lors de l’affrontement des deux grands blocs.

Le monde est surendetté en dollars, les dettes mondiales créent une dépendance des débiteurs face au dollar, mais à partir d ‘un certain point la dette mondiale se retourne dialectiquement: au lieu d’être une corde au cou des débiteurs, elle devient la corde à laquelle se pendent les Etats Unis.

En effet pour éviter le chaos mondial provoqué par le manque de dollars hors des USA, la Fed est obligée de printer, ou de swaper en continu. Si elle ne ne le fait pas les craquements mondiaux s’ajoutent aux craquements domestiques et la réaction en chaine de fuite devant le risque, devant le levier, se met en branle, réaction en chaine qui dévaste tout sur son passage car le monde financier est étroitement interconnecté.

Nous sommes dans un Tout conflictuel.

Le monde global se scinde sous les coups de boutoirs des antagonismes extérieurs.

Le monde global se pulvérise, se disloque; à l’intérieur les differents pays sont divisés, éclatés, fracassés.

Les contradictions internes font partie de la même structure que les contraductions externes.

Peu à peu la prise de conscience s’ effectue que les antagonismes externes et internes sont dialectiquement liés et que ce à quoi nous assistons c’est à la lutte d’un système pour se survivre. Le système, comme le disent les Russes, du « milliard doré » est contesté à l’intérieur par les populations en raison des inégalités; et contesté à l’extérieur par les 7 milliards qui n’en font pas partie.

Ce jeu des antagonismes internes et externes n’est pas sans rappeler celui qui s’est développé dans les années 20 -après 1917- lorsque le communisme a constitué une double menace interne et externe pour les états bourgeois. La guerre en cours et celle qui est en préparation y font irresistiblement penser.

Le système capitaliste financiarisé est en crise. Il lutte pour durer encore. Il est arquebouté contre l’émergence d’un autre systéme non défini mais caracterisé par le refus de l’unipolarité, le refus de la domination du capital, le refus de la culture décadente imposée par les bourgeoisies occidentales pour se maintenir au pouvoir.

Il y a une correspondance totale entre les luttes extérieures systémiques et les luttes intérieures systémiques.

Ce sont deux ordres qui s’affrontent , un ancien et un nouveau; mais il est difficile de les percevoir comme tels car tout est emmêlé, les mystifications jouent à plein, les identités sont brouillées. L’inversion Orwellienne joue à plein pour brouiller les consciences de groupes et les appartenances de classe.

L’utilisation intense du code de brouillage des consciences que constitue la culture de la déconstruction est arrivée bien à point pour prolonger le système du capitalisme financiarisé; la déconstruction, comme on pouvait s’y attendre et comme l’a compris le TRES GRAND CAPITAL qui la finance a brouillé toutes les cartes.

Mais ce n’est pas un hasard si les oppositions internes au sein des différents pays se retrouvent dans le soutien de ceux qui, à l’extérieur, défendent l’évolution vers un autre monde moins dominé par les Etats Unis, par leurs alliés et par le Forum . Il y a convergence entre l’intérieur et l’extérieur parce que ce sont les mêmes forces qui sont à l’oeuvre, les forces de révolte. Mais la propagande, la capture des esprits et la censure masquent ce qui autrement serait une évidence. La convergence reste en partie non sue, souterraine , voire refoulée. Seuls quelques exprits forts osent l’exposer. Je pense par exemple à quelqu’un comme Michael Hudson; mais il y en a d’autres.

Le capitalisme financiarisé en crise de reproduction est obligé de briser les consensus sur lesquels nous avons vécu pour survivre car les ressources sont devenues plus rares, la lutte pour le surproduit mondial s’est exacerbée et la lutte des capitaux entre eux pour éviter la destruction est féroce.

Regardez ce qui se passe en Allemagne ou le capital industriel menacé de destruction est obligé de fuir et d’alller se mettre en valeur aux USA pour survivre face à la disparition de l’énergie bon marché. Cela va avoir des conséquences sociales car les capitaux en se délocalisant deviennent moins légitimes. Die Linke en Allemagne l’a déja compris.

Ce que je veux faire comprendre c’est que les parades ne font que déplacer les contradictions ou leur donner de nouvelles formes. Le ver est dans le fruit ou si on veut la vieille taupe creuse.

En guise de résumé:

En clair la masse de capital global, la masse de dettes, se heurtent à de nouvelles raretés et ce sont ces raretés qui conduisent naturellement à des affrontements; le Centre de cet affrontement, le centre visible c’est le dollar et son statut impérial. Le dollar ne survit qu’en simualacre, en ombre de lui même en tant que monnaie. Et pour survivre, il pourrit ses fondations.

Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s