Editorial: Attention, les gnomes sont en train de perdre le pouvoir sur leurs créatures.

La croissance du PIB américain au 4e trimestre a été publiée, elle fait ressortir un rythme de 2,9 % l’an.

C’est plus fort que prévu (2,8%) mais en légère baisse par rapport aux 3,2 % du T3. 

Le premier calcul du modèle « GDPNow » de la Fed d’Atlanta (« estimation courante de la croissance du PIB réel sur la base des données économiques disponibles pour le trimestreven cours ») pour le PIB du T1 est à 0,7 %.

Le consensus est que nous échapperons à la récession et que la pause ne fera de mal à personne. C’est vrai aussi bien pour les USA que pour le bloc européen.

Non seulement on a inclut le Pivot dans les cours de bourse mais on a inclu l’hypothèse d’une pause peu douloureuse et en plus celle d’une future baisse des taux administré par la Fed.

Cela fait beaucoup et on peut s’interroger sur la cohérence des anticipations.

En particulier n’y a t-il pas incohérence à prévoir une pause non doulouresuee et une baisse des taux de la Fed?

Tout se passe pour le mieux et je l’ai signalé; dans une perspective courte, ce qui est la perspective des autorités, la gestion est à l’optimum. On a réussi la performance de donner l’impression que l’on maitrisait l’inflation sans déclencher de crise financière et même sans provoquer de recul important de l’effet de richesse.

j’ai analysé tout cela en long en large et en travers et surtout j’ai montré que plus qu’un succès réel ce qu’il fallait saluer c’est l’habileté manoeuvrière des autorites à gérer les anticipations, les perceptions et donc les phénomènes de marchés. Quant au réel c’est une autre histoire.

Pour résumer: au niveau des apparences tout s ‘est passé comme si les apprentis sorciers avaient réussi à séparer les causes des effets! On a séparé les « plus » des « moins » . Bravo les artistes!

Au lieu d’être en lourde baisse au beau milieu d’un épisode de lutte contre l’inflation, les marchés sont bien tenus avec des valorisatiosn encore proches des niveaux historiques records. Le S&p 500 est en recul d’un minuscule 15%!

Depuis les bonnes nouvelles de septembre et de novembre, la reprise des marchés s’affirme: elle est induite par les rachats des positions courtes, la résurgence de la spéculation et l’assouplissement autoréalisateur des conditions financières. La reprise des marchés a en effet dessérré les conditions financières, empêché les deleveraging et annulé les mises en risk-off.

Le soi disant inévitable ralentissement du cycle du crédit n’a pas produit ses effets ceci explique que l’« atterrissage en douceur » est le scénario le plus probable. 

Tout cela est troublant et j’avoue que les indications sont en fait très divergentes; exemple celle ci qui retrace l’évolution des revenus réels hors revenus de transfert: Snider dit que l’économie américaine est déja mal en point.

Et celle ci :

Manifestement, les indicateurs n’indiquent rien de cohérent, ils pointent vers des divergences. Ce qui était corrélé ne l’est plus et les indications que l’on espère tirer de leur observations ne sont plus valables. Voila qui peut singulièrement compliquer la tache des apprentis sorciers. Ils n’ont plus de repères objectifs fiables.

Les observateurs ne poussent pas la reflexion sur les conséquecne de cette situation. Ils constatent des divergences, des incohérences dans les siganux, mais au lieu de les analyser ils sautent cette étape et disent quelque chose finira par céder. Soit l’économie, soit les marchés.

La réunion du FOMC de mercredi prochain sera intéressante . En particulier les marchés anticipent avec confiance un ralentissement des augmentations de taux au rythme de 25 points de base. Mais l’assouplissement évident des conditions financières vient pertuber le jeu. Il gêne la Fed.

Le prix maximal que les marchés attendent pour les fonds fédéraux est de 4,90 % lors de la réunion du FOMC du 3 mai. Les marchés ne ratifient pas les appels des membres du comité pour un « taux terminal » de 5 % et plus. Les marchés escomptent un pivot de la Fed puis une baisse du taux directeur à 4,47 % d’ici la fin de l’année.

La tâche de Powell va devenir délicate. La difficulté n’est pas circonstancielle, elle est fondamentale.

Les marchés spéculatifs se sont de plus en plus détachés du discours de lutte contre l’inflation de la Fed. Les marchés ont préempté la politique monétaire. Ce sont eux qui régulent les conditions financières effectives! Et il n’est pas évident que le président et son comité apprécient pleinement cette réalité et ses conséquences. La reflexivité dont jouent d’habitude les régulateurs s’est retournée contre eux, la bête, la créature ont échappé à leurs maitres.

La prise de contrôle des conditions financières par le marché est un phénomene insufisamment étudié. Elle garantit une instabilité « sauvage », des escarpolettes « risk on » / « risk off ». On en revient à ma vieille critique de la dérégulation: elle met le crédit et la finance en général à la merci des animal spirits; et ici les animal spirits se sont autonomisés, ils ne sont plus cornaqués, domestiqués. L’effet d’apprentissage a joué et joue maintenant à plein de façon néfaste, non positive, non désirée.

Le relâchement actuel du « risk-on » semble assurer une forte croissance continue des prêts et du crédit, et donc un soutien à l’inflation des prix. Plus les marchés spéculatifs restent longtemps incontrôlés, plus le risque d’illiquidité, de dislocation et de mise ulerieur du marché en « risk-off» est grand.

Le discours belliciste de Powell sur l’inflation semble maintenant bien usé. Il n’impressionne plus. C’est le problème. Powell doit briser le charme des marchés. Comment le faire sans trop de risques pour les cours de bourse, pour la volatilité et pour la crédibilité.

Nous pouvons certainement convenir que la spéculation boursière est de retour en force

La spéculation s’enhardit, on le voit sur le retour en grace des actions dites « mèmes », sur les rebonds de la cryptographie, sur la reprise de Tesla.

Tesla a monté de 33 % cette semaine, il est à la traîne de la hausse de 65 % de Lucid, mais devant les 22,2 % de Rivian. 

Gamestop a bondi de 16,4 %, Foot Locker de 16,8 % et AirBNB de 14,5 %. 

Dans le S&P500, Western Digital a gagné 16,9 %, Seagate 16,3 %, Warner Brothers Discovery 14,5 % et Nvidia 14,2 %.

L’indice Goldman Sachs Most Short Index a bondi de 5,8 % cette semaine, portant les gains de janvier à 20,6 %. 

Les gagnants notables des positions courtes populaires depuis le début de l’année incluent Tesla (44,4%), Lucid (88,4%), Warner Brothers Discovery (57,3%), Carvana (63,9%), Wayfair (93,8%), Beyond Meat (50,4%), Lending Tree (79,7 %), World Acceptance (56,4 %), Carnival (36,7 %), Expedia (32,6 %), United Airlines (29,3 %) et American Airlines (29,2 %). Dans le Dow Jones, Disney a bondi de 26,1 % et Salesforce de 24 %.

Les gains depuis le début de l’année par secteur sont impressionnnats avec : le Philadelphia Semiconductor Index (SOX) 16,3 %, Nasdaq Industrials 12,9 %, Nasdaq Computer 12,1 %, NYSE TMT 11,6 %, Philadelphia Gold & Silver Index 11,5 %, Nasdaq100 11,2 %, KBW Bank Index 11,1 %, Nasdaq Composite 11,0 %, Philadelphia Oil Services Index 10,9 % et NYSE Arca Computer Technology Index 10,5 %. 

L’indice arithmétique Value Line des « actions moyennes » bénéficie d’un gain de 9,45 % depuis le début de l’année.

Je n’insiste pas assez sur le phénomène décrit ci dessus, c’est plus qu’une épine dans le pied des régulateurs, c’est fondamental . On assiste à une dissociation entre les objectifs de la Fed, la situation réelle de l’économie et les comportemenst boursiers; il y a dislocation interne, mise en désordre du système qui met en péril le pouvoir des gnomes.

Le défi pour la Fed est que le cycle du crédit tourne et redevienne positif ce qui mettrait encore plus de carburant sur le début d’incendie décrit ci dessus .

Le schéma infernal serait:

L’économie est considérée comme étant sur le point de ralentir. 

Powell et les responsables de la Fed regardent les choses se dérouler

Ils estiment que le temps est de leur côté qu’ avec la politique de taux « normalisée », le système revient maintenant à l’ancien équilibre de faible inflation. 

On rentre à nouveau dans le Goldilock ancien donc pas besoin de punition .

Les banquiers centraux sont prêts à tolérer les excès de fin de cycle par crainte d’une vulnérabilité financière et économique accrue. 

Ils accommodent les excès de fin de cycle dans l’espoir d’éviter l’éclatement des bulles et les atterrissages brutaux, et ce faisant ils favorisent une nouvelle accumulation de risque systémique.

.

Publicité

Une réflexion sur “Editorial: Attention, les gnomes sont en train de perdre le pouvoir sur leurs créatures.

  1. Nom de Dieu.
    Quelle prise de tête.
    Une chose est sûre : le système occidental est, jusqu’à présent, argement apte à se déconnecter du réel et à tourner dans sa bulle d’illusions et de mensonges.
    L’effondrement du Roi-Dollar (et des autres devises occidentales incluant l’euro), suite à une cause —externe— : le manque d’approvisionnement en matières premières bon marché, est la seule solution possible pour jeter au sol leur château de cartes …
    leur FOUTU château de cartes ….

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s