Pepe Escobar : « La Chine humilie le blocus de Trump » –
Ce qu’il faut retenir de son entretien avec le Juge Napolitano
Dans une interview accordée hier, le 15 avril 2026, au Juge Andrew Napolitano sur sa chaîne Judging Freedom, Pepe Escobar livre une analyse du blocus naval américain dans le détroit d’Ormuz.
Titre : « Pepe Escobar : China Humiliates Trump’s Blockade » (« La Chine humilie le blocus de Trump »).
Escobar, spécialiste reconnu des affaires eurasiennes et grand pourfendeur de l’unipolarité américaine, démonte point par point la stratégie de Washington et explique pourquoi ce blocus, loin d’être un succès, tourne déjà à l’humiliation pour les États-Unis.
Un blocus « lâche » et inefficace selon Escobar, car le dispositif militaire américain est tout sauf impressionnant :
- La Marine américaine se positionne aux confins orientaux de la mer d’Oman, à 600-700 km du détroit d’Ormuz, près de la côte pakistano-iranienne (région du Makran).
- Raison officielle : Éviter les drones et missiles iraniens. Escobar qualifie cela de « cowardly setup » (dispositif de lâche).
- Résultat : aucun navire n’est réellement intercepté. Il n’y a ni abordage ni saisie de tankers chargés.
Le « blocus » n’en est pas vraiment un.
C’est un système de navigation à cinq niveaux où les navires peuvent passer moyennant un péage. Le Japon, la Corée du Sud (26 tankers en circulation), la Chine, l’Inde, l’Irak, le Pakistan et même la Russie continuent leurs opérations sans problème. Les tankers vides entrent, se remplissent en Iran, paient le péage et repartent.
Citation de Pepe Escobar :
« Les Américains sont aux confins orientaux… très loin du golfe Persique… Ils pensent être hors de portée des drones et missiles iraniens. Pas nécessairement. ». « C’était toujours à propos de la Chine »Escobar confirme ce que Brian Berletic et d’autres analystes réalistes répètent depuis des semaines :
« It was always about China, judge. It was always about China. »
(« C’était toujours à propos de la Chine, Juge. C’était toujours à propos de la Chine. »)
Le but réel du blocus n’est pas seulement de punir l’Iran, mais d’asphyxier l’accès de la Chine au pétrole iranien bon marché (plus de 90 % des exportations iraniennes).
Pourtant, Pékin n’est pas impressionné :
- La Chine dispose de réserves stratégiques pour 4 à 5 mois (jusqu’à mi-juillet / août).
- Elle bénéficie déjà de pipelines alternatifs (Myanmar, Power of Siberia 1, Turkménistan, ESPO).
- L’Iran a ouvert le nouveau port de Jask, capable d’exporter 1 million de barils par jour directement vers la Chine.
Escobar prévient : si les États-Unis osent arraisonner un supertanker chinois, ce sera un acte de piraterie et un acte de guerre.
Dans ce cas, « la Marine de l’APL [Armée populaire de libération] entrera dans la partie ».
L’analyste voit une fenêtre de vulnérabilité pour Washington : le cessez-le-feu actuel expire à la fin de la semaine prochaine. Si les Houthis du Yémen (l’« Al-Aqsa Triangle » : Suez + Ormuz + Bab el-Mandeb) entrent pleinement dans la danse, les prix du pétrole pourraient bondir à 200 dollars le baril.
Citation :
« Si cela arrive, alors le pétrole à 200 dollars le baril… et Trump devra demander la paix. »Escobar souligne que l’Iran fait confiance à la Russie et à la Chine pour organiser de véritables négociations, contrairement aux États-Unis qui, selon lui, cherchent surtout « l’argent et les pots-de-vin » (référence à des demandes passées impliquant Jared Kushner).
La Chine « observe en silence », accumule ses atouts et laisse Washington s’enliser
.Ce que retient Escobar en une phrase : le blocus américain n’humilie pas l’Iran ni la Chine… il s’humilie lui-même.