Editorial. Le monde de l’IA: un monde à la Enron qui prépare déja la socialisation des pertes.

L’IA est conçue comme un instrument de pouvoir domestique et une arme de domination vis à vis du monde exterieur je ne crains pas de dire qu’avant même qu’elle soit opérationnelle est deja militarisée! C’est une course aux armements pour conquérir les esprits, les formater, les dominer, pour en pendre le contrôle. C’est de la colonisation pour les uns et de la souveraineté pour les autres.

Autrement dit c’est une priorité nationale et à partir de là, tout est permis; on va piller les épargnes du public, ses caisses de retraites, ses assurances ; c’est BlackRock qui le dit et de toutes façons c’est obligatoire!

https://x.com/xclugny/status/2058844015877833064?s=20

Deja les autorités boursières américaines modifient les règles pour accéder à l’épargne publique et institutionnelles dans le sens ENRON et elles ne s’en cachent pas, non seulement elles admettent à la cotation et dans les grands indices des firmes qui n’ont absolument pas fait la preuve de leur capacité bénéficiaire mais aussi des firmes qui en plus ont des records comptables faux!

The Economist qui devient sceptique sur le boom de l’IA apres en avoir été l’un des promoteurs les plus ardent vient de publier un travail intéressant.

Une analyse accessible des investissements massifs dans l’IA et de leurs risques comptables

Les cinq grands acteurs de l’IA (Amazon, Google, Meta, Microsoft et Oracle) vont dépenser cette année environ 800 milliards de dollars en espèces réelles pour construire l’infrastructure de l’intelligence artificielle : serveurs, GPU, data centers, systèmes électriques, réseaux, etc.

C’est un montant colossal, comparable à des dépenses historiques lors de grands booms économiques.

Pourtant, dans leurs comptes de résultats , les fameux comptes de « profits » que tout le monde regarde, on remarque à peine ces investissements. Pourquoi ? Parce que la comptabilité les traite comme des actifs , et non pas comme des dépenses.

Les firmes immobilisent ces dépenses à l’actif de leur bilan! La dépréciation « l’usure comptable » ne commence qu’après la mise en service et s’étale sur plusieurs années, souvent 4 à 6 ans pour les serveurs et GPU.

Ce que montrent vraiment les comptes

Le compte de résultat : il reste « propre ». Les profits continuent d’augmenter. Les investisseurs sont contents.

Le tableau des flux de trésorerie raconte une toute autre hsitoire, là, la vérité saute aux yeux. L’argent sort massivement des caisses des entreprises. C’est du cash qui part pour de bon.

Ces géants pourraient consacrer cette année environ 40 % de leurs revenus aux dépenses d’investissement (Capex). C’est plus que l’industrie pétrolière pendant le boom du schiste ou que les télécoms pendant la bulle internet des années 2000.

En clair : on est passé d’entreprises qui « produisaient de l’argent » (free cash flow très positif) à des entreprises qui en consomment, qui en brûlent une partie pour financer l’IA.

Certains analystes prévoient même des trimestres à flux de trésorerie négatifs pour Amazon, Meta et Microsoft.

Pourquoi ça rappelle Enron ?Enron, c’est le scandale emblématique des années 2000 où l’entreprise utilisait des astuces comptables pour masquer ses dettes et gonfler ses profits. On créait des structures hors bilan pour cacher la réalité financière. Les plus gros scandales financiers ont toujours été liés aux subtilités comptables et en particulier à la constitution à l’actif du bilan de valeurs fictives.

Depuis 2009 les règles et le pratiques comptables aux Etats Unis et ailleurs sont « hedoniques », ce qui veut dire que l’on « marque » les postes sensibles de façon plus ou moins fantaisiste afin de faire bonne impression, l’ancienne règle sur les valeurs de marché par sont oubliées, le laxisme s’est installé dans la connivence la plus totale, c’est un état d’esprit. Les véhicules speciaux qui cachent la situation réelle sont plus que tolérés, ils sont encouragés.

Ici, les pratiques ne sont pas considérées comme frauduleuses (les « règles » comptables sont respectées), mais le mécanisme est similaire : les dépenses massives ne pèsent pas immédiatement sur les profits déclarés. On repousse la douleur dans le futur via la dépréciation lente. Tant que les revenus de l’IA explosent, tout va bien. Mais si la demande ne suit pas assez vite, ou si les modèles d’IA ne génèrent pas les revenus espérés, les dépréciations futures vont brutalement peser sur les résultats… et la fête s’arrêtera net.

Les initiés et les banques auront vendu, mais le public restera avec les Mistigris!

L’IA est un pari énorme son financement devrait etre assuré par ceux qui sont les plus riches et qui ont les moyens de prendre des risques, c’est le BABA de la logique financière; les capitalistes prennent des risques et sont récompensés par des rentabilités hors normes et le public qui n’a pas les moyens d’en prendre se contente de rémunérations minimum c’est honnete et juste; mais la socialisation des risques dès maintenant est scandaleuse , car c’est l’inverse de la logique; les gros capitaux se goinfrent sans risques, ils écrèment le meilleur, ils empochent les commissions , ils sont initiés et ils se préparent a refiler tous les nanars et tous les mistigris au public!

On revient par anticipation à la logique de la crise de 2008; les profits pour le Capital et les pertes pour le public/ le monde à l’envers. C’est la fameuse dissémination des risques qui est à la base de toute la financiarisation!

Sacrifier les flux de trésorerie d’aujourd’hui pour une domination technologique demain est un pari rationnel mais uniquement pour les ultra riches, pas pour les retraités; les assurés et les petits épargnants.…


L’IA a un potentiel énorme, mais le capitalisme n’est pas la production de biens et services pour satisfaire des besoins, c’est le système de production de profit pour le Capital et rien ne dit que l’IA sera l’Eldorado, la mine d’or que le Capital et ses gouvernements essaient actuellement de nous vendre.

Les entreprises dépensent parce que la demande pour les services cloud IA est très forte aujourd’hui. Mais construire des data centers coûte des fortunes en énergie, en foncier en matériel et sans compter la gabegie qui accompagne toujours les manias.. Si l’efficacité des modèles progresse vite, avec moins de calculs ou moins d’immobilisations pour les mêmes résultats, une grande partie de ces investissements pourrait devenir surdimensionnée.


Pendant la bulle internet, on construisait des fibres optiques partout. Beaucoup ont été inutiles pendant des années (« dark fiber »). Ici, on construit de la puissance de calcul. Le risque de surcapacité existe, même si l’IA semble plus « réelle » que les promesses des années 2000.

Les dirigeants qui sont dans le système actuels largement interessés au capital et aux valorisations/plus values boursières agissent un peu comme des planificateurs centraux avec l’argent des autres! Le système est asymétrique. : ils parient des centaines de milliards sur un futur incertain. C’est fascinant, mais risqué. Les actionnaires tolèrent cela… tant que le cours de Bourse monte.

    The Economist : Les 5 grands firmes dépenseront un énorme 800 milliards de dollars en espèces réelles cette année pour l’infrastructure de l’IA.

    Mais leurs comptes de résultats remarquent à peine ces investissements, puisque la dépréciation ne commencera qu’après la construction des actifs, et qu’elle se fera ensuite lentement.

    Quand une entreprise achète des serveurs d’IA, des GPU, des bâtiments, des systèmes d’alimentation et des équipements de réseau, la comptabilité les traite comme des actifs, et non comme des dépenses et charges normales.

    Donc, les comptes de résultats ne montrent pas immédiatement l’impact négatif de 800 milliards de dollars de dépesnes .

    Mais l’examen des flux de trésorerie montre la vérité de manière plus directe : l’argent a déjà quitté l’entreprise.

    Ce qui est effrayane, c’est l’échelle : ces entreprises vont dépenser environ 40 % de leurs revenus en dépenses d’investissement cette année.

    C’est plus important que les dépenses de l’industrie pétrolière pendant le boom du schiste et plus important que les dépenses des télécoms pendant la bulle internet.

    — economist .com/business/2026/05/13/big-tech-is-sacrificing-its-cashflows-to-prop-up-the-ai-boom

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