Tony Blair, pour l’Histoire

Via Varoufakis

Tony Blair est l’incarnation vivante de ce qui arrive quand un poste politique devient un acompte sur un futur pillage.

Éjecté en 2007 par ses propres députés comme un handicap massif, il a légué à la Grande-Bretagne une économie de casino déchaînée, prête pour l’effondrement de 2008.

Quand l’économie britannique s’est crahée et embrasée, M. Blair est resté silencieux tout en affinant ses talents pour s’assurer le pouvoir par d’autres moyens.

Son premier emploi, après son éviction de 10 Downing Street, fut celui d’envoyé du Moyen-Orient pour l’Occident, avec un accent supposé sur Gaza. Il a fallu six années douloureuses pour que le mandat de M. Blair se révèle un échec si profond qu’il équivalait à une complicité active dans le nettoyage ethnique d’Israël, dans l’effacement palestinien, et dans le pavage du terrain pour le génocide en cours.

Peu après, l’Enquête Chilcot a démoli les mensonges de Blair sur l’Irak, le démasquant comme un menteur, un opportuniste et un criminel de guerre responsable de cadavres innombrables d’Irakiens, mais aussi de soldats britanniques.

Puis vint la véritable innovation de Blair : la financiarisation de l’ex-premiership elle-même.

L’Institut Tony Blair, alimenté par 130 millions de livres de Larry Ellison d’Oracle – coïncidence, le plus gros donateur individuel aux Amis de l’IDF –, est devenu un État dans l’ombre, négociant des contrats de gouvernance pour des autocrates et des entreprises comme Palantir qui weaponisent l’IA pour produire une méga-mort à l’étranger et une surveillance totale des populations occidentales.

Maintenant, en mai 2026, ce faiseur d’affaires corporatif publie une crise de rage de 5700 mots exigeant que Labour embrasse Trump encore plus que Starmer ne l’a déjà fait, qu’il dénonce ce qui reste du Green New Deal, et qu’il piétine les vestiges des droits des travailleurs.

Ce n’est pas la sagesse d’un homme d’État vieillissant. C’est l’agitation frénétique d’un homme craignant que sa prise sur le pouvoir oligarchique ne s’affaiblisse bientôt et dont toute l’existence post-10 Downing Street consiste à empêcher les masses de reprendre ce que les puissants ont pillé.

De theguardian.com

EN PRIME

LE BLAIRISME DE FRANCOIS HOLLANDE

Qu’est-ce que le blairisme ?

Tony Blair (Premier ministre britannique de 1997 à 2007) a détruit le Parti travailliste en rompant avec le socialisme traditionnel :

  • Acceptation de l’économie de marché et de la mondialisation.
  • Politiques économiques pro-entreprises (baisse d’impôts sur les sociétés, flexibilité du travail).
  • Investissements dans les services publics (éducation, santé) financés par la croissance.
  • Pragmatisme (« ce qui marche »), triangulation (prendre des idées à droite et à gauche).
  • Interventionnisme international (Irak, etc.).

C’était une pseudo social-démocratie libérale critiquée à gauche comme une capitulation face au néolibéralisme.

Le « blairisme » à la française s’est developpé sous Hollande François. Hollande a été accusé, notamment à partir du pacte de responsabilité (2014) et du gouvernement Valls, de pratiquer une version droitisée ou « à la française » du blairisme :

Virage économique : Après avoir été élu en 2012 avec un discours très à gauche (« mon véritable adversaire, c’est le monde de la finance »), Hollande opère un tournant pro-offre. Ce qui est la designation honteuse d’une politique qui essaie de redresser hypocritement le taux de profit français

Le pacte de responsabilité donne des allègements de charges aux entreprises en échange de créations d’emplois. Suivent la loi Macron (ouverture des commerces, etc.) et la loi Travail (El Khomri), très contestées par la gauche.

Discours pragmatique : Moins de références aux classes sociales, insistance sur la « compétitivité », la « responsabilité », la modernisation.

Manuel Valls incarne une version encore plus assumée (certains parlent de « néolibéral-conservateur ») avec un discours de « rupture des tabous » et de « vieille gauche ».

Différences importantes avec Blair :

Blair avait annoncé son programme avant les élections et avait gagné trois fois de suite. Hollande a fait un virage en cours de mandat, ce qui a été perçu comme une trahison.

Le pire est que cette politique beaucoup trop hypocrite et trop timorée a échoué, laissant le champ libre à Macron.

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