Hervé Hannoun, Premier sous-Gouverneur de la Banque de France, tacle la BCE tacle la BCE de Lagarde.

Hervé Hannoun, sous-gouverneur de la Banque de France, tacle la BCE : l’inflation cumulée atteint 26 % depuis l’arrivée de Christine Lagarde.

Dans un tweet publié ce mercredi 3 juin 2026, Hervé Hannoun – figure respectée de la banque centrale française – dénonce la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).

Hervé Hannoun écrit :

« DEPUIS LA FIN DE 2019 (DÉBUT DU MANDAT DE L’ACTUELLE PRÉSIDENTE DE LA BCE), L’INFLATION CUMULÉE DE LA ZONE EURO ATTEINT 26 %, SOIT EN MOYENNE PLUS DE 4 % PAR AN,
À COMPARER À UN OBJECTIF DE 2 %.


LE TAUX DIRECTEUR ACTUEL (DEPOSIT RATE) DE LA BCE (2 %) EST TROP BAS AU REGARD DE LA DÉRIVE DE L’INFLATION À PLUS DE 3 %. »

Il joint un graphique illustrant cette dérive de l’inflation depuis 2019.


Le message est clair et chiffré : la BCE a laissé filer l’inflation bien au-delà de son objectif officiel de 2 %.

Qui est Hervé Hannoun ?

  • Ancien premier sous-gouverneur de la Banque de France (2000-2005), membre du Conseil de politique monétaire.
  • Il a ensuite été numéro deux de la Banque des règlements internationaux (BRI) à Bâle jusqu’en 2015.
  • Haut fonctionnaire (ENA, inspecteur des finances), il est aujourd’hui très actif sur X où il critique régulièrement les « politiques irresponsables » des pays du G7 en matière de dette, de bulles financières et de monnaie.

Son intervention a d’autant plus de poids qu’elle émane d’un insider de longue date du système des banques centrales dont les interventions sur ces sujets sont rares..

Le contexte : une critique au moment où la récession s’installe

Ce tweet répond directement à un post de Touati alertant sur l’installation de la récession en France et dans la zone euro (même l’INSEE et la Banque de France ont révisé leurs prévisions à la baisse).

Hannoun pointe du doigt la politique trop accommodante de Christine Lagarde depuis son arrivée à la tête de la BCE fin 2019 :

  • Inflation cumulée : +26 % en six ans et demi (moyenne annuelle > 4 %).
  • Taux de dépôt actuel : 2 % seulement, alors que l’inflation reste supérieure à 3 %.

Pour lui, la BCE réagit trop tard et trop mollement.

En maintenant un taux directeur aussi bas, elle prend le risque de laisser l’inflation s’ancrer durablement, ce qui érode le pouvoir d’achat des ménages et complique encore plus la situation de la dette publique des États membres.

Pour les ménages : l’inflation cumulée de 26 % veut dire que le coût de la vie a augmenté d’un quart en six ans et demi. Un euro de 2019 ne vaut plus que 0,79 € aujourd’hui en pouvoir d’achat.

Pour l’économie : une politique monétaire jugée trop laxiste alors que la récession pointe peut sembler paradoxale, mais Hannoun rappelle que l’inflation reste le premier ennemi à combattre pour préserver la stabilité de long terme.

Pour la BCE : ce type de critique venant d’un ancien haut responsable français montre que le débat interne sur la stratégie de Lagarde devrait etre ouvert et public .

La BCE a raté son objectif d’inflation depuis le début du mandat de sa présidente.

Maintenir un taux aussi bas aujourd’hui est une erreur stratégique; elle suit les autres erreurs stratégiques comme celles de faciliter la croissance des déficits et des endettements des pays de l’UE.

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