Marandi prétend que l’Iran a inversé le rapport de force.

Vidéo Glenn Diesen – Prof. Seyed M. Marandi, 7 juin 2026

Dans cet entretien d’environ 51 minutes, le professeur iranien Seyed Mohammad Marandi (ancien conseiller de l’équipe de négociation nucléaire iranienne) analyse la situation actuelle avec lucidité et fermeté :

  • Après le cessez-le-feu : les États-Unis ont immédiatement lancé une guerre de siège (blocus du détroit d’Ormuz) et des frappes ponctuelles sur le territoire iranien. L’Iran n’a jamais violé le cessez-le-feu ; il a riposté de manière très dure en frappant le Koweït et Bahreïn (pays impliqués dans les attaques américaines). Washington a reculé, signe qu’il ne souhaite pas d’escalade pour l’instant.
  • Détroit d’Ormuz : l’Iran impose désormais des droits de passage (toll) permanents. C’est une nouvelle réalité géopolitique. Les navires américains militaires et ceux liés à Israël seront progressivement exclus ou lourdement taxés. Marandi accuse Trump et Netanyahou d’avoir forcé Téhéran à franchir ce pas.
  • Contexte économique : le blocus provoque un effondrement mondial (pénuries de pétrole, pétrochimie, GNL, engrais prévues en juin-juillet). Les États-Unis craignent une nouvelle escalade qui ruinerait définitivement les négociations et l’économie globale.
  • Liban et Gaza : l’Iran exige un cessez-le-feu régional complet, le retrait israélien du Liban et de Gaza, et refuse tout accord qui laisserait Israël détruire Beyrouth. Trump souhaiterait exclure le Liban du deal ; l’Iran dit « non ».
  • Nucléaire : la fatwa de Khamenei contre l’arme nucléaire reste en vigueur, mais elle peut évoluer en cas de menace existentielle (principe chiite du temps et du lieu). L’opinion publique iranienne bascule massivement en faveur d’une arme nucléaire après les attaques récentes. L’Iran n’envisage pas de test pour l’instant.
  • Stratégie iranienne : faire monter la douleur économique sur les États-Unis jusqu’à ce que Washington place ses propres intérêts avant ceux d’Israël. L’Iran est prêt à tenir longtemps.
  • Position américaine : Trump oscille entre « deal imminent » et les menaces. Les troupes US restent nombreuses dans la région (Émirats, Bahreïn, Koweït) mais le moral est bas (chaleur, humidité, matériel endommagé). Aucun retrait ni renforcement massif observé.

Conclusion de Marandi : Israël est le grand perdant stratégique et moral de ces deux dernières années et demie. Les États-Unis commencent lentement à donner la priorité à leur propre économie sur le projet du « Grand Israël ».


Commentaire:

L’Iran impose une nouvelle réalité au détroit d’Ormuz et force Washington à reculer

Dans cette interview accordée à Glenn Diesen le professeur Seyed Mohammad Marandi dresse un tableau clair de la situation post-cessez-le-feu.

Depuis la fin des hostilités ouvertes, les États-Unis ont opté pour une guerre de siège via le blocus du détroit d’Ormuz et des frappes sporadiques.

L’Iran a répondu avec une fermeté inédite en frappant le Koweït et Bahreïn, contraignant Washington à stopper l’escalade.

Un fait nouveau est intervenu: Téhéran impose désormais des droits de passage permanents dans le détroit d’Ormuz. Les navires militaires américains et ceux liés à Israël seront progressivement exclus.

Selon Marandi, cette mesure, inédite dans l’histoire iranienne, est directement imputable à la politique de Trump et Netanyahou.

Le blocus provoque déjà un choc économique mondial : pénuries imminentes de pétrole, produits pétrochimiques, GNL et engrais.

Craignant un effondrement plus grave encore, les États-Unis évitent pour l’instant toute nouvelle provocation.

Sur le plan régional, l’Iran refuse tout accord qui exclurait le Liban : il exige le retrait israélien complet du Liban et de Gaza, ainsi qu’un cessez-le-feu durable.

Téhéran est prêt à maintenir la pression jusqu’à ce que Washington place ses intérêts économiques nationaux au-dessus de ceux d’Israël.

Quant au dossier nucléaire, Marandi rappelle que la fatwa de l’Ayatollah Khamenei reste valide, mais qu’elle pourrait évoluer en cas de menace existentielle.

L’opinion publique iranienne, profondément marquée par les récentes attaques, penche désormais majoritairement en faveur du developpment d’une capacité nucléaire.

En résumé Marandi prétend que l’Iran a inversé le rapport de force. En contrôlant le robinet énergétique mondial, il oblige les États-Unis à choisir entre leur économie et le projet expansionniste israélien.

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