La Russie envisage des frappes de missiles contre l’Europe, avec l’Allemagne en première ligne, dans environ un an.

Sergei Karaganov menace l’Europe de frappes de missiles : une escalade rhétorique ou un signal sérieux ?

Le 20 juin 2026, la journaliste allemande Alina Lipp a relayé sur X un extrait d’interview de Sergei Karaganov, politologue russe influent et conseiller proche du Kremlin.

Dans cet entretien diffusé sur YouTube, Karaganov affirme que la Russie envisage des frappes de missiles contre l’Europe, avec l’Allemagne en première ligne, dans environ un an.

Il justifie cette posture par la « détermination croissante » à Moscou de riposter « beaucoup plus durement » à l’Ukraine et aux pays européens qui soutiennent Kiev par des livraisons d’armes.

Selon lui, la Russie ciblera prioritairement l’Allemagne en raison du «revanchisme» qui y renaît, ainsi que la Pologne et la Roumanie pour leur rôle dans l’approvisionnement en armes de l’Ukraine.

Il évoque une escalade progressive : d’abord des frappes conventionnelles, potentiellement suivies de frappes nucléaires si l’Occident ne recule pas.

Ces déclarations s’inscrivent dans une série d’interventions de Karaganov, connu pour ses positions bellicistes et ses appels répétés à une fermeté extrême contre l’Occident.

Je me fais régulièrement l’écho des interventions de Karaganov car il fait de plus en plus d’adeptes.

Alina Lipp, correspondante pro russe ponctue son post d’une pointe d’ironie : « Avez-vous déjà suffisamment stocké de papier toilette ? » — une référence sarcastique aux paniques d’achat lors des crises précédentes (COVID, énergie).

La problématique soulevée pose plusieurs questions majeures :


Karaganov n’est pas la voix officielle du Kremlin, mais ses propos sont souvent relayés pour tester les réactions occidentales et semer la peur. Des menaces similaires (y compris nucléaires) ont déjà été formulées par le passé sans déboucher sur une escalade majeure. Cependant, dans un contexte de guerre d’usure en Ukraine, de frappes ukrainiennes sur le territoire russe et de soutien occidental accru, elles contribuent à normaliser un discours de confrontation directe avec l’Europe.


Désigner l’Allemagne comme cible principale renforce les tensions historiques et actuelles. Berlin est accusé de « revanchisme » pour son soutien à l’Ukraine et son rôle dans l’UE/OTAN. Cela vise à diviser l’Europe, et à compliquer les décisions politiques (soutien militaire vs. négociations). En Allemagne, de tels propos ravivent les débats sur la sécurité nationale, la dépendance énergétique et la crédibilité de la dissuasion otanienne.


Karaganov évoque une montée progressive dans « l’échelle de l’escalade ». Le problème central est le risque de mauvaise interprétation ou de calcul erroné : une frappe « limitée » pourrait être perçue comme existentielle par l’OTAN, entraînant une réponse collective. L’Europe, dépendante des livraisons d’armes et divisée sur la stratégie à adopter apparaît vulnérable à ce type de rhétorique.

Les propos de Sergei Karaganov ne sont pas nouveaux dans leur radicalité, mais ils interviennent à un moment où les frappes transfrontalières témoignent d’une implication croissante de l’OTAN

EN PRIME

LAVROV

Selon Lavrov, une autre menace à l’égard de la Russie se dessine : la Grande-Bretagne tente de créer sa propre organisation de sécurité en dehors de l’UE et de l’Ukraine.

De cette perspective, le problème n’est pas l’expansion de l’OTAN, mais la transformation graduelle de l’Union européenne elle-même – d’une communauté économique et politique pacifique en un bloc militaire aux ambitions de sécurité explicites (ou, comme ils le formulent, de dissuasion).

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