Il faut cacher les fils conducteurs qui guideraient la compréhension de notre histoire présente.
La désinformation est au cœur de notre système politico-économique et de sa tentative de se prolonger malgré la crise terrible qu’il subit.
Cette desinformation passe par la propagande, les mensonges et surtout par la non-information.
Je m’explique.
Il faut empêcher les luttes, les organisations, les alliances, il faut diviser , pulvériser, et donc il faut éviter de mettre au jour tout ce qui pourrait unir, inciter les gens à converger, à se retrouver et à avoir un objectif commun.
ILS, le grand ILS, s’en fichent que vous soyez mécontents et même que vous exprimiez votre mécontentement, mais ce dont ils sont peur c’est que vous vous unissiez et que vous organisiez!
En ce sens le maintien des divisions passe par la multiplication des sujets et surtout il ne doit jamais autoriser la mise en perspective unifiante, celle qui donne son sens à tout le reste.
Qu’y aurait-il de plus unifiant que de reconnaitre, expliquer, démontrer que nous sommes en crise depuis 2008; que rien n’a été résolu, que les problèmes actuels sont la conséquence de celui qui n’a jamais été traité en 2008:
la défaillance du capitalisme financier et la fuite en avant qui a été décidée alors.
La fuite en avant a produit:
le laxisme monétaire,
l’explosiondes inégalités,
la socialisation des pertes du capital,
la dictature du marché boursier,
la volonté de paupériser les déja-pauvres,
la militarisation de la police,
la fin de la concertation internationale,
le retour de l’impérialisme/colonialisme,
la fin des régles liberales et la loi du plus fort,
l’instabilité politique,
la destruction du pouvoir des classes moyennes attachées à la démocratie
la montée de l’extrême-droite qui permet au centre contrôlé par l’oligarchie de gouverner sans majorité
la censure, limitation des libertés
SANS COMPTER LE PLUS GRAVE: LE CYNISME DES CLASSES SUPERIEURES
Tout ce à quoi nous assistons est lié, y compris et surtout, la marche à grands pas vers la Guerre.
Y comprIs la fascisation irrésistible même plus subreptice.
Le moyen de cette gestion de crise est d’en empêcher la prise de conscience; si les citoyens en prenaient conscience, les partis et les médias seraient obligés d’en débattre; mais si il n’y a pas de prise de conscience, alors tout est permis, personne ne fait les rapprochements entre les mesures et les évènements divers tout est éclaté, absurde, kaléidoscopique.
L’éclatement des consciences, la dissociation des causes et des effets sont une arme dans les arsenaux de l’oligarchie.
Et j’en viens à la marche vers le fascisme; elle suit la technique progressive de la grenouille ébouillantée.
Ce qu’il faut comprendre et faire passer c’est que la voie suivie qui consiste à normaliser Bandera, l’UPA, banaliser leur évocation, réhabiliter le nazisme, minimiser le rôle de la Russie dans la défaite d’Hitler, réarmer l’Allemagne, tout cela est une ligne.
C’est une évolution historique dont le fil n’a jamais été coupé.
Le capitalisme est à nouveau en crise, pas conjoncturelle mais existentielle. Il suffit d’observer à la fois les dettes et les dislocations de l’ordre libéral pour s’en convaincre.
Le capitalisme a fini un Grand Cycle, il n’a plus les moyens de se reproduire et il doit s’exacerber dans sa version historique et logique normale qui est le fascisme à l’intérieur et l’impérialisme à l’extérieur.
Le capitalisme est en crise aussi sévère que lors des années 30 et cela va produire les mêmes effets que ceux qui ont été produits alors : montée du fascisme, le besoin de Renouveau, montée des pouvoirs des états autoritaires, corporatismes, massification , militarisation de nos sociétés , dévouement aux chefs et au vrais maîtres du système: la haute kleptocratie, ses alliés du Business et de la Haute Administration.
Il faut relire avec ces clefs d’interprétation, car c’est d’actualité, le livre monument de Lacroix Riz qui décrit cette montée de crise et son aboutissement dans le nazisme, le fascisme, la guerre et bien sur la collaboration.
Son titre « Le choix de la défaite » est trop restrictif le bon titre aurait été « le choix de la guerre et de la défaite« .
Le système blessé mortellement sera sans pitié, la barbarie est de retour même si elle est encore géographiquement assez loin.
L’homme est un loup pour l’homme; et l’Internationale Noire est de retour.