Le boom des investissements en IA se développe deux fois plus vite que le boom immobilier.

Le boom des investissements en IA se développe deux fois plus vite que le boom immobilier.
Le premier graphique ci-dessous montre que le consensus prévoit que les dépenses d’investissement des hyperscalers représenteront environ 3 % du PIB chaque année de 2027 à 2029, contre 0,3 % du PIB en 2019 et 1,4 % en 2025.

Le deuxième graphique montre que cela représente plus du double du pic atteint par le déploiement des télécommunications et de la fibre optique à la fin des années 1990, qui avait culminé à 1,2 % du PIB en 2000 avant de s’effondrer et de plonger l’économie dans la récession la plus modérée de l’après-guerre.

Le troisième graphique montre que le développement des centres de données représente encore moins de la moitié de l’ampleur du boom immobilier, qui a culminé à 6,6 % du PIB en 2005.

Il existe trois façons d’interpréter ces données :

1. En termes de niveau, le développement en cours des centres de données se situe entre les cycles de la fibre et du logement : plus de deux fois le pic de la fibre, moins de la moitié du pic du logement.

2. En termes de variation cumulative, ce qui importe n’est pas le niveau de la part, mais son ampleur, car c’est ce qui contribue à la croissance ou à la diminution du PIB. D’après les données présentées dans ces graphiques, les dépenses d’investissement dans les centres de données augmentent de 2,5 points de pourcentage, passant de 0,6 % du PIB en 2023 à 3,1 % en 2027, contre 0,4 point de pourcentage pour les télécommunications à la fin des années 1990 et 2,2 points de pourcentage pour le logement du milieu des années 1990 à 2005. Selon ce critère, le développement des centres de données représente le cycle d’investissement le plus important.

3. En termes de rapidité, le contraste est encore plus marqué, et ce même en mesurant chaque cycle sur sa période la plus rapide. Les investissements dans les centres de données augmentent de 1,7 point de pourcentage en seulement deux ans, passant de 1,4 % du PIB en 2025 à 3,1 % en 2027, soit environ 0,85 point de pourcentage par an. La phase la plus rapide du secteur immobilier, de 5,1 % en 2002 à 6,6 % en 2005, s’est déroulée à un rythme de 0,5 point de pourcentage par an, et celle des télécommunications à environ 0,15 point de pourcentage. Le cycle de l’IA se développe à un rythme presque deux fois supérieur à celui du boom immobilier à son apogée.

En résumé, le développement des centres de données est moins important que celui du logement en termes de volume, mais plus important en termes de part du PIB, et plus rapide que lors des deux cycles précédents.

Le même calcul s’effectue en sens inverse : c’est le repli du secteur immobilier, passé de 6,2 % du PIB début 2006 à 3,0 % fin 2008, qui a rendu cette récession sévère, tandis que le repli beaucoup plus modeste du secteur des télécommunications a produit la récession la plus modérée.

Un cycle qui se construit à un rythme de 0,85 point de pourcentage par an peut s’inverser à un rythme similaire, et c’est cela, plutôt que la construction elle-même, qui constitue le risque macroéconomique si la demande en IA déçoit.
Graphique quotidien Spark
Sources : FactSet, Bloomberg, économiste en chef d’Apollo
Graphique quotidien Spark
Remarque : La radiodiffusion et les télécommunications comprennent les équipements et les infrastructures, et les hyperscalers incluent Amazon, Meta, Oracle, Microsoft et Google. Sources : FactSet, BEA, Haver Analytics, Apollo Chief Economist
Graphique quotidien Spark
Remarque : Les hyperscalers incluent Amazon, Meta, Oracle, Microsoft et Google. Sources : FactSet, BEA, Haver Analytics, Apollo Chief Economist
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Torsten SlokTorsten Slok
Économiste en chef d’Apollo
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