Les anciens partisans de la mondialisation tous azimuts retournent leur veste.

Les mêmes crétins qui ne juraient que par la mondialisation, les délocalisations, l’arbitrage international du travail, les importations bons marchés et l’ouverture totale des frontières aux mouvements de biens et services et aux mouvements de capitaux, ces mêmes imbéciles poussent maintenant des cris d’orfraie face aux déséquilibres des échanges mondiaux!

Ce sont eux qui ont détruits nos industries, nos savoir faire, nos tissus sociaux et nous ont paupérise en attendant de nous prolétariser!

Les theories economiques des élites varient en fonction des difficultés rencontrés par le capital pour se rentabiliser!

Ah les braves gens!

Les déséquilibres commerciaux Allemagne-Chine sont maintenant considérés comme des menaces, avant on les considérait comme ou reflet des échanges libres!

Au premier semestre 2026, le déficit commercial de l’Allemagne avec la Chine s’est creusé à environ 55 milliards d’euros (contre 40 milliards un an plus tôt).

Les exportations allemandes vers la Chine ont chuté de plus de 12 % à un peu moins de 37 milliards d’euros, tandis que les importations en provenance de Chine ont progressé de 8,9 % à 91,8 milliards d’euros.

Le volume total des échanges reste élevé (plus de 128 milliards d’euros), faisant de la Chine le premier partenaire commercial de Berlin, devant les États-Unis.

Ces chiffres, issus de données préliminaires de la GTAI et relayés par Reuters, alimentent un débat classique : les déséquilibres commerciaux sont-ils nécessairement négatifs, ou peuvent-ils être neutres, voire positifs ?

La lecture « alarmiste » est bien sur politique. Pour de nombreux observateurs, ce déficit illustre un basculement structurel. La Chine, autrefois grand débouché pour les machines, automobiles et biens d’équipement allemands (deuxième marché d’exportation en 2021), n’occupe plus que la neuvième place. Pékin renforce ses chaînes de valeur nationales, réduit sa dépendance aux importations européennes et concurrence désormais frontalement l’industrie allemande sur ses propres marchés et à l’exportation.

Ce n’est ni bien ni mal c’est le developpment!

Les conséquences sont concrètes : pressions sur des secteurs clés (automobile, machines-outils), suppressions d’emplois chez des groupes comme Volkswagen, et inquiétudes quant à une perte progressive de savoir-faire.

L’industrie allemande subit en parallèle les droits de douane américains.

Dans cette optique, le déficit bilatéral est vu comme un signe de vulnérabilité, de « désindustrialisation » et de risque stratégique (dépendance aux importations chinoises dans des domaines critiques).Le père du liberalisme Allemand Ludwig Erhard doit se retourner dans sa tombe.

La perspective libérale classique est constante: les déficits ne sont pas un mal en soi Les économistes véritablement libéraux (au sens classique, héritiers d’Adam Smith, David Ricardo, Milton Friedman ou des approches monétaires et de libre-échange défendues à l’Hoover Institution, où John Taylor a longtemps travaillé) offrent une lecture cohérente .

Un déficit commercial n’est pas une « perte » ni un score de compétition entre nations. Il est la contrepartie comptable d’un excédent du compte de capital : lorsque les Allemands importent davantage de biens chinois qu’ils n’exportent, les euros correspondants reviennent sous forme d’investissements étrangers en Allemagne (achat d’actifs, d’entreprises, d’obligations, etc.) ou de dettes financières.

Ces flux de capitaux peuvent financer l’investissement productif, la consommation ou la dette publique. Tant qu’ils sont volontaires et que le capital est utilisé productivement, le déficit n’est pas pathologique.

Comme le rappelait Milton Friedman, le gain du commerce international réside dans les importations (les biens et services que l’on obtient), tandis que les exportations sont le « coût » pour les obtenir.

L’objectif n’est pas de maximiser les exportations et de minimiser les importations (logique mercantiliste), mais l’inverse pour le bien-être des consommateurs. Un ménage qui « déficite » avec son supermarché en achetant plus qu’il ne lui vend n’est pas en train de s’appauvrir ; il s’enrichit en obtenant ce qu’il valorise davantage. Il en va de même pour un pays.

Les déficits bilatéraux sont particulièrement peu informatifs.

L’Allemagne continue de dégager un fort excédent commercial global (ses exportations totales ont progressé de 3,7 % au premier semestre 2026). Le déficit avec la Chine reflète surtout la spécialisation selon l’avantage comparatif : la Chine fournit des biens à moindre coût (électronique, biens de consommation, certains équipements), tandis que l’Allemagne exporte des produits à haute valeur ajoutée vers d’autres marchés (Europe, États-Unis, etc.).

Les économistes libéraux insistent aussi sur le fait qu’il n’existe pas de corrélation robuste et systématique entre solde commercial et croissance économique.

Dans cette optique, les importations chinoises bon marché augmentent le pouvoir d’achat des consommateurs et entreprises allemandes, libèrent des ressources pour des secteurs plus productifs, et les flux de capitaux associés peuvent soutenir l’investissement en Allemagne.

Tenter de « corriger » le déficit par des droits de douane ou des restrictions revient souvent à taxer ses propres citoyens au profit de groupes d’intérêts protégés.

Les deux lectures ne s’excluent pas totalement. Un déficit n’est pas intrinsèquement mauvais, mais sa nature compte. S’il résulte principalement de subventions massives, de distorsions monétaires ou de politiques industrielles chinoises qui empêchent une concurrence loyale, alors les gains de libre-échange sont partiellement faussés et des ajustements (via des règles commerciales, pas du protectionnisme généralisé) peuvent se justifier.

De même, une concentration excessive des importations dans des secteurs stratégiques soulève des questions de résilience, distinctes du débat purement commercial.

Pour l’Allemagne, le véritable enjeu n’est peut-être pas le chiffre du déficit bilatéral avec la Chine, mais la capacité de son industrie à rester compétitive (coûts énergétiques, réglementation, innovation, attractivité des investissements) et à tirer parti de la spécialisation internationale.

Les économistes libéraux soulignent que la réponse passe par plus de liberté économique intérieure et d’ouverture, plutôt que par une obsession mercantiliste du solde commercial.

En résumé, les déséquilibres commerciaux ne sont ni automatiquement négatifs ni automatiquement positifs.

Ils sont d’abord un miroir des préférences des agents économiques, des écarts d’épargne et d’investissement, et de l’avantage comparatif. Les présenter comme une « défaite » nationale relève plus souvent de la propagande que de l’analyse économique .

Dans le cas germano-chinois, les faits montrent à la fois des gains de commerce et des défis de compétitivité industrielle qu’il convient de traiter sans confondre symptôme et cause.

EN PRIME

Les chinois vendent des biens et des services , c’est a dire du travail vivant et ils achètent des actifs de reserves et des moyens d’échange pour l’avenir en contrepartie, ils anticipent un grand chambardement monétaire et financier… a juste titre

Une réflexion sur “Les anciens partisans de la mondialisation tous azimuts retournent leur veste.

  1. Bonjour M. Bertez

    « Un ménage qui « déficite » avec son supermarché en achetant plus qu’il ne lui vend n’est pas en train de s’appauvrir ; il s’enrichit en obtenant ce qu’il valorise davantage! »

    C’est ce que disait M. Friedman a sa femme à la caisse du supermarché chaque fois qu’elle tordait le nez devant la qualité des produits qui baissait et les prix qui montaient.

    Ce à quoi Deng Xiaoping ajoutait:  » Que le chat soit noir ou blanc, s’il attrape les souris c’est un bon chat! »

    Cordialement

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