La suggestion de Luke Gromen : revaloriser l’or américain pour financer les rachats de dette!
Luke Gromen, analyste macro bien connu, a formulé le 24 août 2026 une idée simple mais puissante face aux tensions sur le marché obligataire américain.
Scott Bessent envisage d’utiliser le compte général du Trésor (TGA, actuellement proche de 1 000 milliards de dollars) pour racheter des obligations d’État à long terme et calmer la hausse des rendements.
Gromen va plus loin et propose une manière d’alimenter encore davantage ce compte.
Les États-Unis détiennent environ 261,5 millions d’onces d’or (8 133 tonnes).
Or, dans les comptes officiels, cet or est toujours valorisé au prix légal de 42,22 dollars l’once fixé dans les années 1970. Sa valeur comptable n’est donc que d’environ 11 milliards de dollars, alors que le prix de marché dépasse actuellement les 4 600 dollars l’once.
Gromen souligne un mécanisme existant : le secrétaire au Trésor peut, en changeant le prix officiel de l’or, ajuster les « certificats d’or » et créditer automatiquement le compte du Trésor (TGA) de la différence.
Le calcul est simple :
Chaque hausse de 4 000 dollars du prix officiel de l’or génère environ 1 000 milliards de dollars supplémentaires dans le TGA.Ces fonds pourraient ensuite servir à racheter des Treasuries sans avoir besoin d’émettre de nouvelles dettes à court terme.
Jusqu’ici, une forte hausse du prix de l’or était souvent vue comme un signal négatif pour les autorités monétaires car c’est un signe de méfiance envers le dollar.
Gromen inverse la logique : avec ce mécanisme, une hausse de l’or devient au contraire un allié pour Bessent et pour le futur président de la Fed, Kevin Warsh.
Plus l’or monte, plus le Trésor dispose d’une « manne » comptable pour soutenir le marché obligataire.
EN PRIME
Le mécanisme des certificats d’or (Gold Certificates) est un outil comptable et monétaire qui existe depuis le Gold Reserve Act de 1934.
Il permet au Trésor américain de « monétiser » l’or qu’il détient, c’est-à-dire de transformer une partie de la valeur de cet or en liquidités utilisables sur son compte auprès de la Réserve fédérale (le Treasury General Account ou TGA).
L’or officiel américain (environ 261,5 millions d’onces, soit 8 133 tonnes) appartient au Trésor américain, pas à la Fed.
Il est principalement stocké à Fort Knox, West Point et Denver.
La valeur comptable est figée. Depuis 1973, cet or est valorisé dans les comptes officiels à un prix légal de 42,2222 dollars l’once.
Sa valeur comptable totale n’est que d’environ 11 milliards de dollars, alors que sa valeur de marché dépasse largement le millier de milliards de dollars aujourd’hui.
Le secrétaire au Trésor est autorisé par la loi (notamment 31 U.S.C. § 5117) à émettre des certificats d’or :
- Le Trésor émet des certificats d’or (aujourd’hui sous forme purement comptable, sans papier physique).
- En échange, la Federal Reserve Bank of New York crédite le compte du Trésor (TGA) du montant correspondant.
- Ces certificats apparaissent à l’actif du bilan de la Fed (dans le « Gold Certificate Account »).
- L’or physique reste la propriété du Trésor et sert de collatéral/garantie.
Trésor donne un certificat; la Fed crédite le TGA du Trésor en dollars.
C’est exactement ce qui s’est passé en 1934 lorsque Roosevelt a revalorisé l’or de 20,67 $ à 35 $ l’once : le Trésor a reçu plusieurs milliards de dollars supplémentaires sur son compte.
La clé du mécanisme réside dans cette phrase des manuels comptables de la Fed :
« Whenever the official price of gold is changed, Treasury adjusts the account and, simultaneously, the deposit account. »
Si le gouvernement décide d’augmenter le prix officiel de l’or (par exemple de 42,22 $ à un niveau beaucoup plus élevé) :
- La valeur comptable de l’or augmente fortement.
- Le Trésor ajuste (augmente) le montant des certificats d’or.
- La Fed crédite automatiquement le TGA de la différence.
C’est purement comptable : aucun or n’est vendu sur le marché. Le Trésor reçoit simplement un crédit en dollars sur son compte à la Fed, qu’il peut ensuite utiliser (par exemple pour racheter des obligations d’État).
Limites importantes:
- Le montant des certificats d’or en circulation ne peut jamais dépasser la valeur comptable de l’or détenu par le Trésor.
- Une petite partie de l’or (environ 100 000 onces) reste volontairement « non monétisée » pour garder une marge de sécurité.
- La Fed ne peut pas réclamer l’or physique en échange des certificats. Elle n’a aucun droit de conversion.
Les certificats d’or sont un moyen pour le Trésor d’ « emprunter » auprès de la Fed en mettant son or en garantie, au prix officiel.
Si ce prix officiel est relevé, le Trésor reçoit instantanément des liquidités supplémentaires sur son compte sans émettre de nouvelle dette ni vendre d’or.
Oui un rêve qui risque de le rester ; une opération qui ne serait pas choquante comptablement mais aurait paradoxalement pour but de poursuivre dans le trucage monétaire et la lévitation. Pourquoi se tirer une balle dans le pied quand on a encore d’autres outils plein la caisse pour poursuivre le ponzi ?
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